jeudi, juillet 19, 2018

Avignon – festival – jour 13 – un sujet à vif et l'arctique au sein de la chaleur


me persuader que suis en pleine forme, avoir en tout cas envie de découverte, décider de partir un peu plus tôt pour déposer draps, trois robes et deux chemisiers que je préfère ne pas confier à mes soins et partir d'un pas ferme mais pas tant leste, non pas tant leste dans la ville qui un peu avant dix heures ne fait que se réveiller (à part l'éveil nettement plus tôt des travailleurs, boutiquiers, repasseuses etc..)
Mais comme il y avait trois personnes avant moi, avec pour deux d'entre elles des valises de vêtements... ai entreposé dans un coin avec l'accord de la responsable ma charge en promettant de revenir dans un peu moins de deux heures pour la facturation etc... et j'ai continué chemin d'un pas allègre, saluant au passage ce panneau devant une minuscule maison coincée sous l'aile du Ltcée Saint Joseph – personne pour me l'offrir ? -
Ce qui fait que j'étais très en avance… m'a laissé le temps de, lentement puis un peu trop emportée par les phrases, tenter une réponse à la vidéo 25 de l'atelier d'été de François Bon (trop long, une seconde version préférable pendant l'attente de l'après-midi, un mixage et une réduction en rentrant toute à l'heure quand le plus gros de la fatigue s'en est allé plus ou moins) avant que commence un mini drame, la machine de la jeune femme au tee-shirt rouge ne voulait pas de mon billet, on me renvoyait de guichet en guichet et je voyais les gens rentrés, j'ai crié gardez-moi une place au premier rang et suis partie à la recherche du responsable bonhomme, notre sauveur à tous depuis des années... trouvé et il a tranché pour que moi et les autres possesseurs de billets Fnac soient admis... une place m'attendait au premier rang.
Le premier des deux sujets à vif le bruit de l'herbe qui pousse co-réalisation de Thierry Balasse musicien électronique (assez merveilleux) et Pierre Mifsud, acteur-auteur tout en rondeur ferme, charme, esprit et intelligence était un petit régal. Ma foi ne suis capable que de recopier les quelques lignes du programme, de dire que les considérations sur l'espace, le temps, le son à l'origine des planêtes qui sont nées lorsque la musique de l'espace s'est tue, enfin en gros, et la musique discrète, qui soutenait, accentuait, ironisait parfois était peut être mieux que ce qu'elles promettent
Sur scène deux hommes, l'un s'accompagne de ses machines pour manipuler le son et le ralentir jusqu'à le perdre ; le second répond par sensations, il raconte par bribe des instantanés de vie. Peu à peu, le temps se dilate et les images de nos enfances ressurgissent. Pour entendre le bruit de l'herbe qui pousse, il faut tendre l'oreille, trouver le diapason commun pour contempler le abysses du temps qui passe...
Enfin j'étais si contente, et en même temps si désireuse de passer chez le teinturier et de mettre un peu d'ordre dans ma pagaille matinale (ce que n'ai fait que fort imparfaitement) que, jugeant que le second ne pourrait ajouter à mon plaisir, à tort sans doute mais tant pis, me suis levée et je passais sans le regarder devant le jeune et bel homme assis sur la première marche quand il m'a saluée gentiment... donc Arnaud Maïsetti a eu une chaise (on dit une coque) au premier rang, 
et moi m'en suis revenue.
Longue sieste, douche, pantalon, tunique et nouveau carnet (plus le billet... m'en suis souvenu sur le palier) suis partie un peu avant cinq heures vers les bus alignés dans la canicule devant la grande poste.
Trajet dans le 10 où une fois encore trois personnes ont insisté pour me laisser un siège (ai refusé dignement et à l'arrivée me suis ruée au toilettes pour voir : bon faisait pas jeune jeune jeune mais rien de pire que d'habitude, vont finir par me saper le moral)
Et là suis bien ennuyée parce que, bon suis descendue, j'ai fait les quelques centaines de mètres qui me séparaient de la Fabrica, j'ai trouvé deux endroits à l'ombre, l'un dans l'odeur des cyprès et du lavandin, pour mes petites notes puis pour lire le programme de salle de ce que j'allais voir : Articque, texte et mise en scène de Anne-Cécile Vandalem, musique de Pierre Kissling etc... (et photos qui viennent d'être publiées il y a un quart-d'heure de Christophe Raynaud de Lage comme il se doit) mais suis bien incapable je crois d'en parler ni de cerner si j'ai vraiment aimé (je sais que finalement ce n'est pas je n'ai pas aimé)
Alors, le texte sur le site du festival
2025. Quelque part dans les eaux glacées internationales. Intérieur nuit. Froid. Salle de réception d'un paquebot de croisière. Extérieur plus froid encore. Inquiétante embarquée pour sept passagers clandestins, entre Danemark et Groenland. Très loin de s'amuser, cette croisière navigue à vue dans un environnement hostile sur fond de réchauffement climatique. Qu'allaient-ils donc faire dans cette galère ? Une ancienne ministre du Groenland, son ex-conseiller, une activiste écologiste, un journaliste, la veuve d'un homme d'affaires, le commandant du bateau et une adolescente cherchent à savoir qui les a mystérieusement réunis là et pourquoi. Polar politique ? Fiction écologique prémonitoire ? Huis clos à l'humour cinglant ? Mortelle traversée ? Entre théâtre et cinéma, dans un décor gigantesque aux coulisses tout aussi impressionnantes, Anne-Cécile Vandalem nous embarque dans une expédition champ/hors champ à la tension d'une glaçante précision où le réchauffement climatique et la vengeance sont des plats qui se mangent froid.
étant entendu qu'au début nous ne savons pas qui est qui dans cette assemblée et que certains le cachent, à tous et à nous ou à une partie de leurs compagnons..
Il y a aussi ceci dans le long entretien publié sur le programme de salle et qui, transformé par la fable, serait la base du spectacle
Ce Groenland était pour moi une sorte d'utopie, une terre vierge. Ces images de grand blanc, cet imaginaire très fort qui nous nourrit ce sont les dernières lueurs d'espoir.
En voyant sur place que cela était voué à disparaître, j'ai eu l'impression d'assister à l'échec de tout tentative pour sauveur l'humanité. et surtout Cette économie nouvelle, censée être au profit des habitants, se révèle être à leur détriment. On voit la catastrophe politique et écologique arriver…
Bien alors il y a encore une fois la vidéo mais plus pertinente qu'elle l'est d'ordinaire (la partie haute nous montrant dans un flou léger ce qui se passe dans les coursives, les escaliers ou sur le pont du bateau – dans ce cas le flou est en outre bleuté) le plateau représente le grand salon où sont retenus ces passagers qui ont répondu à une invitation et se savent clandestins, une grande niche au fond étant occupé par une scène où, confirmant le flottement entre réalisme et onirisme, deux musiciens interviennent de temps en temps, accompagnant le parler-chanter ou le chant de la jeune fille. Bon il y a des langueurs…. 
et puis des chocs – me suis trouvée nez à nez avec un ours blanc, ça c'est du choc – du drame flottant en arrière plan, de l'angoisse et beaucoup d'humour, des personnages un peu caricaturaux qui finalement ne le sont pas tellement mais tout de même..., et des changements de rythme incessants.
Et puis pour finir les pires flots de fumigène de cette année (où pourtant ne sont pas si rares) si importants que petite vieille n'a pu y tenir et s'est levée... sur ce ils se sont arrêtés à temps pour que j'aplaudisse depuis l'amorce du couloir de sortie en trouvant que cela fera sans doute de belles photos
Dans le début d'attente du bus qui n'arrivait pas, dans les échanges des groupes qui me dépassaient sur la route du retour c'étaient des qu'en avez-vous pensé ? Ou : Alors, aimé ? et en réponse des : Et vous ? Et puis un petit jeu sur "qui était l'ours?" en "celui qui avait mangé l'ours" que seuls les spectateurs pouvaient comprendre.
Sur ce suis crevée, temps de souper. (et la rouille commence à attaquer les panaches verts)

8 commentaires:

casabotha a dit…

On dirait que vous allez manger toute la culture

Brigetoun a dit…

oh que non ! n'en aurais ni la force ni la possibilité, et même dans les évidences je passe à côté de plein de choses

arlette a dit…

Amusant les rencontres de Maisetti au bel ours blanc et tes commentaires savoureux Merci du matin du fond de mes silences bucoliques ..la ville commence à me manquer 2 semaines sur 6..

Dominique Hasselmann a dit…

L'Articque en Avignon : une idée très rafraîchissante !

Brigetoun a dit…

Arlette, pourtant… le charme de la campagne moi j'aimerais assez là (et cherche les jardins)

Dominique, pas tant puisqu'en fait il s'agit de parler des conséquences du réchauffement climatique, très visible justement là mais cette chance pour les habitants est empoisonnée par les spéculateurs qui se ruent

Lavande a dit…

Vous avez une vitalité stupéfiante...et en plus vous êtes vexée parce qu'on vous propose une place assise? !

Claudine a dit…

Emouvant de voir votre calligraphie

Brigetoun a dit…

calligraphie m semble un bien grand mot (sourire)