vendredi, mai 12, 2017

Dans l'antre

cour tristounette ce matin et une Brigetoun au moral vaguement rétif, à rien, à tout... en profiter pour faire déclaration d'impôt, tenter de ne pas se gourer en déclarant prélèvements sur assurance-vie, réunion papelards pour déduction, constater que ne les ai pas (sont sur internet ou perdus, qui sait ?) pour les plus grosses sommes, grimacer et puis se dire que ça moralise la chose... penser ouf, une petite heure et ça y est.
Un vent nuageux se lève en milieu de matinée, souffle puissant dans les hauts et secousses contre les plantes... l'hortensia apprend à se vautrer, la pluie vient...
Et comme les envies de sortie, d'activité sont toujours absentes, prendre les quatre livres entrés hier, sans attendre un envoi en cours.... et pour les tâter (y compris celui, l'enterrement, déjà lu mais dont désirais la présence dans ma pagaille) prendre un peu de la page 75 en rapport avec mon futur pas si lointain.
au derrière des corons rouges et gris
bandes vertes et noires allongées les
jardins des métallos côte à côte un à
un rectangles séparés par la ligne de
cendres groches transportées dans les
charbonnières de tôle galvanisée tous
les hivers accumulées étalées tassées
allées bordées longées du fil à linge...
Lucien Suel – Ni bruit ni fureur

«Une aurore se lève dans l'âme, on se sent tout remué», disait le musicien du samedi, en mangeant. «Toute cette pompe quand elle se déploie pour vous personnellement, bien sûr que vous le sentez passer. Et c'est dans les églises comme celle-ci, les plus pauvres, que ça m'impressionne le plus.»
C'était une expression d'Alain, parlant de ses départs en mer : «En vous-même une bête réveillée, qui s'étire.»...
François Bon – L'enterrement

Tu sens ?

Tu sens ? C'est quelque chose dans le vent. Dans son murmure. Dans ses silences.
Quelque chose de pas rassurant. Tu sens ? C'est ce moment où tout est déjà fini. Ce moment ou rien ne commence. Le matin persifle. Le vide s'étale.
La lumière n'a besoin de personne. Sans toi ce serait pareil. Probablement mieux.
Thomas Vinau – Nos cheveux blanchiront avec nos yeux

West s'était goulument emparé de la chose sans vie qui avait été son ami et compagnon d'études, et je frissonnai quand il termina en tranchant la tête, la plaçant dans son détestable bac aux tissus charnus d'embryons de reptile, la réservant pour de futures expériences tandis qu'il commençait d'examiner le corps décapité sur sa table d'opération.
H.P. Lovecraft – Herbert West réanimateur – traduction François Bon.

7 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Ce n'est rien, c'est le vent dans la plaine...
Ce n'est rien, c'est l'orage qui gronde...
Ce n'est rien, c'est la vie qui est là, dans les branches de l'hortensia...
Demain, le soleil sera là !

brigitte celerier a dit…

j'espère que le soleil vous écoutera

Dominique Hasselmann a dit…

Un bouquet de citations : les fleurs de la lecture poussent quelles que soient les saisons !

Claudine a dit…

me plaît bien le Thomas Vinau, très doué

brigitte celerier a dit…

Dominique, suis juste un tout petit peu plus douée pour elles

brigitte celerier a dit…

Claudine, je suis bien en le lisant
la langue et la tendresse

Anonyme a dit…

Pourquoi "probablement mieux" ? Non !