dimanche, janvier 22, 2017

soulagement et insouciance

de fins voiles blancs
déjouant les prévisions
s'effaçaient en bleu
marcheurs engoncés
redressaient leurs épaules
libéraient leurs pas
les joues rosissaient sous la main de l'air frais, les yeux piquaient encore, mais une petite allégresse tentait des sourires
la marchande de journaux, elle, supportait avec courage sa grippe, et on espérait qu'elle ne nous l'offrait pas
me suis baladée virtuellement, et je fais appel pour paumée, une fois de plus, aux cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com
Insouciance
C'était en des temps où les menaces rodaient, se précisaient,
C'était en un printemps pointant avec sa verte griserie
C'était une pause insouciante, des permissions
C'était près du Cap Matifou,
devant Tamenfoust qu'on appelait Le Pérouse,
une noble coque vibrante, comme un cheval de course au paturage,
trois frères et leurs amis dans le sel et le soleil.
C'était un jour de ciel pur, de mer paisible, de petit clapot chatoyant qui faisait giter la terre.
C'était la vigilance discrète puisque très inutile de l'aîné, détenteur secret et involontaire de l'autorité du patriarche.
C'était la main sure, joyeuse, ferme, légèrement posée sur la barre du second, jouissant de la légère vibration du Bleuet.
C'était la grâce d'une sirène sage, assise sur le pont à la poupe, lovée avec la discrétion apprise et le charme apparemment inconscient de sa beauté, dans le plaisir de la lumière, de l'air salé et de leurs présences, sans que rien ne transparaisse d'une éventuelle préférence.
C'était debout, campé à côté d'elle, le jeune, le chien fou, sa coquetterie nonchalante – dans une tenue que je trouve curieusement contemporaine de notre présent – sa pipe, son éternel petit sac bleu, cherchant je ne sais quoi, sans doute ni son couteau ni sa blague à tabac, les pensionnaires habituels de cet étui, en écoutant, méditant une réponse, les plaisanteries de l'ami, le frère élu, debout, en maillot ceinturé, dans la fierté de son corps, sa force évidente, contre le foc, à la proue devant le second puits d'homme.
C'était le plaisir de la mer, de la beauté, dans lequel ils baignaient.
C'était un temps où étaient libres de leurs responsabilités futures, où la guerre n'était qu'un petit tremblement à l'horizon.

7 commentaires:

Claudine a dit…

Agréable sensation de chaleur par - 7

Dominique Hasselmann a dit…

Je me souviens de cette belle photo embarquée.

brigitte celerier a dit…

l'étaient beaux n'est ce pas ?

Arlette A a dit…

Émouvant et me doute que la fine sirène est toujours aussi discrete

brigitte celerier a dit…

re-voyant la photo je réalise que, dans l'ancien réel (mais dans le texte ce n'est pas eux) ce bateau navigue un peu plus tard, dans une pause dans les temps sombres, et qu'en effet la fine sirène ne m'est pas inconnue (alors tout sauf discrète, chef de famille par nécessité et sans doute par nature)

Michel Benoit a dit…

L'adresse des Cosaques des frontières n'est pas
http://cosaquesdesfrontieres.com

mais
http://lescosaquesdesfrontieres.com

J'aime ton style...
Bonne journée !

brigitte celerier a dit…

merci pour le j'aime
et Merci pour la correction (pour une fois que me fiais à ma mémoire !) je corrige