jeudi, mars 16, 2017

Musique encore

grands bruits d'aile pour saluer l'ouverture des volets bleus à une heure honteusement tardive ce matin
journée calme, continuer la lecture de dans quelle France on vit d'Anne Vivat, reportage en immersion (et souvent dans l'observation une empathie que trouvais sympathique avec les personnages rencontrés) mais réaliser, vers la moitié, lors de son passage à Laval où elle est logée chez un important entrepreneur/notable local que cette empathie peut l'amener à prendre excessivement, unilatéralement, presque, beaucoup plus que ne le devrait, le regard, le point-de-vue auto-justificateur, l'opinion de son interlocuteur et du milieu dans lequel elle se trouve placée, et je me demande s'il n'en est pas finalement de même lors de ses immersions dans autres villes, dans autres mondes ce qui me fait douter de la justesse de l'image qu'elle en donne, conforme mais en plus complet, plus nuancé, plus précis, à ce que je croyais en penser... n'empêche vais continuer, mais sans grands éléments pour pouvoir lui opposer le doute, le contre-pied qui m'est venu là, connaissant un peu moins mal les notables catholiques, même si c'est avec un pied et les trois quarts du corps en dehors de leur cercle.
En fin de journée, de nouveau l'opéra, de nouveau un récital, mais de chant cette fois, consacré uniquement à des airs de mon cher Rossini, avec Marie-Nicole Lemieux (que je n'ai jamais entendue), accompagné cette fois par lOrchestre National de Montpellier-Roussillon. (Wikipedia m'avait appris qu'elle était canadienne (Quebec), née en 1975 et reconnue pour sa voix ample et une présence scénique généreuse (son site http://www.marienicolelemieux.com/)
L'orchestre de Montpellier plus jeune que le nôtre, a grossi en même temps que le nôtre se condensait. Il est fort bon, mais en digne avignonnaise je prétends que le nôtre est meilleur.
Marie-Nicole Lemieux a en effet une voix ample et puissante, et une présence très très généreuse que sa tenue pour la première partie, veste blanche pantalon noir, losange presque parfait, flattait assez peu
et ma fois, pour ses deux premiers airs (après la belle ouverture de Guillaume Tell) un air de Matilde di Shabran (j'avoue que je ne connaissais pas) et un air de Sémiramis (dito), il y avait le plaisir de la musique, la surprise de cette puissance, de tonalités très belle, et une frustration parce que si elle chantait immobile et inexpressive, sa voix en faisait autant et que tirer aussi peu de sentiment d'un aussi bel outil, ça me semblait un peu gâchis... et puis avec le troisième air, Oh patria... de Tancrède miraculeusement les mots la musique ont pris un sens, elle semblait penser ce qu'elle chantait et c'était merveilleux.
Suis donc restée pour la seconde partie (robe verte imposante mais en belle harmonie avec les cheveux auburn, malice arrivée, aisance...) avec des airs de l'italienne à Alger et du Barbiere, et là c'était un régal, la salle le lui a dit et elle s'amusait... jusqu'à le faire juste un peu trop (mais c'était gentil) pendant les trois bis parce que les minauderies même souriantes ne lui vont qu'avec mesure
Enfin une superbe chanteuse, qui ne doit pas être très facile à diriger pour un metteur en scène, une voix très très belle et puis Rossini est toujours Rossini.

l'écouter dans Cruda sorte de l'italienne à Alger (au programme et donné en troisième bis)

10 commentaires:

Claudine a dit…

Oh alors là je suis complètement envieuse !!!
Mme Lemieux cet animal de scène, ce que j'aimerais l'entendre autrement qu'en cd !
Ravie de lire votre avis nuancé, grand merci

Dominique Hasselmann a dit…

S'appeler Lemieux, tout un programme !

brigitte celerier a dit…

exigeant !

jeandler a dit…

Il n'y a pas d'heure pour pousser ses persiennes, surtout en chantant.

Arlette A a dit…

Pluie de spectacle ces jours derniers... merci pour tes comptes rendus

Schulthess Eric a dit…

Ah, le délicieux Barbiere 🙏😊

brigitte celerier a dit…

Pierre il vaut mieux que, moi, le ciel ne m'entende pas chanter, cela le ferait pleurer

Arlette, jour sans aujourd'hui (sourire)

brigitte celerier a dit…

Eric : ah le délicieux Rossini

Christine Simon a dit…

Rossini n'est pas mon préféré, mais bon moment semble-t-il.
Moi, c'est Donizetti

brigitte celerier a dit…

désolée, des goûts et des couleurs... sors presque toujours en cours d'un opéra de Donizetti il fait partie de mes trous (avec à un degré moindre Bellini et en piano honte à moi Liszt jeune et Chopin)