lundi, avril 05, 2021

Juste cela


En ce dimanche, le ciel bleu voyait passer des nuages, juste passer... mais en ce dimanche, rituellement,  ne suis pas sortie,


ai pris l'air dans la cour, ai vaqué, cheveux, draps, cuisine, ménage de base... ai augmenté ma pile de repassage, ai bercé une petite culpabilité, ai écouté une conférence de Loïc Capron à l'Ecole des chartes sur « la très salubre Faculté de médecine de Paris » de Guy Patin et une émission de La Consult' « Eh Manu tu confines ? Wa pourquoi faire ? » https://www.twitch.tv/videos/970231686 (du coup pour la première fois j'ai écouté, avec retard, Macron, mais en essayant de lire les réactions avant d'écouter celles du chirurgien)


Me suis demandé, quid pour Paumée... 


et ma foi en reste à mes deux lectures de la nuit pour faire suite au billet précédent. Enfin pas tout à fait de la nuit, parce que dans le paquet-cadeau le premier livre que j'avais ouvert, vendredi soir, et qui était déjà posé sur la pile petits livres de poésie, c'était, publié par Les Carnets du Dessert de Lune, parce qu'il était joli, parce que mes yeux avaient été attirés par le nom de Sylvie Durbec dont j'aime la poésie mais aussi les dessins (j'en ai d'ailleurs un acheté à l'ancienne responsable de la Maison de la poésie d'Avignon dans une petite vente pour renflouer la librairie-théâtre, et il est ici, sur le mur jaune, un peu plus haut à gauche) mais dans ce petit recueil « Quand le vent chante » elle se borne à illustrer les courts poèmes de Pierre Soletti


«Quand le vent

chante

les vaches

se tiennent

aux herbes

par les dents»

et puis, lu dans sa forme définitive et sur papier, « Pavé » présenté ainsi sur la librairie de tiers livre https://www.librairie-tiers-livre.store/collectifs-autres-auteurs/pav «une expérience collective (commentaire BC assez réjouissante), plus de trente auteurs, rassemblés en un soir sur une page Framapad (commentaire BC et échangeant via Zoom) pour une écriture sur le thème de l'insurrection..»... J'en prélève un paragraphe, assez bref, dont je ne sais plus qui en est l'auteur et s'il a été très activement remodelé par les interventions des autres participants ou si, comme les miens, il était trop intéressant ou plutôt trop parfait (bien entendu) pour ne pas demeurer quasiment intact, qui, quoiqu'il en soit, se tient là compact, imagé etc... qui me plait

«Foule reptile. Foule reptile éventré répand têtes brûlées et son sang-froid dans les arêtes pontées de la ville. Ondule une houle la foule à l'unisson, chaque pas s'emboîte sur les pas de l'autre, le même souffle, les mêmes mots, scandés, imités, rabachés. Serpent à mille têtes, aveugle. Peau multicolore du serpent, mosaïque des gens. Mouvements du serpent qui se lève désire et sait où il va. Orchestration sans chef d'orchestre. C'est Foucault qui l'a dit. Foule reptile n'a pas de visage n'a pas d'yeux. Foule qui susure et s'envenime, distille fiel et venin.»

2 commentaires:

Arlette A a dit…

Merci de m'échapper du chambardement petit enfant ..et lire avec toi pour calmer l'esprit vide !!!paradoxe existentielle (rires épuisés )

Brigetoun a dit…

repose toi... puis pense "quelle merveille !"