vendredi, septembre 29, 2017

d'écorces rouspétantes à l'écoute de seuls

tirant jambe (petite sciatique en signe d'amour filial), un peu, qui s'échauffant se calmait légèrement, dans l'air qui tiédissait doucement, m'en suis allée
retrouver mes contemporains (ou un peu moins ou un peu plus), eux que le jeune Darmanin juge devoir, plus qu'ils ne le font dans la mesure de leurs moyens (parfois inférieurs, et quelquefois très intérieurs, au seuil de pauvreté) devoir donc, par décision gouvernementale, contribuer au pouvoir d'achat des actifs... et je saluais l'oncle Arouet, chagrin d'avoir été pressé avant que son écorce soit jetée. Bien entendu le contexte n'était pas le même, mais c'était un petit sourire sur ma rage, parce que, si je suis une privilégiée puisque mise à contribution, un peu navrée tout de même de la revalorisation à minima des pensions depuis une dizaine d'années, j'ai surtout une petite colère rampante et tenace en pensant à la pauvreté digne et cachée de tous ceux qui après longues années de travail ingrat, dur et non considéré, ont des fins de vie si indignes (en ai connu, dans mon métier, et puis en tenant épisodiquement une permanence d'un candidat communiste à la marie, dont une vieille femme merveilleuse de 86 ans vivant de rien à un sixième étage sans ascenseur, sans eau et avec escalier de service, après un peu moins de soixante ans de ménage et petits boulots...)
et puis ai quitté notre petit attroupement, satisfaite de ce bref moment de solidarité puisque c'est à peu près tout ce que pouvons espérer.
Journée entre audition des débats à l'assemblée et petites plongées en lecture
avant de partir, vers six heures, vers le Théâtre des Halles, pour prendre ma carte et pour écouter une lecture, d'arriver bien trop tôt et d'attendre dans le jardin en lisant un peu de Lovecraft, 
en caressant des yeux et des doigts le souvenir d'une arcade, en écoutant ensuite les retrouvailles de jeunes et beaux (pour certains de leur seule jeunesse et de leur enthousiasme, ce qui est déjà beaucoup) élèves du conservatoire...
de m'asseoir dans la salle au premier rang, d'écouter ma voisine faire le récit de l'agression subie par Alain Timar, il y a quelques jours ou hier, pas compris, devant le théâtre, agression d'une grande brutalité qui l'a mis en très piètre état et lui interdisait bien entendu d'être là – il devient dangereux de faire une remarque, même polie, à un bonhomme qui souille votre mur...
Plaisir de retrouver l'ambiance de ce théâtre et puis écouter donc, avec un plaisir qui venait au début de ce que je reconstituais du texte, puis, de plus en plus parce que l'assurance venait à la voix, de la façon dont il était lu, des quatre premiers chapitres de Seuls de Mauvignier http://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Seuls-1717-1-1-0-1.html (que je n'ai pas lu) par Olivier Barrère de la Compagnie Il va sans dire https://www.lagarance.com/Lectures
et retour dans la nuit qui nous assaille de plus en plus tôt.


4 commentaires:

jeandler a dit…

Plus nous serons nombreux, et plus les incivilités deviendront monnaie courante d'échanges.

brigitte celerier a dit…

oh n'ai rencontré que gens très civils hier

Claudine a dit…

c'est vrai que dans votre Sud, les pierres sont si belles
les pierres et la végétation me laissent admirative

jeandler a dit…

Prêcher la civilité d'exemple et tous ainsi seront civils.