mardi, septembre 22, 2020

Une matinée hors les murs




aux toutes petites heures, refusant de laisser mes yeux se refermer béatement, m'en suis allée vers la gare, ne croisant que deux camionnettes de légumes en cours de déchargement, un camion poubelle, des terrasses serrées comme des poings sur la nuit expirante,


et dans un petit TER quasi désert, en trop courte compagnie des Carnets du nouveau jour de Laurent Margantin http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article4191 (recommandé chaleureusement, pas uniquement pour le côté pratique de son format et sa minceur, et le plaisir de le prendre, quitter reprendre pour les courts espaces de lecture, sourire, parce que Laurent n'est pas et loin de là uniquement un traducteur amoureux de Kafka, Novalis etc...), ai gagné Nîmes, avec la vague idée de profiter, peut-être, éventuellement, on ne sait jamais... de m'offrir une petite visite nez au vent de la ville où n'avais pas remis les pieds depuis cinquante ans.


Plaisir d'une marche lente dans la ville qui entrait dans le jour, 



recherche de la porte du Palais de Justice devant laquelle me suis trouvée seule, me sentant, tout en caressant des yeux les arènes de l'autre côté de la petite rue, un peu minuscule pour soutenir Rosmerta face à l'acharnement de l'évêché (j'étais en avance)

arrivée des premières voitures, avec la bénévole et le garçon qui constituaient la délégation chargée d'incarner le collectif, trois autres garçons (pas certaine du chiffre), la banderole, les slogans sur cartons..

et puis peu à peu, trouvant où se garer, venant de la ville, le groupe (réduit... la rentrée des classes a eu lieu) s'est constitué, s'est préparé à une longue attente puisque nous ne savions pas à quelle heure l'évêché contre Rosmerta était programmé)

Brigetoun, qui se souvient parfois du temps où elle ne tenait pas en place, a fait, lentement, avec arrêts contemplatifs (oh ces pierres si usées que les piles rectangulaires prennent formes de gigantesques olives), le tour des arènes...

Revenue juste à temps pour écouter un garçon lire son texte de soutien-remerciement, après que C. soit sortie pour annoncer qu'à la demande de l'évêché, pour examiner les dernières pièces produites par la défense, le jugement est reporté jusqu'en février ce qui est déjà une fragile victoire.

Et comme il y avait une place dans une voiture, suis allée prendre un café à une terrasse avec des jeunes (enfin disons un peu plus jeunes que moi, mais assez chenus) : deux sympathisants nîmois, trois « référents » (qui hébergent et suivent des mineurs) vauclusiens-proche-avignonnais, et j'ai profité de la voiture jusqu'aux remparts...

sieste, trier photos, et écouter avec mélancolie la voix de Michael Lonsdale (archives France Culture signalées par Dominique Hasselmann https://www.franceculture.fr/emissions/voix-nue/michael-lonsdale-25 etc...)  - demain sera encore très Rosmerta ou migrants

8 commentaires:

mémoire du silence a dit…

Oui, la voix de Michael Lonsdale s'est tue... mélancolie, mélancolie ...

Brigetoun a dit…

nous laisse ses enregistrements (même pour certains au théâtre)

arlette a dit…

Riche journée d'émotions admiration vers toi
Pleure le frère Luc (je crois)

Brigetoun a dit…

pas uniquement le frère Luc et le convertis mais tout autant, ou surtout, tout ce qui a précédé

Dominique Hasselmann a dit…

Merci pour cette balade matinale dans Nîmes (préservée des inondations), les arènes toujours là - et belle manif pacifique (pas de flics en vue ?), février devrait voir une écoute judiciaire plus attentive, on l'espère pour vous !!! :-)

Brigetoun a dit…

Nîmes y a eu droit au déluge cévenol mais ça avait séché !
aujourd'hui les orages c'est pour nous et ça tombe bigrement mal (étape de la marche des solidarités)

Claudine a dit…

beau combat que Rosmerta <3

Brigetoun a dit…

beaucoup pour quelques petits résultats (très quelques, mais c'est dejà ça) et mise à l'abri même si spartiate