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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

samedi, août 07, 2021

Écrire pour l'atelier, un circuit, recours à l'atelier


Terminé ce matin mes paragraphes autour du clocher des Augustins pour répondre à la proposition #P6 de l'atelier d'été de François Bon – une lourde sieste, et puis masque orange sur nez, robe à courants d'air, chapeau et canne, m'en aller pour un petit tour d'environ une heure


boulevard de la Ligne, la robe, la nuque, le crâne sous le chapeau entraient en fusion, traverser, laisser passer deux voitures qui franchissaient l'étroite porte de la Ligne, les suivre, continuer par la rue Palapharnerie, rue Ledru Rollin enfiler mon coude gauche dans une fenêtre ouverte, poser ma canne sur mon pied gauche posé sur mon pied droit pour laisser place à une voiture, reprendre


un clin d'oeil au clocher des Augustins,



et par la rue du portail Matheron, la rue Carnot, la courte rue du Général Leclerc (à Avignon il n'a pas eu droit à une longue rue, mais elle est relativement large), la place Pie, la rue Petite Meuse, la rue de la Bonneterie, la rue Rouge, la place du Change


gagner la place de l'horloge et dégringoler vers l'antre... écouter la proposition pour le #L7 de l'atelier, la lire, suivre discussions à retardement, même si je crois avoir fermement décidé d'en rester au texte envoyé ce matin, et reprendre ma contribution au #P5 qui avait comme point de départ un passage d'Artaud (P pour progressions : des fragments avec consigne, ce qui me tente toujours bien davantage que l'idée de faire un livre)


À côté

Un vide dans cette chair – je dis moi – et un flot qui monte

n'être rien à nouveau après un temps d'illusions, et qu'importe sa longueur, n'être que quelque chose où se perce un trou, une fontaine par laquelle monte on ne sait quoi, des mots qui savent encore se refouler, des poisons crispant muscles ou des larmes qui restent au ras, en remous étouffant, faute de savoir à quoi s'accrocher dans le vide.

Mains crispées, yeux sur but, maintenir jambes et aller vers un abri hors de la rue

sentir que cela vient sans pouvoir l'empêcher, sucer frénétiquement une pastille Vichy, mêler sa fraîcheur au goût métallique de la salive, suivre la montée de l'angoisse noire, enfouir un poing dans une poche, cacher l'autre comme on peut, admonester jambes, aller plus vite que la crispation totale, le cœur se serre, dresser tête, respectable.


 

4 commentaires:

mémoire du silence a dit…

Ô ! que tout cela est beau... photos et mots, merci...

Votre texte de participation m'a particulièrement touchée, et émue... vos mots si justes pour dire le sensible, le troublant de cet état d'être intérieur... en les lisant j'entendais votre voix si particulière qui me les disait. ... oui, troublant, que dire ?

Brigetoun a dit…

moi je dis MERCI

Claudine a dit…

quelle force décrite dans cet état intérieur...
et quelle bonne publicité pour les pastilles!
émotion et dignité devraient faire bon ménage pourtant, au lieu de ce bras de fer

Brigetoun a dit…

Claudine, je pense que parfois on ne peut que chercher abri hors vue et canaliser avant...