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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

lundi, février 04, 2019

Découverte mienne de Galuppi

Partir donc, et d'abord attendre dans le vent froid parce qu'incorrigible j'étais en avance, parce que ce samedi la navette avait décidé d'être en retard (pire pour le retour où nous avons cru qu'elle ait été supprimée
arriver tout de même vingt minutes avant le début, attendre à côté de ma très mauvaise place au centre de la rangée centrale et à l'avant-dernier rang, de voir si la salle se remplirait totalement pour découvrir (cas je pense presque général) le Buranello, Baldassare Galoppi né au début du 18ème siècle à Burano, et après étude musicale et début de carrière à Venise, revenu de voyages à Vienne, Berlin, Saint-Pétersbourg (nommé compositeur de la cour) à Venise en son grand âge se consacrer à la musique religieuse, demeurant essentiellement vénitien https://fr.wikipedia.org/wiki/Baldassare_Galuppi.
Et comme elle était presque pleine mais pas tout à fait, malgré une ou deux classes (se sont couchés tard ces ados, cela durait trois heures et demi) me suis installée, une minute avant l'arrivée de Madame le Chef d'Orchestre, au bout du premier rang (un petit cinquième du plateau hors de ma vue... ce qui n'avait guère d'importance)
(photo d'une répétition trouvée sur le compte Facebook de l'opéra)
Création, je crois, en France (en co-production avec l'opéra de Reims - seconde représentation aujourd'hui à Avignon, le 8 à Reims et le 15 à la Cité de la Musique à Paris), par l'Orchestre Akadémia dirigé (et voici une femme de plus) par Françoise Lasserre http://www.akademia.fr/francoise-lasserre/, dans une mise en scène de Vincent Tavernier qui écrit
Puisque la fantaisie semble le maître mot du «Mondo alla roversa», renversons à notre tour la réalité du monde, et donnons-nous les moyens de parcourir «cul par-dessus tête» cette mystérieuse île des antipodes où Goldoni et Galuppi placent leur action.
Rêvons. Que toute cette histoire invraisemblable (?…) soit le rêve (ou le cauchemar !) d’un des personnages de l’intrigue, qu’on verra dès l’ouverture, après s’être endormi tranquillement auprès de son conjoint, prendre le large sur un lit devenu bateau, pour aborder aux rivages de l’empire des Femmes… Un point reste cependant à résoudre : sera-ce le songe de l’épouse – ou de l’époux ? Et au réveil, que décidera-t-elle (ou il) de faire ?
(une photo du spectacle parue ce matin sur la même page Facebook, comme les deux suivantes)
Ceci c'est ce que j'avais lu dans l'après-midi, avant de partir pour soutenir mon désir...
et puis j'avais écouté ces deux arias tirés de l'opéra, dans une interprétation sur laquelle n'ai aucune information
En fait, ce fut le plaisir d'une courte ouverture, après le sourire de retrouver, une fois encore le lit conjugal transformé en bateau... après avoir fait connaissance avec les quatre chanteuses, principales protagonistes puisque les hommes, qui reprendront le pouvoir à la fin, malgré leur sottise plus grande, ou leur amour paralysant (avec le remord de céder au prix de leur «honneur») ou tout bonnement leur frousse, n'ont que rôle de souffre-douleur, objet d'amour, de prestige etc... et d'enjeu entre ces dames, pendant le premier acte (que j'ai trouvé un peu languissant, faute je pense aux jeux de scène sans grande nervosité, pensant que le grotesque promis tenait plus du Keaton de la fin que du Charlot du début)
Quatre chanteuses mais trois rôles féminins, Cintia la dominatrice incarnée par Alice Habeillon (voix assez curieuse à mes oreilles inexperte, un mezzo rond comme un bonbon, grande, avec un panache rouge qui la grandit encore) appariée avec Giacinto (David Witczak) un fier à bras, Aurora (Dagmar Saskova, jolie voix, belle blonde fort aguicheuse qui ravit régulièrement le Giacinto de Cintia et tout homme passant à sa portée) et son très cher Graziosino (Olivier Bergeron, une sorte de Pierrot éperdu d'amour et de peur, avec des moments raisonneurs) et, presque les premiers rôles, Tullia la raisonnable (Marie Perbost, joli soprano, une Colombine toute en rondeur, veste rouge sur jupe blanche à motifs jaune vert bleu et rouge) et son Rinaldino son assistant bien-aimé, le plus intelligent et le plus charmant, chanté par une femme Armelle Marq (et c'est sa voix, la plus belle à mon sens, surtout dans un de ses grands airs, à la fin du second acte, qui a fini de dissiper mon léger ennui et ma tendance à piquer du nez de temps à autre)
un entracte donc, échanges avec des inconnus qui avaient en gros même ressenti, quelques départs (il se situait en gros aux deux tiers du spectacle)
et en seconde partie, pour les deux derniers actes, avec querelle de préséance entre les trois femmes, campagne électorale, vote les déboutant toutes trois, entre autres péripéties est traité de façon carrément farcesque... sur la scène et dans la musique de Galuppi (même s'il reste plus sage qu'un Rameau)
Survient un bateau dont l'équipage masculin est réduit en esclavage sauf un matamore mêlé de prédicateur, Ferramante, très imbu de la supériorité masculine, de la nécessité de ne rien céder aux caprices féminins qui entraine, aidé par la discorde entre les trois meneuses, la victoire des hommes.
Et si Goldoni fait ici domine in fine les «rustres», je suis indulgente avec lui en vertu de cette déclaration sienne : lorsque j'écris pour la musique, la dernière chose dont je me préoccupe c'est de mon point de vue. Je me soucie des interprètes, je me soucie beaucoup du compositeur, et je me soucie de ce qui est susceptible de plaire au public dans la salle ! Lequel semblait-il voulait s'amuser franchement, en acceptant tous les poncifs (ne sommes pas avec l'opéra-bouffe dans Marivaux)
saluts donc, bataille avec la fermeture éclair de mon manteau (qui a inventé les fermetures éclairs va-et-vient !)
et surprise de ne pas trouver la navette nous attendant, se transformant en petite inquiétude pendant les quinze minutes suivantes où notre petit troupeau se sentait abandonné – retour – flemme – constat que mon nouveau petit appareil de poche est tout de même beaucoup moins bon que le gros (bien mon cher aussi) surtout pour les prises de vue de nuit...
si vous avez le temps (même si c'est plus enlevé que l'interprétation que j'ai écoutée, et si cela dure une heure de moins ou un peu plus d'une demi-heure de moins en décomptant l'entracte) un bel enregistrement dont j'ignore une fois encore quels sont les interprètes dont, préparant ceci, lisant un peu de l'île de la raison, qui en effet n'a rien à voir, j'ai écouté une bonne partie ce soir https://youtu.be/-Kmn4qfPGck


2 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Bien content du galop que vous avez effectué pour entendre ce musicien vénitien... Il est vrai que l'art de cette époque a gardé le charme et la fraîcheur (comme pour Vivaldi, par exemple) du temps des gondoles (et non des immeubles touristiques flottant dans la lagune) d'une ville qui cherche à se défendre contre toutes les atteintes dont elle est victime.

Mais s'il ne resterait que la musique... ;-)

Brigetoun a dit…

et Dieu sait quel a du mal (y compris, en dehors même des monuments flottants et polluants, avec les locations réservées aux touristes et l'exil forcé des vénitiens moyens
mais oui restent la musique, des fenêtres ouvragées et les Tiepolo avec leurs amis-ennemis