lundi, novembre 22, 2021

place Pie, place de l'horloge

 

une envie de bleu

dormait dans le ciel absent ;

je lui souriais


matin cheveux, ménage, avancer texte et départ dans ce neutre qui tentait d'effacer la lumière des feuilles pour être à 16 heures place Pie pour une rencontre rapide avec un faux petit-fils puisque ne serai pas à Avignon le week-end prochain (en fait le dimanche si, mais en prenant rendez-vous je ne le savais pas)


j'étais comme toujours ou presque en avance, et lui, qui est toujours d'une ponctualité admirable, a eu un ennui de vélo... ai arpenté la place sous l'oeil des petits vieux, fesses sur banc, menton sur canne, pendant une demi-heure...

J'ai grogné en souriant, abrégé la rencontre, persuadée que j'étais que le spectacle de l'après-midi était à 17 heures... et j'en suis navrée parce que j'ai réalisé en chemin que c'était une heure plus tard, suis repassée par l'antre, ai cherché pendant une demi-heure des pistes pour le français langue étrangère, afin de tenter d'être moins paniquée lundi... pistes à creuser...


et suis repartie vers l'opéra pour grimper au troisième balcon, aborder ma place en contournant la difficulté d'accès pour tranquilliser la jeune ouvreuse... assister au « Requiem (Sià Karà) » une idée de Radouanne El Meddeb (chorégraphe) et de Matteo Franceschini (musicien) musique électronique enregistrée (sur une commande de l'Orchestra Haydn di Bolzano y Trento) – ballet de MiCompañia Susana

sur le programme que je recopie, incapable d'en parler même si j'ai aimé la musique à condition de ne pas trop penser à Mozart (source d'inspiration revendiquée) à part quelques tempi et l'irruption à un moment du son un peu déformé de violons, malgré l'inconfort grand venant d'un voisinage que voulais fuir (agacée par l'envahissement de cette statue de mama italienne – mais une qui ne serait pas toute humour et générosité, si c'est possible – plantée assise comme les statues de basalte de Gudea, et son masque installé avec une conviction bovine sur son menton) et d'une colonne qui si je m'écartais de la position frontale s'interposait entre moi et la scène, j'ai donc assisté à l'ensemble sur une fesse, appuyée sur mon bras gauche planté sur l'escalier d'accès et mon cou et mes épaules suivant autant que pouvais... bon ça allait (simplement furieuse contre ma voisine qui sans applaudir s'est levée à la fin et sortie en écrasant les pieds de quatre personnes)

« Requiem (Siá Kará) naît au croisement de maintes rencontres, et déplacements.Le compositeur Matteo Franceschini a désiré épouser les puissances inentamées qui lui parviennent depuis le Requiem de Mozart. Son art est celui-ci. Non procéder à des réécritures de chefs d’œuvre de l’histoire de la musique. Mais les réentendre. Se transporter à l’appel de leur suggestion. Au-delà, dans un présent de devenirs. Electronique comprise. Son lien est intime avec l’œuvre de Mozart. Il la défait du texte liturgique, du chœur vocal, alors même qu’un chœur chorégraphique, une foule d’aujourd’hui, est ici convoquée.
Le chorégraphe Radhouane El Meddeb, quant à lui, déplace son art, au contact d’un autre continent. Demeurer singulier, tout en osant l’altérité. Ici la danse a entendu l’appel des interprètes de MiCompañia, que dirige Susana Pous à La Habana, explorant des gestes neufs, par-delà les héritages. « Siá Kará » entend-on dans les rues de la capitale cubaine. « Arrête de te plaindre ». Allons de l’avant. Au quotidien cubain, un avenir se soulève, dans un passé disparaissant au présent. A ces artistes, le chorégraphe a adressé la musique renouvelée du Requiem de Matteo Franceschini. Le chorégraphe y invoque le rassemblement et le rite, quand le cycle de la vie forge de nouvelles pensées, des renaissances, l’invention d’autres rapports entre les hommes. Cet élan dans la suite et le débordement fait dialoguer les deux auteurs, le chorégraphe et le compositeur ».
 Gérard Mayen


retour... me battre avec mes doigts et la machine pour ce bidule, en écoutant des suites de Marin Marais.

12 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Oui, étrange comme la nuit tombe si vite (à 17:30 sur Paris) alors que l'on a des souvenirs de journées d'été encore claires se terminant à 22 heures...

Opéra et chorégraphie cubaine : voyage dans le temps sans formalités multipliées d'aéroport ! :-)

Brigetoun a dit…

oui cette nuit qui vient de plus en plus vite (et nous rend à l'habitude du confinement ou presque).. et oui suis adepte du voyage virtuel

arlette a dit…

Original .. tout autant entre la statue voisine etla colonne qu'aucun "sortilège " n'estvenu me charmer car différents impromptus m'ont fait perdre ce spectacle Ravel ne l'a pas su (sourire en coin) Désolée

Brigetoun a dit…

Arlette, navrée pour toi !

jeandler a dit…

Elle repartira la nuit . . .mais peut-on l'estomper ?

Brigetoun a dit…

Pierre nous entrons en principe en des temps de vertueux retour à la nature, donc n'estompons pas... enfin juste ce qu'il faut pour une sécurité des déplacements

mémoire du silence a dit…

De l'envie de bleu
à Marin Marais
je prends tout
merci

Brigetoun a dit…

Maria, même ma voisine au théâtre ?

mémoire du silence a dit…

même :-)
ce sont les aléas
(sourire)

Brigetoun a dit…

oui (sourire itou)

Claudine a dit…

aléas et mama, heureusement qu'il y a Marin Marais pour finir en beauté

Brigetoun a dit…

et légèreté