jeudi, mai 25, 2017

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Avignon vivait dans la lumière et le plaisir des ombres sur mon chemin ce matin
Lecture plaisir, par périodes d'un quart d'heures, entre des retours dans la pénombre douce de l'antre, dans la réverbération de la cour, de passages de ni bruit ni fureur de Lucien Suel
le saillu sauvage est immortel il vit
dans la terre bulbilles dans le temps
entre les blocs de béton un peu de la
boue du jardin suffira naine graminée
pousse au jour vivace vierge et belle
le groseillier est une arcade fleurie
les chats défilent dans l'ombre douce...
et reprise, quand le soleil a quitté l'enclos de mes murs, tant pis si c'est ennuyeux pour tout autre que moi, ou pas dans l'air de ces jours, de la visite de l'exposition des sculpteurs africains au palais
avec, après être sortie dans la cour d'honneur, avoir retrouvé le cloître et la forêt verte qui ne l'est point de Ndary Lo, le grand tinel et sa voute blonde..
Y trouver, les deux très grandes tapisseries ou plutôt pentures d'Abdoulaye Konaté (celle-ci les marcheurs, applications de tissus, mesure 266 X 610 cm)
Konaté construit aujourd’hui de véritables sculptures textiles, parfois composées de centaines de bandes de tissu qui rappellent les tenues des musiciens sénoufos ou celles des «bouffons sacrés» de la société bamana, les Korodugas... http://www.jeuneafrique.com/142311/culture/mali-abdoulaye-konat-grand-couturier/
une série d'oeuvres, dont cette femme presque désarticulée, de Jems Robert Koko Bi (déjà rencontré à l'entrée dans le cloître avec deux bois dont un gigantesque visage vaguement cycladique - mais en bois blond et démesurément agrandie -, et retrouvé avec un homme de bois noir à la tête cubique dans la salle du consistoire) http://www.jeuneafrique.com/233620/societe/sculpture-jems-robert-koko-bi-l-homme-trait-d-union/
et cette tête que j'ai aimé sans penser à regarder le nom de l'auteur et que j'appellerai l'inconnu du tinel
pour finir avec, prenant presque une moitié de l'espace, l'installation de Yinka Shonibare Mbe http://www.yinkashonibarembe.com/home/ (j'y découvre, sur son site, une savoureuse installation au MAC VAL deux personnages chamarrés à têtes de globes terrestres sur une gigantesque balançoire)
Egg Figt illustration souriante (la vois ainsi) du passage de Gulliver de Swift relatant le conflit entre les Bigs-Endians mangeant leurs oeufs à la coque à partir de l'extrémité arrondie aux Little-Endians (j'y appartiens, ne le savais pas, ou plus) qui préfèrent la pointe
et puis j'ai entrepris d'installer toutes les photos dans mon nuage, et de finir de bricoler une petite vidéo... de qualité... hum

Pour finir, une pensée, même s'il s'agissait surtout d'art ancien, pour le Musée Dapper qui n'est plus... que de très lointains souvenirs (les beautés et le charme de l'accueil) pour moi, mort justement d'une partie de son charme, outre les fleurs dans le hall et l'amabilité : la paix.

6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Il est bien que tous ces Africains, ombres gigantesques, aient chassé le pape d'Avignon qui a mieux à faire à Rome avec l'empereur américain...

Belle vidéo...

brigitte celerier a dit…

sont bien trop gentils les africains pour avoir chassé le pape !
il y avait eu beaucoup de gens avant eux... et parmi les plus récents l'armée, les gens de théâtre, Picasso, les organisateurs de congrès et pour parachever les papesses...

Arlette A a dit…

Bravo tu donnes un charme supplémentaire par ta voix ta diction et le mystère est prenant tout au long de ces présentations

Claudine a dit…

Oui belle vidéo

brigitte celerier a dit…

alors là vous êtes trop gentilles toutes les deux (quant à la voix : m'entendant a pris une nouvelle fois la résolution sans suite de ne plus fumer)

jeandler a dit…

Avec une lenteur requise, les images et le texte allié. Une anthologie. Merci.