vendredi, mars 15, 2019

J'abuse

Matin entre supplique et petit espoir puisque la malade aimée étant, au prix de longs soins pénibles, arrivé à ce qu'une opération puisse raisonnablement être tentée, m'a envoyé un peu avant huit heures un message au moment où la préparation pour le bloc commençait... matin où toutes nouvelles me parvenant du monde appelaient pitié, navrance ou colère ou tout cela ensemble... ai fait ce que pouvais, remis deux fois un cigare dans la boite et me suis moquée de moi.
Eu le temps de constater que le soleil descendait presque jusqu'à mon crâne, enfin un presque de bonne taille.. avant que le ciel le voile, réalisé que le concert à dix neuf heures pour lequel je sortais jupe et fin chandail un peu plus raffinés que mon pantalon de velours et gros flocon jaune n'avait lieu que lundi... me suis moquée de moi
Mais, comme j'étais incapable de trouver, après deux tentatives avortées, une idée pour les cosaques des frontières, comme je doute de plus en plus de répondre à la dixième vidéo de l'atelier du tiers livre, ai regardé le reste des photos prises, un peu beaucoup à la va comme je pousse, dans le musée Vouland proprement dit, https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_Louis_Vouland, en ai jeté la moitié qui faisaient vraiment trop injures aux bois, aux tapisseries, aux bronzes (voir le salon ci-dessus gardé comme témoin) pour les enregistrer dans un album, et puis finalement les colle ici...
pour les faux sacs de Yuan Chin-taa (2007) qu'il nomme «mode»
pour rien d'autre que le plaisir d'une essence de bois,
ou pour les ivoires d'un cabinet surmonté d'une nouvelle version (2013) de « la culture du thé » où les théières portent des as
pour les faïences (parce que si je le pouvais j'en aurais collection grande) de Moustiers ou autres (Marseille et Lyon), les vitrines des deux salons verts et le grand panneau « chaises musicales » de 1006 qui a squatté un panneau
pour le joli raffinement d'un déjeuner de voyage et la finesse de la feuille du « grignotage » de (1982)
pour, dans un autre salon, une nouvelle version de « culture du thé » et sur le bureau la version (2011) de Yuan Chin-taa du « nouveau classique des monts et des mers » - sur le catalogue de l'exposition de Lodève La lecture de ces textes anciens ainsi reprise est complétée par une incursion dans l’œuvre au lavis toujours aussi libre ; elle fait parfois apparaître, à sa façon, des séquences privées sur le corps. Geste d’artiste, ce livre est complètement pensé et construit. « Le format libre de la reliure en plis est tout à fait adapté à une lecture en séquences de mes œuvres » précise Yuan Jinta « tout comme chaque page ou diptyque se prête bien à l’indi- vidualisation d’un thème particulier ». Perfectionniste, Yuan a choisi dans la vaste gamme des papiers Chine, un support de type Xuan, qu’il a contrecollé sur deux épaisseurs
pour la présence, dans la chambre rouge, à côté du lit qui fait partie de la collection du musée (ne suis pas toujours d'accord avec les choix de Louis Vouland collectionneur quand il s'agit de l'extrême-orient... j'ai tendance, mon goût ayant été formé par ma grand-mère qui fut très jeune femme à Pékin en 1919-1920, à préférer des époques plus anciennes), de la belle sensualité de « tel le jade elle irradie le livre » de 2008
Et puis, après avoir ajouté une photo en souvenir du ciel qui régnait cet après-midi là sur la ville
je réalise que j'ai oublié ces deux petits panneaux, dans un coin, qui font partie de la donation au musée de Madame Françoise Dautresme d'une partie de la collection de son cousin François Dautresme, (comme à Lodève où les pièces données au centre culturel constituent depuis 2018 le musée chinois du quotidien) parce qu'ils m'ont arrêtée et que j'ai aimé le cartouche qui, sous l'intitulé « gebei, les collages de textile de rebut », précise
Lors de ses repérages pour l'acquisition destinées à la vente ou à ses collections FD a découvert le travail des femmes à partir de récupération de tissus de toute sorte, de bannières de propagande ou d'unité de travail chinoises à de somptueux morceaux de soie. Les fragments de tissus recyclés étaient collés sur plusieurs épaisseurs à la colle de riz, en rectangles semi-rigides.
Ces tableaux abstraits (à deux faces) aux yeux des occidentaux, étaient en réalité destinés à être découpés pour former des semelles. Mais le point d'exclamation qui suit me semble de trop, cette utilisation me paraissant parfaitement sensée, et non moins parfaitement digne de l'intelligence pratique et artistique des chinois.
Pardon demandé, promis j'en ai fini avec cette petite exposition.


PS et ce soir suis dans la joie...

10 commentaires:

casabotha a dit…

vous avez un cœur gonflé au gaz généreux

AB a dit…

Joie de vous lire, toujours

brigitte celerier a dit…

casabotha, AB, j'espère bien être normale (pauvre vieux coeur)

Claudine a dit…

pensées pour la convalescente
je volerais bien ce faux sac et le jeu de cartes

Arlette A a dit…

Comme tout ça me plait Merci et "coeur gonflé.". .Aime beaucoup c'est très vrai

jeandler a dit…

Le cœur alerte, un charmant parcours, tout en joie de vivre.

brigitte celerier a dit…

Claudine merci (un peu fragile le sac)

Arlette et Pierre, pas très sûre qu'un coeur gonflé survive longtemps

Dominique Hasselmann a dit…

Content que vous soyez rassérénée finalement...

J'aime ces livres pliables : à quand leur version sur Internet ? :-)

brigitte celerier a dit…

Dominique, il y en avait deux chez mes grands parents (n'étaient pas dans le garde-meuble qui a été bombardé, parmi les quelques restes de leurs objets et meubles chinois) qui célébraient les sages et philosophes
mais pour internet : mon écran n'accepterait pas de se plier ainsi

Luc Comeau-Montasse a dit…

Plaisir des yeux
sans des faïences