samedi, juillet 25, 2020

Cours et concerts


Orage oublié

rues tranquilles du matin

où nous nous croisons

une heure et demi avec un très débutant en français, Yaya, qui est rapide pour le calcul mental (pas encore vraiment multiplications) et un juste un peu moins débutant en français, Passcal – avec deux s, il y tient – qui apprenait l'existence des soustractions, et cette chance : ils s'entendent bien et se sont promis mutuellement aide pour quelques exercices jusqu'à mardi

retour joyeuse vers une heure, cuisine, déjeuner et une très longue sieste...

avant de partir vers six heures vers le Palais,

de gagner le cloître, pour un concert donné par le choeur de l'opéra – un très agréable moment, avec des musiques qui majoritairement m'étaient connues et aimées (quelques exceptions) avec le plaisir du visage raisonnablement nu, et pour de temps à autres ne pas scruter trop attentivement le corps chantant de la charmante jeune femme près de moi, de suivre, avec un regard juste un peu en biais une assez formidable femme à la fois digne et spontanée et sa façon de suivre la musique, d'échanger des sourires, des frémissements de pieds ou de bustes – programme Verdi (2), Donizetti, Mascagni, Saint-Saens (3), Chausson,

un chant corse par un quatuor de voix (et là d'instinct je creuse mon estomac pour un chant muet), un trio d'une opérette viennoise de Kalman (je sais il est hongrois, et c'est peut être ce qui donnait un peu de vivacité charpentée à son choeur,

deux airs de Carmen et deux airs d'Hoffenbach

sortie en reconnaissant à demi (elle avec ma cane et mon balai de cheveux m'avait reconnue pendant que saluais un drôle d'être que n'avais jamais remarqué) une amie Rosmerta, que j'ai abandonné dans la cour d'honneur qu'elle devait quitter par le palais des congrès pour, munie d'un joli petit carton,

monter le grand escalier, refusant en m'efforçant à la civilité, l'aide de deux jeunes femmes qui voulaient me prendre par les bras, alors qu'appuyée sur ma canne je montais lentement, m'arrêtant pour saluer les animaux ou personnages supportant les arcs de la voute, puisqu'avions largement le temps.

Assise sur un banc à côté des chaises des premiers rangs pendant que le public s'installait et tombait le masque, j'ai été prise d'une honteuse bouffée de mauvaise humeur et suis allée m'installer sur un banc au fond pour écouter, tout aussi bien (nous étions quatre y compris le garçon chargé de la porte à, ridiculement, appliquer les consignes) pour écouter donc avec plaisir la symphonie n°2 de Hérold (si j'en juge par le programme, ne l'avais jamais entendue) avec un plaisir plus fort et familier la septième de Beethoven.

6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Les concerts en chaise longue : transatlantique pour la musique !

Le Covid-19 (je ne me résous pas à employer le féminin comme pour les ouragans) aura au moins permis de nouvelles manières d'écoute ou de regard...

Belles photos ! :-)

Brigetoun a dit…

Dominique, les transats c'est pour les retransmissions de pièces filmées... les concerts c'est chaises pliantes
et malheureusement les bons bourgeois mélomanes se pensant au dessus des maladies et de l'attention aux autres pour le second concert, on était très très loin d'une nouvelle façon de se comporter et la musique m'était un peu gâchée par une rage presque méprisante à leur égard, ce qui ne me va pas au teint...
je sens que vais faire des économies si cela ne change pas
le premier par contre un régal de musique et surtout de sympathie mutuelle

arlette a dit…

Aie. .cela me console .. etl'art de devenir ermite je comprends ta mauvaise humeur

Brigetoun a dit…

C'était surtout la suffisance des premiers rangs.. et le saut d'ambiance par rapport au cloître (peut-être une Brigitte vaguement irascible ces temps ci même si se maîtrise)

Claudine a dit…

ah, vous avez baigné dans la musique, quelle joie ! ici, nous sommes libérés après un 2e test négatif.

Brigetoun a dit…

Claudine ça c'est VRAIMENT la joie !