mardi, juin 06, 2017

Dérisoire pour dérisoire, une pochade

beau temps, cloîtrée matin pour cheveux qui sèchent et volonté fasseyante... savourer paresseusement petits plaisirs et se glorifier d'un moment de ménage presque intensif... et puis flotter sur textes, sur idées... sentir son intérêt s'éveiller devant des pensées, accompagner en essayant application mais avec toujours ce petit arrière goût de dérisoire, et de ma nullité
un peu de fleuve, tout doux, se dire zut j'avais oublié le marché des producteurs du lundi soir, un peu de ville... penser paumée avec détachement, mais puisqu'il me reste petites provisions publiées par les cosaques des frontières, http://lescosaquesdesfrontieres.com, lesquels ne se reposent pas vraiment mais ferment jusqu'en septembre pour d'autres préoccupations, reprendre ce qui, loin d'être le meilleur qu'ils ont publiés, même de moi, mais une pochade.
Ce mur sans fin
Je n’ai pas mis les bonnes chaussures ce matin, cette phrase rythme et entraîne mes pas.
Je n'ai pas... vraiment pas, et le savais pourtant...
Je – n’ai – pas – mis - c’est presque vrai - et ça ne l’est pas, les autres refusaient mes pieds, n'avais pas le choix.
Les – bonnes – chaussures – Quelles seraient-elles ? Pas des trucs pointus et fins, douloureux et agressifs, pas des sabots en caoutchouc, trop prétentieux.
Je n'ai... et surtout pas des escarpins, mes pieds trop carrés – les bonnes... et mes chevilles trop faibles.
Ce – matin – je – n’ai pas – clap, ouille, clap, clap, encore et encore - mis – les bonnes : elles seraient du vert doux d’un repli de rivière, souples comme de l’argile fine ; elles mettraient entre ce macadam dur et triste et mes pieds un nuage léger ; et mes pieds s’y caleraient, penchés pour se cambrer et tendre le mollet...
Mis les bonnes chaussures – ce – matin... et ce nuage m’emporterait très vite le long de ce bête mur sans fin, et puis il freinerait un peu devant une vieille maison décrépite, ses volets bleus délavés, la vigne vierge croulant jusque sur des pavés et un chien au regard mouillé.
Je n’ai – clap, et la plante de mes pieds crie...
Pas mis – clap, clap, le dur contact remonte le long de mes jambes - les bonnes chaussures – mais le sol s’est adouci, et la maison est là, gentiment humaine.
Encore quelque pas pour la longer, une flûte qui chante clair derrière une fenêtre, et cette porte où je sonne. Elle s’ouvre sur un sourire qui m’illumine, moi, et la rue, et les maisons derrière moi. Et tout est gai, et mes chaussures n’existent plus.

4 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

De temps en temps, ne pas se prendre au sérieux : il faut savoir faire les pieds au mur !

brigitte celerier a dit…

on peut ne pas se prendre au sérieux sans cela ? parce que les oueds au mur, moi, maintenant ! (sourire)

Claudine a dit…

ce matin nous nous sommes réveillés les pieds et pierres dans l'eau

brigitte celerier a dit…

oh navrée pour vous ! rien ne donne autant la sensation d'être misérable je crois;.. bon courage (ne peux rien de plus que dire cela, mais avec ferveur)