mercredi, mars 14, 2018

Des petits pas au rez-de-chaussée du cloître pour approche de cinq oeuvres

ciel bleu franc du matin (me faisais plaisir en triant des photos familiales), lumière nuageuse – enfin moins que ne l'ai cru en débouchant sur la place - un peu avant seize heures quand suis partie, décidant que je n'avais que trop attendu, ma décision d'aller au Cloître Saint Louis voir l'exposition de la Mac'a, rituelle en mars, intitulée cette année Patience et longueur de temps s'intensifiant chaque jour à la vue des images de bateliers rêvés sur les pages Facebook de Caroline Gérard et François Diumon (plus réussies que ne le sont les miennes, sorry)
et puis, ma foi, pensais que mes jambes étaient de meilleure composition que ces jours-ci (présumais un tantinet et je crains que le salut accompagné d'une promesse de visite prochaine en passant près de la collection Lambert ne soit pas suivi d'effet, quant au festival on verra...)
Ceci dit ai vu belles choses, mais j'en resterai aux hors d'oeuvre (et pour certains le plaisir prendra force en découvrant mieux leurs oeuvres) regroupés au rez-de-chaussée. Pour chacun des cinq artistes que l'on découvre en avançant dans la salle, je reprends les mots-totems figurant sur les petits dépliants édités par la mac'a et un fragment des textes qui y sont regroupés.
D'abord un panneau séduisant, sur le mur à côté de la porte, de Paule Tavera-Soria l'avignonnaise (peindre, une façon de vivre, son site, bien fait, http://www.paule-tavera.com) assez peu représentatif des peintures et oeuvres mixtes qu'ai beaucoup aimé au premier étage
ce qui est aussi le cas de ces tours de bois ouvragé et pourtant déjà me disais j'aime bien ce qu'elle fait..
ces mots les évoquent davantage, allusivement … à distance de la figuration, des formes renouvelées s'égrènent avec rigueur (quoique ça s'appliquerait à cette première facette) avec un air familier, une petite musique «ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre» Monique Perron – il faut voir ses oeuvres avec son oreille, cela s'entend, cela s'écoute, et c'est ainsi que cela se voit, faute de quoi on passe sans rien voir... Philippe Chauché
Au centre de la salle, bougeant lentement, au moins en partie basse, dans le soufle d'un ventilateur, un assemblage suspendu de Didier Le Gleuher venu d'à côté, du Ventoux, d'Auzon (raison d'être – son blog http://didierlegleuher.blogspot.fr)
Quand le soleil se lève, sur les brumes de la Font Deiro, entre silence assis au bord du chemin et lumière amoureuse du jour qui nait, le visiteur approche d'un pas circonspect. Le sentier ondule au milieu des vignes ligotées par des décennies de fil de fer rouillé... Et puis soudain blotti dans un nid de pierre du Ventoux à l'abri des chasseurs de chimères, le lieu, le repaire, la tanière, l'atelier peut-être début d'un texte de Jean-Pierre Amiot qui ne parle pas encore de l'oeuvre, juste parce que lisant j'imaginais l'endroit et que là, ça me plaisait bien.
Sur le mur qui donne sur l'extérieur du cloître, après les tours de Paule Tavera-Soria, deux grands panneaux qui semblent quasi vides, un plus petit où un sein est dévoilé dans une vignette centrale au contour décoré, premier contact, un peu étrange, mal regardé parce que j'étais attirée par ce qui suivait avec l'oeuvre assez passionnante de Perlinpinpin venu de Lille (motus operandi) qui m'a retenue longuement au deuxième étage – mais sais pas trop comment faire passer sans longues explications
en attendant de tenter ou simplement montrer si mes photos y arrivent, mon appareil étant plus apte aux vues larges qu'aux minuscules détails (verrai plus tard), ceci
Être artiste est un état. Je dois le faire comme je dois respirer. Ma principale occupation est de vivre et de recopier ma vie. Je suis un artiste piéton, voyageur ou vagabond, lent et acharné Perlinpinpin (et c'est exactement ça)
et puis ce début Mathématicien, photographe, artiste bien sûr mais pour ses amis, qui lui ont donné le nom de Perlinpinpin, Perlin est un magicien. Le travail de Perlinpinpin est ancré dans une perception, une représentation du temps qui est avant tout le temps d'une vie Janine Lajadie (suite pour le deuxième étage)
parce que j'étais attirée par les bateliers de plastique froissé (dont j'ai superbement loupé les images) qui naviguaient au fond de la salle sur un étang noir, l'oeuvre séduisante (mais la suite au premier ne le sera pas moins) de Geoges Stolf venu de Martigue (Elixir des temps farouches)
Ingrédients :
300 sacs en plastique
180 barquettes en aluminium
856 bouteilles en plastique
20 m de câble électrique
120 fourchettes
Le tout agrémenté d'un zeste de démarche artistique,
J'obtiens «Les foules d'Eugène Flots» Georges Stolf
On peut considérer Georges Stolf comme un sculpteur du temps. Non pour faire des sculptures grandioses à la gloire d'un souverain omnipotent mais bien au contraire en allant chercher dans les placards inexploré du temps passé des matériaux abandonnés, des restes négligés, des laissés-pour-compte voués à l'invisibilité. Janine Lajadie
Au fond l'étang se gonfle, bouge, et j'ai loupé le petit clips auquel me suis essayée.. alors juste une image du batelier-sac-plastique malmené par les flots, et puis suis revenue vers la porte
en longeant les deux grandes photos (ou montage photographiques) d'Aurore Valade, arlésienne et madrilène (intérieurs mexicains son site http://www.aurore-valade.com ) dont la démarche intéressante, dont les oeuvres qui mériteraient une attention soutenue souffrent un peu ici des oeuvres avec lesquelles elles cohabitent, et plus encore au deuxième étage d'être les ourlets de la fascination Perlinpinpin qui les font paraître plus violentes, frontales qu'elles ne sont
Alors parce qu'il est cité sur le dépliant, parce qu'il est beau et qu'en fait il correspond à ce qui est là sur ces grands panneaux grouillants, un poème extrait d'Odes aux choses de Pablo Neruda
Bien des choses
m'ont tant appris.
Elles ne m'ont pas seulement touché
ou ont été touchées par mes mains
elles ont accompagné
de telle manière
mon existence
qu'avec moi elles ont existé
et ont été pour moi si existantes
qu'elles ont vécu avec moi
la moitié de ma vie
et mourront avec moi
la moitié de ma mort.
Et suis sortie dans la galerie du cloître, ai tourné le dos aux platanes pour prendre l'escalier vers les étages
mais ce soir seulement un nuage ourlé de lumière sur mon retour.

10 commentaires:

casabotha a dit…

Vous nous donnez 4 journées pour le post d'1 !
Neruda, on comprend bien son Ode aux choses quand on voit sa collectionnite gargantuesque dans ses maisons.
Bien aimé les bateliers aussi, c'est Charon en carton.

Dominique Hasselmann a dit…

Ce qui me plaît le plus, c'est la poudre de Perlinpinpin... :-)

brigitte celerier a dit…

homme de grande patience Perlinpinpin (il y avait une très jolie vidéo mais que je n'ai pas)

brigitte celerier a dit…

casabota, pas en carton mais en sacs plastiques et autres objets de récupération

Claudine a dit…

j'aime bien tout et la salle d'exposition est magnifique

Marie-christine Grimard a dit…

Perlinpinpin est un peu magicien, merci pour cette découverte !

brigitte celerier a dit…

Claudine, plus intime que celles des étages (sont pas mal non plus)

brigitte celerier a dit…

Marie Christine on le voit surtout avec son infinie patience et tout ce qu'il met de lui dans ce qu'il faut ay second étage mais sera pas facile à transmettre

Arlette A a dit…

Belles découvertes par tes yeux ...avec le temps je deviens pourtant moins réceptive et demain Mouans Sartoux et Nice MAMAC sans enthousiasme
Tu redonnes désirs de poursuivre

brigitte celerier a dit…

merci, tant que je peux...