mercredi, février 14, 2018

Depuis l'antre, en dérive

un cul exhibé
un pot renversé conte
vent tourbillonnant
mais le calme est revenu
nous laissant lumière bleue
si ce n'est que bien entendu, le calme en s'installant a lentement ramené des nuages jusqu'à installer une couverture blanche sur ma cour
matin, après un premier tour sur les blogs familiers, eu le temps ayant ouvert la vidéo du dernier service de presse de François Bon https://youtu.be/lW4NZt8zXd8 de la déguster tranquillement, avec plaisir et curiosité chatouillée mais en me défendant de désirs, sauf bien entendu pour le nouveau livre de Christophe Grossi qui paraît dans une semaine environ ou un peu moins, parce que le désir était déjà là et l'achat programmé, mais rien d'autre puisque j'ai six ou sept livres en attente, peu de sous disponibles dans l'immédiat, moins encore de place, et une très grande envie de ne céder à aucune sollicitation immédiate, pour relire, relire, ce projet que j'ai toujours, cette envie contrecarrée par ce que je vois passer sur Facebook (et tant pis pour tout ce que je manquerai... cela ne fera qu'ajouter à l'immensité de ce qui me restera inconnu)
De relire et puis de lire lentement et, par exemple, comme en lisant le Quichotte, autoportrait chevaleresque, et sans que cela diminue ou interrompe le plaisir que j'y prenais, j'ai fait de petites incursions dans le Quichotte de Cervantès, là en commençant le Bernard-Marie Koltès d'Arnaud Maïsetti (chez Minuit) j'ai sorti les lettres de Koltès, publiées également par Minuit, et les relis (ce que n'avais pas fait depuis plusieurs années) en même temps ou plutôt à la fin de chaque chapitre, et lundi soir, avant d'en venir au III Les Amertumes, ou l'écriture de plateau je suivais le jeune homme ébloui par New-York
Huit jours à New-York, jusqu'au 25 septembre 1968 ne suffisent pas à approfondir l'indescriptible expérience. Beauté de la ville : non pas l'harmonie confortable d'une forme posée face à soi, mais plutôt ce mélange de sauvagerie et d'incompréhension qui fabrique de la vie lâchée au-devant et qu'il faudrait rejoindre.
A son ami Bichette il écrit le jour de son départ de New York: «J'ai trouvé
ma place
sur ce monde...» (Arnaud Maïsetti)
mais avant cette lettre, dans une assez longue lettre à ses parents New York n'est vraiment comme aucune autre ville du monde : c'est comme un grand sac où l'on a mis tout ce qui ne cadrait pas ailleurs : rien ne surprend, mais rien n'est ordinaire. Dans les rues on est pris en sandwich entre deux tranches de gratte-ciel dont on ne regarde jamais la fin en haut. Les immenses voitures filent, ça klaxonne, les sirènes de la police crient sans arrêt. C'est sale, c'est bruyant et c'est magnifique...
Seulement, comme, peut-être, j'ai une timidité ou un désir pervers de retarder le moment d'aborder les vrais débuts théâtraux de Koltès, j'ai puisé cet après-midi dans mes souvenirs et dans la malle aux trésors publie.net pour suivre des découvertes de la ville (avec des images de surcroit) à la suite de Jean-Pierre Paringaux et Laurent Herrou («L'emploi du temps» https://www.publie.net/livre/l-emploi-du-temps-jean-pierre-paringaux-laurent-herrou/ on avait un guide de manhattan par quartier, que l'on consultait à certains moments privilégiés, quand on buvait un café dans un starbucks par exemple, en anticipation de la prochaine heure, de la prochaine destination ou du désir suivant.... et de Daniel Bourrion («Cette ville n'existe pas», vous le recommande, https://www.publie.net/livre/cette-ville-n-existe-pas-daniel-bourrion/) une photo de gens assis dans le métro Eux maintenant reflets de femmes et puis ceux d'hommes comme affaissés dessus des vies toute ressemblantes eux devenus par là tristes poupées sur banc et sans qu'on voit les fils et sans qu'on voit la fin – presque un mantra où donc presque où donc était-ce ?
photo floue d'un homme debout livre ouvert en main dans une superbe bibliothèque Et lui sur le papier figeant donc le temps son déhanchement las une sorte de moine plongé dans sa lecture à voix très haute et forte autour une assemblée d'autres là à vider leurs assiettes écuelles à mâcher leur silence et puis cette question dans quelle ville trouver encore vraiment des moines...
Eh oui, suis pas seule à laisser la bribe aux glissades de l'esprit, comme par exemple la fantaisie de mon esprit qui, ne sais pourquoi, m'a fait penser autre ville monde (enfin qui l'était à cette époque) et aller chercher mon Montaigne pour son voyage en Italie et le retrouver à Rome, et puis au lieu de le ranger, glisser vers la fin du volume de la Pléiade jusqu'aux lettres et le laisser ouvert pour relire (là je ne sais combien de dizaine d'années depuis la dernière fois) cette nuit la très longue – dix pages et ce n'est qu'un fragment – et très belle lettre que Monsieur le Conseiller de Montaigne écrit à Monseigneur de Montaigne son père, concernant quelques particularités qu'il remarque en la maladie & la mort de feu Monsieur de La Boétie (suivie si je me souviens bien de trois ou quatre brèves, ou du moins plus brèves, lettres à divers correspondants sur le même sujet.
Et si vous avez eu le courage d'arriver jusqu'ici dites-vous que cela m'a pris un beau gros tas d'heures et que, vraisemblablement, d'autant que je relis toujours quatre ou cinq pages à chaque retour vers une lecture interrompue pour renouer le fil du livre, celui d'Arnaud Maïsetti devrait me donner long plaisir (encore n'ai-je aucune des pièces sous l a main, ayant perdu la seule que j'avais le combat... mais il y a quelques souvenirs..)
Vous demande pardon tout de même...



11 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

«Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux»
Marcel Proust
Relire le même ouvrage des années plus tard permet souvent de le découvrir avec un état d’esprit différent, tant la vie nous a changé.
Je vous souhaite tout le plaisir de la redécouverte !

brigitte celerier a dit…

exactement

Claudine a dit…

Des rouages intimes d'une lectrice de fond, tous ces auteurs en sont sûrement fiers et heureux

Arlette A a dit…

Oui mais....des énervement et parfois trop de souvenirs qui resurgissent Une navigation périlleuse

Claudine a dit…

blogspot a mangé mon commentaire qui évoquait les rouages intimes de la lectrice idéale et des auteurs veinards bénéficiant de son attention

brigitte celerier a dit…

Arlette toute navigation est peu ou prou périlleuse même si on n'en as pas conscience

brigitte celerier a dit…

oh Claudine chest ma messagerie qui a du le bouffer;.. mais vais le chercher, le déguster, l'afficher et merci

brigitte celerier a dit…

Claudne, surtout Monsieur de Montaigne (sourire) .. pour les autres je ne pense pas… ne le savent pas (sans quoi bien sûr… re-sourire)

Dominique Hasselmann a dit…

Oui, il y a tant à lire ou relire que l'on se dit souvent ou parfois qu'écrire un blog est du temps perdu au lieu de faire ça... :-)

brigitte celerier a dit…

sans compter qu'il y a les blogs à lire (sourire)
merci d'être passé malgré cela (et merci pour votre poème du jour)

mémoire du silence a dit…

Oui, il est bon de relire
car toujours un oeil neuf

;-)