samedi, avril 07, 2018

Embouteillages, examen, et une imbécile

Comme j'avais eu une envie de minuscule sieste après mon déjeuner tardif, il était trop tard pour aller chercher à la poste un bus pour la Confluence, ai appelé un taxi et nous avons mis près de trois-quart d'heure, Avignon, au moins extra-muros, étant, un vendredi en milieu d'après-midi avec notre merveilleux chantier pour le futur tramway, un réseau de flux de voitures avançant au pas...
scanner (partie basse, comme disait le gentil radiologue mes toubibs pourraient se concerter, serait plus simple) sans trop d'attente, du coup, et quasi sans problème (bon il semble que j'ai une architecture intérieure un peu surprenante...)
une longue attente pour un bus
et un retour au pas.
Il faisait un temps charmant et j'étais toute guillerette, (bon j'avais ma nouvelle démarche un tantinet incertaine mais pas tant) pour longer la rue Joseph Vernet
Mis patates et morue à cuire, décidé de ne pas me changer faute de temps, bu et re-bu et re-re-bu comme le devais, et un quart d'heure avant de ressortir, l'énervement souriant refluant, ai passé du rose sur mes lèvres et allumé triomphalement mon second cigare de la journée...
Imbécilité, parce que vertige, panique, un verre d'eau, le corps qui reprend lentement sa place, mais joue les pauvres petites choses faibles.... lui ai ri au nez - enfin j'ai pensé que, parce que c'était difficilement réalisable ), ai changé de chaussures, enfilé mon petit manteau et puis, non, étais encore tremblotante, yeux parpelégeant, ai renoncé, la rogne contre ma sottise accroissant sans doute mon malaise.
Déjà jeudi je m'étais réveillée avec l'envie d'aller au théâtre des halles voir – ce qui n'était pas prévu dans mon choix d'origine – un spectacle, dont ce matin, Caroline Gérard m'a dit du bien, et j'y avais renoncé dans l'après-midi, à vrai dire surtout par flemme... mais là, ce soir c'était vrai désir, et depuis un bon moment, une attente de découvrir etc...
Il s'agissait de la Chartreuse, et d'un opéra «de chambre», de Lionel Ginoux d'après le testament de Vanda de Jean-Pierre Siméon, mis en scène par Nadine Duffaut, deux belles jeunes femmes, Ambrosine Bré mezzo-soprano et Marie-Suzanne de Loye à la viole de gambe, et une histoire
Le Testament de Vanda est une histoire banale de notre temps : une femme avec son bébé dans un centre de rétention. Elle a tout traversé : la guerre, l’amour perdu, le viol, les frontières interdites, l’errance, la misère, le rejet. Elle ne peut plus rien, ni le pas en arrière ni le pas en avant. Elle a décidé d’en finir puisqu’elle n’a plus lieu d’être. L’histoire de Vanda c’est l’histoire de tous ces hommes sans patrie, sans papiers, sans logis, sans droits, sans avenir, ce peuple d’ombres effarées dont nos sociétés ne savent que faire. Intériorité et expressivité sont le cœur de la partition. Par le choix du dénuement de l’instrumentation le compositeur a voulu traduire l’intimité de cette femme et mettre à nu son émotion vibrante lorsqu’elle nous raconte sa vie. Trouver du sens, parler de l’humain, parler de notre époque avec simplicité, avec force tout en renouant avec la vocalité et la mélodie, voici le travail du compositeur. Lionel Ginoux
avec, pour renforcer mon désir, une petite vidéo de présentation
Honte à moi, me suis allongée et une demi-heure après, en gros au moment où le spectacle commençait de l'autre côté du fleuve, me suis relevée presque en grande forme. Faut que je réagisse... et ça ne devrait pas être si difficile.

Me suis fait un petit concert Higelin puis Aperghis, avec un bref et beau détour par Thiéfaine.

12 commentaires:

casabotha a dit…

Votre titre me rappelle mon bac.

brigitte celerier a dit…

moi c'est trop loin, quoique pour le premier (1ère) j'avais ravi deux garçons recalés (et pas moi) en racontant qu'il avait pleuvu

casabotha a dit…

Je double mais votre architecture intérieure surprenante, c'est plus votre cérébral que votre viscérie?

Hue Lanlan a dit…

parpelégeant, qu'est-ce donc ? ;-))) belle matinée à vous !

brigitte celerier a dit…

je crois que c'est un mot du sud (un reste du temps de l'oc) et c'est battre des paupières assez vite, et sans le vouloir vraiment

Dominique Hasselmann a dit…

Oui, "parpelégeant", peut-être comme une... réflection de remparts, avec tout ce ciel bleu : mais le tramway, il va épargner quand même les environs du Palais, j'espère !

En tout cas, un spectacle à recommander à Gérard Collomb.

brigitte celerier a dit…

le tramway : emmm maximum pour les automobilistes avignonnais et un trajet qui ne servira pas à grand chose (pas pour moi en tous cas et pour pas grand monde selon mon chauffeur de taxi)
en attendant moi il faut que je sorte de ma trouille…

karim a dit…

"parpélegeant" m'a aussi fait réagir - rapproché de l'espagnol "párpado" (=paupière), qui vient d'un verbe latin signifiant "palpiter, battre" - la paupière, avant d'être ce qui protège l'oeil, est, pour la langue, ce qui bat...
j'avoue que la vidéo de cet opéra "en prise avec l'actualité" ne m'a pas convaincu (trop de paroles, pas assez de musique ?) - mais elle consonne avec mon actualité, car j'ai vu hier un film de pedro costa (découvert en 2000 avec... "la chambre de vanda" !), où la question de l'exil (les cap-verdiens, comme toujours) est centrale...
j'aimerais beaucoup savoir ce que vous avez écouté, d'aperghis ! (un des rares compositeurs vivants vers qui je reviens sans cesse - vivants ? - j'ai craint un moment que, comme higelin, il n'ait disparu - il n'en est rien, heureusement...)

Arlette A a dit…

Bonne traduction adorable parpelegeant en signe de coquette seduction dit en provençal et oeil langoureux qui donc allais tu conquérir ?

brigitte celerier a dit…

Karim, désolée je devais sortir : pas très long pour Aperghis parce beaucoup d'Higelin (pas mal d'air que ne connaissais pas) un peu de Thiéfaine, alors deux versions de la 2 versions de la récitation 11, le trio par le Trio Arbus et dans le mur plus sais plus quoi

brigitte celerier a dit…

Arlette mon moi intact, debout, et sans nausée… un peu limité comme but je l'avoue

brigitte celerier a dit…

casabotha, désolée, votre second commentaire s'était perdu dans les profondeurs de blogger