mercredi, octobre 25, 2017

Eternel recommencement

Miel d'abeille disait ma mère
Merde disait avec plus de classe (pardon maman) tante Cécile de V (qui n'était pas vraie tante mais on s'en moque)
et je disais merde
Tu attendra d'être, comme elle, une Dame, disait mon père
Je ne suis pas devenue et ne deviendrai pas une Dame
Mais j'ai dit, je dis, je dirai Merde...
et moi qui chante irrémédiablement faux, je les module mes Merde, les étire, les précipite en petites croches, module ma voix, les murmure, hausse le ton en éclaircissant mon timbre, en fait une mélodie pour ma forge faute de le faire pour les oreilles.

Bien sûr reste la possibilité de nier ce sempiternel retour, d'y repérer de minuscules variations, de l'accepter avec un brin d'humour ou de rêver, pour l'effacer, à de beaux pieds étendus sur du sable au bout de longues jambes brunes (mais là il me faut beaucoup d'imagination, pas tant pour le sable, même en l'agrémentant d'un palmier, que pour le reste).

6 commentaires:

Claudine a dit…

En chœur et on croise les doigts

Arlette A a dit…

Esprit frondeur ce matin il me semble ma Dame

brigitte celerier a dit…

esprit frondeur toujours - tendance à dire non d'emblée et à réfléchir ensuite

Dominique Hasselmann a dit…

Chou, caillou, genou... vous avez fait vos courses. Oui, restez comme vous êtes !

jeandler a dit…

" Merdre " disait Jarry.

brigitte celerier a dit…

Dominique, c'est instinctif depuis l'enfance... pourrais pas faire autrement - bon c'est parfois un handicap, mais on peut rétropédaler

Pierre oui mais la fausse tante que j'admirai ne le disais pas... était un peu trop raffinée même dans ses transgressions