lundi, juillet 10, 2017

Festival – jour 5 – obturateur, Védène Littell et Cassier, retour et les vingt ans des sujets à vif

Matin dans les rues qui vivent hors festival, avec seulement les traces fatiguées de la nuit, pour commander un nouvel obturateur pour mon appareil (tenter de passer le prendre demain après-midi) et des légumes Carrefour pour me dépanner
cuisine rapide, déjeuner à un horaire pour moi étrange (midi)... se mettre en état
et partir vers la gare routière et le car qui part à quatorze heures en principe vers Védène.
Spectacle qui ne fait pas dans le charme, que devrais aimer ou détester (mes sentiments variés devant les propositions de Cassiers, l'admiration étant elle immuable)
le sec et l'humide (photos de Christophe Raynaud de Lage as usual) d'après Jonathan Littell,
sur le site à partir des mémoires du chef de file de la Légion Wallonie, le Waffen-SS Léon Degrelle, c'est la langue du fascisme que l'auteur Jonathan Littell souhaite déchiffrer, voire disséquer....
Au plateau : une conférence austère avec pupitre et écran où un comédien endosse le rôle de l'historien contemporain docte dans sa rigueur quasi scientifique. Mais l'analyse de l'oeuvre du nazi belge résiste... L'exploration de cette langue aux multiples sinuosités et construite pour la persuasion envahit l'homme mais aussi les spectateurs que nous sommes. Mots, sons deviennent des chants terrorisants, envoûtants, archaïques. À partir de la technologique expérimentale du voice follower mise en place par l'Institut de recherche et de coordination acoustique/musique (Ircam), dédoublement et fusion des voix sont au service d'un mécanisme psychologique irréversible qui demanderait des capacités de résistance si ce n'est individuelle, au moins sociétale. (c'est surtout ce dernier point qui m'attirait – réalisation informatique et musicale : Grégory Beller)
une longue attente, une acclimatation cagna/clim (qui n'est pas excessive) grâce à la longue attente que toutes les navettes soient là, une bonne place
et un court et très bon spectacle, intelligent, efficace, tenu par Filip Jordans avec en effet tout un jeu pour une fois plein de sens sur les moments salle éclairée et salle dans le noir avec lumières rares sur le plateau, parole directe du conférencier (l'acteur) et voix enregistrée (Joyan Leysen), venant d'un magnétophone qui ressemble à une radio ou d'une source indécise, (voix d'un historien analyste et .. celle de Léon Degrelle) grandes vidéos de Filip Jordans, petites vidéos de films d'actualité -
la langue des fascistes, le sec et l'humide soit les bonnes choses verticales, sèches, liées au ciel et viriles, les mauvaises choses humides, féminines, horizontales, amorphes... public attentivement heureux
sous un ciel qui se couvrait et en poussant devant nous le mur de la chaleur, retour aux cars... 
Comme certains descendaient, par la grâce du chauffeur, porte Limbert en ai fait autant et suis rentrée par un trajet un peu plus long mais plus agréable.
Photos, arrosage, cuisson morue et patates, un carré de chocolat, photos, ceci, douche et pantalon-teeshirt...
suis repartie, loupant - désolée... ne l'avait pas repéré sur le programme - le second des deux concerts en entrée libre dans les jardins de Calvet (essaierai de le récupérer le cas échéant et si possible, après coup, sur le Facebok live de France Culture) une composition à propos d'Antigone de Didier Benetti, dirigé par lui-même http://www.festival-avignon.com/fr/spectacles/2017/antigone-concert-fiction -
suis repartie, donc, avant vingt heures
vers le jardin de la vierge du Lycée Saint Joseph pour le sujet des sujets un court spectacle, différent légèrement chaque soir (ça se donne douze fois) en fonction des artistes invités, pour célébrer les vingt ans de ces courtes formes (qui parfois ont donné naissance à des spectacles achevés)
Traversée ultra-rapide de vingt ans de Sujets à vif, la cérémonie d'anniversaire menée par Frédéric Ferrer prend des allures d'enquête. Comment aborder les 120 Sujets qui ont eu lieu ? Le lieu, justement, est au coeur de la manifestation. Qui travaille, vit autour de ce Jardin ? Que s'y joue-t-il lorsque les Sujets ne sont pas là ? Témoins et «anciens» des Sujets à vif s'invitent sur la scène pour dresser l'historique et les mystères du Jardin de la Vierge. Et pourquoi ce nom ?... Chaque soir, la rencontre – geste fondateur des Sujets à vif – entre Frédéric Ferrer et un artiste différent permet de ressaisir la vivacité qu'exige l'exercice : sans se connaître, par des modes d'expression divers et en très peu de temps, inventer une forme, un récit communs.
En fait en 45 ou 55 minutes il ne peut guère faire l'histoire des sujets à vif ou du vif du sujet, qui est l'histoire du festival donc du monde, leur avenir mettant en jeu l'avenir du festival donc du monde, alors ça donne, le public étant acquis et en bonne partie «de la partie» une collection jouissive de plaisanteries plus ou moins dans l'entre-soi, un accès grand entre-soi, et 45 minutes, en fait 60 ce soir, de rire franc, et le sauveur universel (mon sauveur bien souvent, à gauche sur la photo) y tient sa place et recevait nos remerciements à la sortie.
Et sur ces deux bons moments, après quelques hésitations, ai décidé de rentrer tranquillement, ai cueilli la Terrasse énorme bidule que je néglige habituellement et me plonge dedans, ce qui demande beaucoup de temps (bon, on n'est pas forcé de s'intéresser à tous les spectacles et toutes les déclarations)



9 commentaires:

Hue Lanlan a dit…

si grand plaisir de suivre ainsi vos pas et vos commentaires et si belles photos ! merci

Dominique Hasselmann a dit…

Léon Degralle a un émule au Parlement européen, qui fait le salut nazi et traite les femmes de "petites, faibles...", une pétition est en cours contre cet olibrius... le théâtre mime la réalité !

Dominique Hasselmann a dit…

C'était en mars, mais quand même... Parlement européen !!!

brigitte celerier a dit…

Dominique, oui, et il a aussi été le mentor, du temps de ses dernières années riches et tranquilles en Espagne, l'inspirateur en leur jeunesse de cadres actuels du FN

brigitte celerier a dit…

et Dominique, en fait le théâtre s'appuie souvent sur la réalité pour la dénoncer, avec plus ou moins d'efficacité, et là c'était très réussi

jeandler a dit…

Reprendre son souffle après ce parcours qui ne manque pas de sportivité.

brigitte celerier a dit…

vais rentrer dans une période : un spectacle mais long (de plus en plus long)

chri a dit…

Quel bonheur de lire vos retours de spectacles. Merci à vous.
Vu hier le Jazz à trois doigts à La luna,et le soir à Roseau Jean Guidoni très beaux, les deux.

brigitte celerier a dit…

très envie de Guidoni mais pense pourrai pas, un peu à bout temps, forces et fric