vendredi, avril 13, 2018

Dans l'antre, près et après la pluie

Dans la matinée la pluie est restée une idée dans l'air, un peu plus qu'une idée, une fraîcheur gorgée d'eau... ai tenté de nettoyer le coin de cour se désagrégeant en bouillie grumeleuse enrobant petits rameaux secs et bouts de pierre près de la descente, mains noires de terre et de débris collés, comme un hommage très mineur à Notre Dame des Landes...
et puis comme venais de me décider à mettre des mots sur une photo prise il y a quelques jours et à les envoyer au chef cosaque qui a l'indulgence de publier cette bluette à la suite des forts et beaux textes de Gwen Denieul, Anna Jouy et autres... http://lescosaquesdesfrontieres.com (j'ai tout de même un peu honte) je reprends une pochade née de la pluie fin février ou début mars, un autre jour de pluie, sur des plantes qui songeaient à renaître
Précocité audacieuse

trop tôt le printemps
eut un sourire tendre
les plantes y ont cru

les boules feuillues
leur sève pleine de joie
se sont éveillées

de fines tiges
ont jailli, se sont jetées
vives vers le ciel

tant jeunes étaient
que roses comme la vie
naissante en force

fières et assurées
se sont risquées à porter
feuilles et puis fleurs

terre en frémissait
elle tant vieille et sage
murmurait folie

la pluie est venue
et elle en fut heureuse
s'est faite tendre

un tendre berceau
enveloppant, nourrissant
fraîches naissances

puis est arrivé
le vent du nord portant peur
pour la tendresse

un ciel bleu glacé
a figé dans l'attente
les jeunes branches


5 commentaires:

casabotha a dit…

Carcasse vôtre supportetèle bien la pluie?

Claudine a dit…

Les belles fleurs et pochade

brigitte celerier a dit…

casabotha comme toutes les carcasses la supporte encore mieux quand la voie à travers une glace

Claudine, merci

Arlette A a dit…

Comme une ballade du temps jadis ...

Godart a dit…

La robustesse des fines tiges n'a pas d'âge et remonte à la nuit des temps.