mercredi, novembre 07, 2018

dans l'antre dédaigner pluie, revenir à samedi

pour me consoler de voir ma ville devenir avec entêtement un bassin pour la pluie jouer un moment à me rapprocher par appareil interposé de la cour imbibée
et puis reprendre les photos prises samedi à la collection Lambert, en faire petit dossier, en prélever quelques unes pour occuper Paumée, 
avec aujourd'hui, remontant toujours à contre-visite, une partie du rez-de-chaussée de l'hôtel de Caumont (premier bâtiment affecté à la Collection Lambert et le rez-de-chaussée de l'hôtel de Montfauconet ligne forme couleur ou présence d'Ellsworth Kelly dans les collections françaises, une exposition dont le commissaire est Eric de Chassey, directeur de l'INHA (Institut national d'histoire de l'art) réunissant autour d'une donation de 54 estampes destinées à la bibliothèque de l'INHA des oeuvres issues de collections françaises
Après avoir participé comme soldat à la libération de la France durant la seconde guerre mondiale, il revint s’y installer de 1948 à 1954, avant d’y faire plusieurs séjours tout au long de sa vie. Il y rencontre Picasso, Calder, Brancusi, Arp, y découvre Matisse, Monet et les abstraits géométriques qui influenceront sa peinture, notamment dans sa quête de l’épure, de l’équilibre et de l’intensité des sensations.
C’est là, à partir de 1949, qu’il met au point une méthode éloignée des paradigmes de l’abstraction lyrique et de l’expressionnisme abstrait alors en vogue en Europe et aux États-Unis. Il duplique des formes trouvées dans la réalité ou produites par le hasard et, pour reprendre ses mots, les « vide de leur contenu figuratif [pour] projeter l’oeuvre dans un nouvel espace », développant un vocabulaire singulier où lignes, formes et couleurs entretiennent et produisent des liens inédits.
À l’instar de Franck Stella ou de Jasper Johns dont il côtoie les oeuvres de retour aux États–Unis, il renouvelle profondément les possibilités de l’abstraction et de la peinture en général, annonçant les changements radicaux opérés par les nouvelles avant-gardes...
Les thèmes, formes, se retrouvent d'une technique à l'autre, dessin, peinture ou estampes, d'un format à l'autre, en fréquentes reprises (il y a même une robe...) avec la même apparente impersonnalité et l'adaptation précise au medium, la même sensibilité
à l'exception de la reproduction de plantes qui sont réservées au dessin sans que leurs formes se retrouvent dans le reste de l'oeuvre
A coté des formes quasi géométriques (estampes, livres et affiches) certaines oeuvres se présentent avec une sensibilité plus évidente
comme les huit lithographies (dont la Seine, détail ci-dessus) : deux feuilles d'acétate peintes à la brosse avec une encre grasse noire puis découpées et combinées en surimpression pour que vibrent les formes (sans que les titres donnés interviennent dans l'élaboration des oeuvres)
et, dans la petite galerie finale, une série de douze lithographies intitulées portraits – à partir de quatre portraits polaroïds de son compagnon et de lui même au hasard d'agrandissements, il obtient des images plus ou moins pixellisées, déclinées ensuite à l'encre noir su papier blanc ou de couleur ou à l'encre coloré sur papier blanc, obtenant des images qui s'approchent plus ou moins de l'abstraction.
Et mes images ne lui rendent pas justice. (maladresse et reflets)


8 commentaires:

casabotha a dit…

(C'est l'Antre qui parle) Entre ici Brigetoun avec ta Carcasse indémodable

Anonyme a dit…

Un artiste que je ne connaissais, c'est beau. s. Claudine

brigitte celerier a dit…

oh ante tu me fais frissonner

Claudine, moi aussi je vous l'avoue

Dominique Hasselmann a dit…

bel échafaudage... j'aime bien le mannequin hors de sa vitrine...

brigitte celerier a dit…

une robe devenue un peu trop légère (du coup l'exposition a fermé)

Godart a dit…

Le reflet de votre silhouette dans la lithographie de la Seine est du plus bel effet. Et puis, comment ne pas être preneur de ces couleurs en cette période d'automne.

Arlette A a dit…

Plaisir de retrouver des noms familier et leurs oeuvres

brigitte celerier a dit…

moins ignare que moi - alors disons que j'ai plaisir de la découverte (sourire)