mercredi, février 07, 2018

Intérieur

Pluie dehors au petit matin, et peu à peu ciel opalescent, très haut, calme, froid relatif mais dissuasif, intérêt très très vague pour ce qui se passe dans ma ville, reste égoïstement avec moi en mon antre... écouter le deuxième chapitre de l'ombre sous Innsmouth de Lovecraft par François Bon https://www.youtube.com/watch?v=VaEbbrZKuio, faire un tour internet pour la fin du reportage de Dominique Hasselmann sur l'exposition Fautrier https://hadominique75.wordpress.com (voir les précédents), aimer tout spécialement le poème de Thomas Vinau http://etc-iste.blogspot.fr/2018/02/des-traces-de-pas-dans-ta-bouche.html etc...
soigner mes abdominaux en choisissant la force la plus puissante de l'aspirateur pour que le suceur soit quasiment collé aux dalles et demande toute ma force pour se déplacer...
afficher la photo sélectionnée pour les cosaques, lui faire une grimace et puis en tirer ce qui me vient, en espérant que ce n'est pas trop nul, et l'envoyer au chef (vous conseille d'aller voir ce qu'écrit Marlen Sauvage au sujet des cuisines http://lescosaquesdesfrontieres.com) et puis, m'imaginant un intérieur plus beau que le mien je recopie ma dernière participation
En un enclos

volutes blanches
pour caresser mon cerveau
crâne soupesé
.
ne suis qu'attention
au déchiffrement ardu
de cette pensée
qui s'énonce devant moi
sur papier jauni
.
non ça ne va pas
concentrée, hors du monde qui trotte et galope et bruisse et crie et survit végétativement et rit et souffre et gagne sa petite vie ou entasse sans compter, yeux sur la page, une cigarette au bec pour bercer mon cerveau, le cajoler, le préparer au sens, je plisse un peu les yeux à cause de la fumée et pour l'attention, ne suis plus qu'une intelligence déroutée, tentant de sauter une marche
non ça ne va pas
je laisse, j'élargis
lectrice épaulée
par la falaise ocre
de livres dressés
.
ce n'est pas ça
à côté du monde, cloîtrée sous les livres, la falaise rongée, déformée par le temps, en partie écroulée, maintenue solide, parce que désirée
la falaise de livres niée, oubliée, par le choix de l'élu posé devant moi, auquel je veux réduire mon univers pour quelques heures
en un confort douillettement enfumé et doré sombrement
et puis quand l'attention faiblit, se lever, regarder avec gourmandise les livres pierres qui m'isolent, en prendre un, reposer le précédent, un peu de travers pour le retrouver, dans un plus tard éventuel
plonger dans le plaisir d'une langue, les volutes d'une poésie, la sensualité des mots, s'y perdre, un temps, un long temps, peut-être, ou intense et bref, non mesurable puisque n'existe pas, jusqu'à la pointe, le moment où il ne peut plus grandir sans disparaître
écraser la cigarette qui se consume, oubliée, dans une coquille, poser cet émerveillement jusqu'au souffle retrouvé
allumer autre cigarette et choisir dans le mur de livres une sottise, sottise affichée au prix d'un effort de celui qui nous l'offre, sottise discrètement drolatique, y trouver une autre sorte d'allégresse
retarder le moment de sortir de cet enclos... et surtout ne pas tenter de manier les mots,
à partir d'une toile de Miquel Barcelo

7 commentaires:

Claudine a dit…

Les deux parties du billet sont également belles

Dominique Hasselmann a dit…

Barcelo vous a inspirée ("Marcello" en écho de film italien).

Fautrier (merci pour vos visites !) : il ne s'agit pas d'un "reportage" - sinon ce serait plus complet et dans un autre style - mais de vues et de sensations purement personnelles, hasardées au cours de la déambulation assez rapide dans cette très belles expo... :-)

brigitte celerier a dit…

Claudine, c'est trop gentil

brigitte celerier a dit…

Dominique exactement, mais je ne trouvais pas le mot (crâne bloqué) aurais pu essayer relation ou déambulation gourmande

Arlette A a dit…

Esprits bien déliés ce matin les Amis je reviendrai cela me plait et ouvre des pistes

Anonyme a dit…

En 1964, Porsche lance son modèle fétiche : la 911.

brigitte celerier a dit…

on en reste là anonyme