mercredi, février 06, 2019

Une marche interrompue et un concert

émergée un peu tard d'un doux sommeil, un petit tour internet, une maladroite presse pour me préparer,
et un départ sous le bleu frais d'un pas que je voulais ferme pour rejoindre le cortège de manifestation accompagnant la grève de ce 5 février
un regroupement qui m'a paru assez fourni, et qui était joyeusement bigarré, mêlant gilets jaunes et syndicalistes de Sud, de la CGT, de la CNT et d'autres, et PCF (organisations des non organisés, syndicalistes et politiques qui pouvaient d'ailleurs se trouver réunies en une seule personne)
seulement petite vieille, qui se demande à quoi lui sert de prendre du poids, peinait à persuader carcasse d'être solide, habile (les photos étaient ce qu'elles pouvaient)
et sentait le monde devenir un rien instable… 
alors avant même le quart du trajet, elle a salué les marcheurs les plus proches d'elle, s'est assise un instant
et puis s'en est revenue sur ses pas, a franchi les remparts, a regagné l'antre en faisant petit détour pour trouver un pèse-personne à acheter (il semble qu'il faille maintenant sortir des remparts et gagner une des zones commerciales pour cela...)
jour quiet, longue sieste (suis toujours en hivernage)   
et puis, dans le soir descendu, ai enfilé pantalon de laine brune, chandail merveilleusement trop grand et chaud d'un jaune de poussin palot, un manteau, un bonnet et m'en suis allée attendre une fois encore la navette (me prenais pour une princesse à l'encombrant équipage, nous étions trois passagers et les deux derniers sont montés au dernier arrêt avant le théâtre)
vers l'opéra Confluence à moitié vide (les avignonnais ont un problème avec la musique de chambre), et deux beaux quintettes interprétés par le Quatuor Varèse et Pierre Génisson clarinettiste,
Un moment de clarté, de bonheur, avec celui en la majeur de Mozart écrit avec admiration et amitié pour le clarinettiste Anton Stadler – la tendresse enjouée de la musique, la sensualité simple de la clarinette, la spiritualité du larghetto (second mouvement) la danse naïvement mutine du début du 4ème, en contrepoint de la cruauté spirituelle de Cosi fan tutte composé à la même époque
et, puis après un entracte en oloé improvisé pour noter des idées que vais laisser dormir un peu pour le 7 de l'atelier d'hiver de François Bon, le quintette en si mineur de Brahms, composé avec d'autres pièces pour clarinette (trio et sonates pour piano et clarinettes) après l'écoute admirative de celui de Mozart... seulement les temps ayant changés et les deux hommes étant différents, c'est avec lui le charme prenant du romantisme douloureux, le rôle accru du violoncelle dialoguant avec la clarté des violons et de la clarinette...
un bis avec un peu de Brahms,
un retour à trois dans le bus, le chauffeur me déposant la première sans qu'il soit besoin que je lui indique l'arrêt et un petit vent froid dans le nez sur la place.
Pour vous aider à en avoir une idée, vous propose, faute d'avoir enregistrement de ce que nous avons écouté,
pour le quatuor Varèse un mouvement d'un quatuor de Mozart
pour Pierre Génisson un peu de Saint-Saens
pour le programme l'adagio du quintet de Brahms

10 commentaires:

casabotha a dit…

une marche interrompue pour un concert

Dominique Hasselmann a dit…

On dirait, en regardant cette manifestation, que quand il n'y a aucun flic, tout se passe bien...

Faut-il porter un chandail jaune pour aller au concert ? En tout cas, Mozart et la clarinette forment toujours un couple inséparable... :-)

brigitte celerier a dit…

qui avait lieu plusieurs heures plus tard… ça ne colle pas

Arlette A a dit…

Belle écoute et surtout admirative de ressortir vers le soir Tout est dans l'organisation et la motivation je crois

brigitte celerier a dit…

Dominique, j'avoue que n'y avais pas pensé ! bon ça faisait au moins un gilet jaune heureux…
et oui pour Mozart mais Brahms était à la hauteur aussi… quel dommage pour tous les absents (mais ça m'a permis de choisir ma place

brigitte celerier a dit…

Arlette pas exactement pour la motivation.. étais tout autant ou plus motivée le matin, mais il faut croire que je ne savais pas ce qui était bon pour moi

jeandler a dit…

Tout se termine en musique, encore faut-il savoir la choisir.

brigitte celerier a dit…

Pierre encore faut il avoir de l'offre

Claudine a dit…

Il y a 30 j'ai même acheté une clarinette quand j'ai entendu le fameux concerto de Mozart #follejeunesse

brigitte celerier a dit…

BRAVO même si je ne jouait ou chantait pas incurablement faux, ne l'aurais osé moi qui n'ai pas assez de souffle pour tirer un son d'un sifflet