jeudi, novembre 09, 2017

Trois pour trois (feuilles, et puis baleine et camp sous un chêne)

petite moisson du matin dans la cour, feuilles pâmées, duvet de pigeon et sacrifice d'une tête d'hortensia rassise devenue bijou baroque démantibulé
jour en diverses lectures et occupations, utiles ou non, pénibles ou plaisantes...
et sur-envelopper petite vieille frileuse pour partir en début de soirée, vers le théâtre du Chène noir... premier des trois spectacles de Philippe Caubère regroupés sous le titre Adieu Ferdinand -
Il ne s’agira en aucun cas d’un adieu à la scène, -rien ne m’empêchera (sauf peut-être, un jour, mon corps…) de reprendre Danse du Diable et autres soixantuitarderies ou arianeries, si l’envie et le besoin s’en font sentir- mais bien d’un adieu au personnage. Adieu littéraire, si j’ose dire.
Le premier des deux spectacles donc, qui comprend deux séquences inédites de son Roman d’un acteur
La Baleine (ou Moby Dick) sera le récit burlesque de la première trahison sexuelle de Clémence par Ferdinand, avec une comédienne du Théâtre du Soleil, pendant la création de L’Âge d’or.
Herman Melville et Oum Kalsoum en accompagneront les péripéties
et Brigetoun, qui sottise, snobisme, présentiment, était depuis quasiment le début passée au large de ses spectacles a souri, ri un peu, plutôt aimé, trouvé cela un tantinet longuet
et puis dans Le Camp naturiste, Clémence entraînera Ferdinand au camp de Montalivet dans l’idée de lui faire oublier le cauchemar de son divorce avec le Théâtre du Soleil, ainsi que celui de la création de Lorenzaccio au Palais des Papes en compagnie d’une troupe de Belges. Belges dont nos héros vont très vite découvrir qu’ils occupent, hélas, les deux tiers du camp ! Seuls Marcel Proust et un couple de Bordelais pervers tenteront d’en distraire nos deux «enfants du Soleil» en leur narrant avec enthousiasme les origines nazies de ce temple du naturisme…compris assez vite, ri un peu aux blagues volontairement lourdes, eu envie l'exaspération montant à chaque re-départ (précédés plusieurs fois de quelques moments de calme avec le plaisir de l'entendre dire un peu de Proust) et mes jambes se crispant d'un désir de départ, de monter sur scène pour embrasser le fantôme de Clémence avec son refus et sa naïveté ou sottise affichée comme une arme.

Retour vers l'antre, en pensant que j'étais satisfaite d'avoir tenté de rejoindre ses nombreux (peut-être un peu trop, il serait plus bref) admirateurs mais qu'il me manque visiblement une dimension ou quoi que ce soit et que j'en resterai là.

8 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Je l'ai vu une fois en scène, un sacré bonhomme, ce Caubère. C'était sa "psychanalyse" après avoir quitté le Théâtre du Soleil.

Apparemment, il ne s'en est toujours pas remis, mais ça lui a permis de voler de ses propres ailes...

Belle photo de l'ombre qui marche.

brigitte celerier a dit…

et moi pendant des années je ne pouvais lui pardonner cette psychanalyse....
mais vraiment, pleine de bonne volonté, j'en avais parfaitement marre pendant les dernières trente minutes (et les gloussements derrière ma nuque n'arrangeaient rien)

Arlette A a dit…

Cherche pas plus ..tu as vu

Arlette A a dit…

Me souviens "de Bac 68 " au Liberte, agacée et pourtant ovationné plus que normalement

brigitte celerier a dit…

oui, je finissais par me sentir un peu coupable de ne pas me ruer vers ses spectacles - bon c'est fait

jeandler a dit…

"Feuilles pâmées " (j'aime et retiens l'expression), paumée navrée.

Godart a dit…

Et toujours cette petite rue en forme de goulot mais qui en fait débouche sur une adorable petite place. Bizarrement ce passage semble indiquer le défilement des saisons, seul le changement de tenue des passants nous donne une indication.

brigitte celerier a dit…

une constante de saison en saison, les chevilles tordues