lundi, avril 09, 2018

Pas de vide-grenier mais quelques jeunes

Second réveil en panique (très relative) vers neuf heures et quart... avais fait le projet d'aller aux halles, même si le gros marché pouvait attendre mardi, pour rendre visite, seulement visite, au vide-grenier place Pie du quartier des Halles et de l'ami Michel Bernard... projet qui s'évapore lentement, dans le désir et la nécessité de ne pas bousculer, énerver carcasse et, à l'heure de la jouissance des teintes suaves enclosant les beaux textes, citations ou petits poèmes de Christine Jeanney sur l'e dans l'o d'avril (paraît le 8 de chaque mois, pour se le procurer en faire la demande à l'auteur http://christinejeanney.net/spip.php?article1409) et du café savouré devant la cour endormie et le ciel blanc, renoncer, décider de se laver les cheveux, de cajoler mes pieds, passer l'aspirateur, repasser un pantalon et deux chandails et de prendre la vie tout doux tout doux.
Et puis, dans l'après-midi, désolée vais faire fuir, reprendre le tas de photos ramenées de la collection Lambert, identifier les auteurs des oeuvres d'après mes notes pagailleuses, chercher renseignements rapidement disponibles... en abordant, toujours au premier étage, par le passage où ont trouvé place plusieurs autres photos d'Isabelle Huppert par Roni Horn, l'aile en retour et l'exposition Rêvez # 2 deuxième exposition du prix Yvon Lambert pour la création : Afin d’ancrer davantage le musée dans la jeune création et de soutenir les artistes nouvellement diplômés, la Collection Lambert propose un projet inédit qui s’inscrit désormais de manière pérenne dans la programmation artistique du musée.
Pour cette édition deux écoles ont été retenues : les Beaux-Arts à Paris, pour laquelle Djamel Tatah, auquel est consacré la grande exposition qui suit, a proposé à Jean-Marc Bustamente le Directeur et à quatre enseignants (plus lui-même) de sélectionner des artistes récemment diplômés, et l'Ecole des arts d'Avignon pour laquelle un choix a été fait par Eric Mezil.
Dans la salle aux murs peints par Sol LeWitt (encre sur mur) qui m'est retrouvailles aimées, une installation multimédia intrigante (quelle est l'action des objectifs photographiques qui se déplacent?) While True de Victor Vaysse (Paris, atelier de Patrick Tosani) http://victorvays.se
Une salle de taille moyenne, avec notamment plusieurs toiles, si neutres que vivantes, de Nathanaëlle Herbelin dont le portrait de Monika huile sur toile (trois en tout je crois dans la salle) http://www.nathanaelleherbelin.com/ (Paris atelier Tim Eitel) vie courante et silence,
avant la grande salle en longueur (au centre, deux portes vitrées, châssis bois, oeuvre de Fabien Ducrot http://fabienducrot.com, Paris atelier d'Elsa Cayo)
et près de la porte d'entrée Ehlers-Danlos de Margaux Derhée invitée par Eric Mezil : deux métronomes, une fleur, fil de coton, tige métallique – sur son site https://margauxderhe.com (où j'ai découvert toutes les expositions que j'ignore et néglige) une petite vidéo qui m'a permis de voir l'installation en mouvement et texte
Cela n’a ni queue ni tête, et pourtant, on croirait de la chair.
De la chair qui se meut en cadence.
Inspirée de l’automate et du théâtre de formes, cette installation met en scène trois acteurs : deux métronomes et une flaque de latex.
Tout trois se meuvent sur les rythmes plus ou moins réguliers des métronomes, créant ainsi une danse absurde et un son entêtant.
A la suite, sur le même mur ainsi que sur le panneau en retour ouvrant sur la suite de l'exposition, Jean Charles Bureau - Paris atelier François Boisrond - http://www.jean-charlesbureau.com plusieurs tableaux dont ces parpaings : «anges» huile sur toile 2017 correspondant à une petite installation «paradis en construction» ciment, bois et impression 3D également présente
Les fondations sont un moment délicat. Dans ce geste, il faut que tout soit là, que tout soit pensé. Penser ne sera pas un problème. Pour le moment je vais faire le vide, me préparer un terrain neutre, une anarchie douce avant dʼéteindre la lumière afin de complexifier la pensée.
Je rêve de fondations volantes, des fondations tellement étendues que, quoi quʼil arrive par la suite, leur prémisse était là.
Le dernier tableau près de la porte : Peintre du Paradis
Sur le mur qui fait face, les silhouettes (acrylique sur canevas) de Woojung Hoh http://www.hohwoojung.com - Paris atelier Djamel Tatah
et dans l'espace central, après les portes de Fabien Ducrot, une installation mise en pièce (bois, terre séchée, carton, aluminium, coquillage, osier tressé, plâtre et coton) de Mathilde Denize - Paris atelier Djamel Tatah (d'elle aussi sur le mur du fond un fer à repasser sur un éventail de feuilles séchées partiellement teintées de bleu) https://www.mathildedenize.com/
L’horizon que pourrait fixer l’œuvre de Mathilde Denize apparaît sans cesse repoussé, renvoyé en aval d’un ensemble de pratiques effectives. Parmi celles-ci, on compte la collecte et la fabrication d’objets, l’assemblage, la génération d’espaces et enfin, la formation d’images peintes: autant de gestes intuitifs, perméables les uns aux autres. Sur le site de la galerie Dejziri-Bonn
En sortant, dans le passage, un rappel de l'exposition sur les artistes de la collection avec Cy Twombly, face à l'atelier des Petites frimousses
et avant de prendre escalier vers rez de chaussée, devant la fenêtre sur la rue Violette une «sculpture à la manière de Robert Combas» de Pierre Taillefert (carton peint assemblé sur balai – vient de l'exposition «Les Combas de Lambert»)
pendant que dans l'escalier, toujours en liaison avec des expositions, sont accrochés les «autoportraits à la manière de Djamel Tatah» d'Hector et Linus Bonini inspirés par les hittistes de Tatah lors de l'exposition de 2013 « Mirages d'Orient, grenades et figues de barbarie» (et pour les distinguer des artistes «officiels» comme la «sculpture» ils ont droit à un carton manuscrit)
Et là, en bas de l'escalier, regardant le second atelier des enfants, regardant la rue.. je réalise que suis très longue, qu'il me reste bien trop de salles et d'oeuvres avant même d'aborder Djamel Tatah, … on verra un autre jour si les mets, j'en reste, parce qu'ils sont dans ce même petit vestibule à la grande salle au rez-de-chaussée sur la cour à la grande toile et une des deux petites de Miryam Haddad https://www.miryamhaddad.com/ – Paris atelier de Tim Eitel -
Le dialogue avec la toile me fait osciller entre deux états.
Le premier, explosif, caractérisé par des coups de pinceaux qui attaquent la toile, des couleurs vives qui luttent avec la matière et une rapidité d’exécution pour capturer une pensée. Le second, plus serein, avec des  gestes précis et une recherche poussée des compositions et de l’harmonie entre les couleurs. Le contraste entre des textures épaisses et d’autres plus fines ainsi que le mélange de lignes droites, raides et de touches incurvées sont également des composantes importantes dans mes travaux.
Mes personnages, quant à eux, sont incarnés dans des scènes fantastiques, représentation instinctive d’une imagination d’un monde sans frontières, permettant de se défaire des lois et d’échanger les rôles.

8 commentaires:

casabotha a dit…

Vous nous faites honneur de violenter carcasse; jolie moisson, merci.

brigitte celerier a dit…

rire… le moins qu'on puisse dire c'est que ne l'ai pas violentée aujourd"hui !

casabotha a dit…

Pardonnez-moi si je suis familier mais il me semble que je n'aurais pas envie de m'en priver.

brigitte celerier a dit…

pardonné

Hue Lanlan a dit…

magnifiques couleurs !

Dominique Hasselmann a dit…

À quand une place Py en Avignon ? :-)

(L'État "explosif" a commencé à NDDL cette nuit...)

brigitte celerier a dit…

impossible (heureusement, ces prédécesseurs n'y ont pas droit) il y a déjà une place Pie

Anonyme a dit…

What's uр, yup this pece of writing is really nice and I havе
learned lott of things frrom it about blogging.
thanks.