dimanche, juillet 07, 2019

Avignon – jour 2 – ville trop vide et sage mais deux bons spectacles

Bon alors tout de suite, humeur un peu triste parce que je trouve que la ville l'est un peu... impression partagée par l'ami Michel Benoît, les commerçantes de la rue Joseph Vernet et des distributeurs de tracts, beaucoup moins de monde que de coutume, j'ajoute et beaucoup trop de gens baladant l'air que l'on peut avoir en sortant d’un conseil quelconque pas très satisfaisant -- mais on ne le montre pas et l'on reste digne et impassible --, ce qui me donne une envie folle de faire l'andouille ce que je fais parfois (dans l'attente du bus en début d'après midi sous le cagna ça a marché et nous étions une bande d'amis, bon suis restée debout mais ça ne fait rien, et une fois qu'ils sont entrés dans le jardin ou la salle d'un théâtre ils deviennent d'une courtoisie exquise). Ayant jeté mon désarroi sur le blog... disons que j'ai vu deux bons spectacles, dans l'absolu, avec plus de plaisir personnel dans un cas.
Ce matin retour au Théâtre des Halles (y serais allée de toutes façons parce que c'est mon refuge qualité presque certaine, et y retournerai sans doute en fin de festival, mais en outre j'ai profité de l'offre d'un prix réduit sur les spectacles pendant les trois premiers jours) – à onze heures cette fois, dans la minuscule chapelle (avec ma place au premier rang à côté d'un autre « canné » pour le nouveau spectacle de Jean-Baptiste Astre et Hiam Abbass monté en coproduction entre les Halles et le Théâtre Liberté à Toulon, qui, après l'année dernière Bernanos et la France contre les robots interprété par Jean-Baptiste Sastre, avaient cette fois choisi, pour Plaidoyer pour une civilisation nouvelle, Simone Weil avec des lettres (au directeur d'une usine en grève, lettre publiées sur le journal de la société – et puis au père Perrin) et  – j'ai retrouvé mes conversations muettes des soirs de juin avec elle, entre accord admiratif et quelques contestations – l'enracinement interprétés par Hiam Abbass qui, si elle n'a pas vraiment de ressemblance physique avec la philosophe, a l'intelligence nécessaire et y ajoute une touche de fragilité avec parfois des hésitations pour trouver les mots, appuyée par la musique et les chansons occitanes anciennes de Michel Lacombe... et puis il y a ces panneaux qui semblent badigeonnés de blanc et bleu pervenche très pale, qui sont le seul décor et baignent le petit choeur de la chapelle dans une lumière infiniment douce créée par la bioluminescence de bactéries venues des abysses, oeuvre de Fabien Verfaillie (Docteur en écologie), Marcel Koken (Docteur en biologie moléculaire) et de la très jeune Dominique Borrini.
Plaisir grand, applaudissements, retour, sieste courte
et départ en mitan d'après midi vers la Fabrica en décidant à l'aller d'éviter la trotte dans la chaleur (et comme le bus était en panne – sans importance, nous étions très en avance) l'opération lien social dans la petite foule qui s'échauffait légèrement –
une attente longue dans le jardin, un bon thé (j'ai compliqué la tâche des serveurs qui s'en tenaient à l'eau glacée, à la bière et aux jus de fruit) pour attendre, un sixième rang qui s'est transformé en premier rang, bien se caler et attendre d'assister en compagnie de Py et Jacques Lang notamment (suis tombée sur eux) le Pelléas et Mélisande de Maeterlinck
(et là aveu... j'aime la poésie, souvent l'intelligence de ses textes - ceux que j'ai rencontrés -, je reconnais que – histoire « tragique » oblige – Pelléas retient plus facilement l'attention que je ne sais plus quelle grave et belle pièce donnée ici il y a quelques années, mais j'ai une petite réserve craignant que tôt ou tard la latine en moi réagisse et s'enfuie dans un autre monde) seulement, de la façon dont Julie Duclos le met en scène et dirige les acteurs j'avais entendu le plus grand bien  aux Halles le matin.
photos Christophe Raynaud de Lage pour le festival
Et oui le jeu entre vidéos sur grand rideau ou sur une partie du premier étage du décor, ou filmé en direct et – prédominante – l'action sur le plateau, le praticable que l'on déplace, l'affairement acteurs et assistants pour modifier le décor rien de ceci ne semble artificiel et inutile, et donc ne l'est... oui certaines phrases sont d'une grande poésie (passé la fadeur de certaines expressions) oui les acteurs sont tous très bons (et si j'avais une très légère préférence pour celui qui joue le grand-père ce n'est pas qu'il soit meilleur cela tient au personnage le seul capable de ressentir et partager une chose qui se nomme tendresse (pas par moralisme mais je suis de plus en plus sensible à cela avec l'âge, étant entendu que des salauds, ce qu'il n'est pas ,peuvent en être capable) – en fait tout ceci pour dire que j'ai le plus grand mal à supporter durablement Mélisande qui me semble dépourvue de ce qui fit une héroïne tragique (je ne dis pas dramatique) et oui malgré tout cela j'ai aimé...
sur quoi suis rentrée à pied, me suis énervée pour une sottise sans rapport et j'ai eu le plus grand mal à noter ceci (pardonnez moi, si le pouvez, la prolixité creuse)


15 commentaires:

casabotha a dit…

c'est jouissif de vous sentir aussi en verve

Brigetoun a dit…

euh.. tant mieux

jeandler a dit…

Faut-il organiser une braderie ? Deux représentations pour trois feraient la nuit des rois.

Brigetoun a dit…

pas au théâtre des halles (quoique le chapiteau n'était pas plein le premier soir) c'est en gros un incontournable

Brigetoun a dit…

effacé malencontreusement ce commentaire d'Arlette Arnaud
"Faire ..l'andouille ?? Tu fais quoi ? Merci pour ta verve AA "
à quoi je pourrais répondre, je supprime par erreur… non en fait je fais et dis n'importe quoi et il y a quelqu'un pour réagir.. c'est parti

cjeanney a dit…

j'aime quand le dimanche commence comme ça :-)))))))))))))))))

Brigetoun a dit…

ben tant mieux (ici ce fut grêlons, roulé-boulé hors du lit parce que n'arrivais pas à me lever, verticalisation sans élégance, et main sur le côté (dernière lubie carcasse) mais aussi décision de trouver que la ville est joyeuse tous les vélos intelligents (parce que oui il y en a de charmants) et les gens non méprisants ou grassement vulgaires) - bon si je ne suis pas positive après ça (sourire)

Dominique Hasselmann a dit…

On dit (d'après un livre sur Satie qui vient de paraître) que Debussy aurait piqué son idée au musicien des Gymnopédies concernant le livret de Maeterlinck...

Je l'ai vu à l'opéra Bastille, extra.

Si Avignon a moins de monde, c'est enfin parfait ! :-)

Brigetoun a dit…

Dominique, cher ami… décidément sommes pas d'accord là, ce qui n'a pas d'importance !

Brigetoun a dit…

Dominique, par contre, sur la musique de Debussy OUI (et la poésie de Maeterlinck aussi mais suis incurablement critique avec honte de l'être en ce qui le concerne-

Claudine a dit…

rien à dire, sauf le plaisir de vous suivre...

Brigetoun a dit…

oh zit ! renter crevée, contente, j'ai faim et du coup j'ai supprimé le commentaire de Godard que j'aimais bien
"Si vous avez encore l'occasion de rencontrer Jack Lang et de lui parler, remerciez le pour ce qu'il a été, beaucoup moins pour ce qu'il est devenu. Les ministres de la Culture qui lui ont succédé, dont le dernier, petit télégraphiste de Macron, ne font qu'appliquer la logique néolibérale, à savoir que la Culture n'est qu'un sous produit de la consommation. Cette carence éducative de l'Etat explique peut-être en partie la baisse de fréquentation au festival. "
réponse
jz rencontrais ou plutôt croisais dans des salles de spectacle, souvent à Paris Jack Lang et ne lui parlais pas depuis qu'il était devenu ministre et politique en vue (mais je pourrais lui dire ce que vous suggérez) - ce qui m'a amusée là ça a été je ne sais pas pourquoi un petit flash de temps plus anciens, à Avgnon quand je venais avec les Cemea et que lui état à Strasbourg (ne se souviens certainement pas de moi - sourire)

Brigetoun a dit…

Claudine, merci

Godard a dit…

En fait,je sortirai de ce lot de médiocres,Jacques Ralite qui fut un ministre de la Culture plus qu'honorable.

Brigetoun a dit…

Godard, d'accord encore ! jusqu'à continuer à oeuvrer après l'avoir été