dimanche, novembre 21, 2021

Stupide timidité

Je me souviens du plaisir il y a des années de la visite d'ateliers ouvrant leurs portes dans mon ancien quartier à Paris, rue de Charonne, rue du Faubourg Saint Antoine, rue de Lappe, rue de la Roquette etc... où je me promenais avec émerveillement, parfois ennui, toujours une assurance décontractée, dans la légère effervescence de ces journées... je me souviens de visites d'atelier ici aussi, à Avignon, et de quelques rencontres brèves plutôt agréables... j'avais vu que ce week-end une association de peintres, calligraphes, sculpteurs... avignonnais ouvrait à nouveau ses portes http://avignonateliersartistes.org/ .. ai eu envie de faire un tour, limité à une partie des ateliers intra muros... me suis installée pour écrire ma contribution à la dernière proposition de l'atelier de François Bon et cela coulait presque bien mais cela promet d'être long et me suis interrompue pour faire cuisine, déjeuner en lisant le Monde diplomatique, m'interrompant par moments pour penser à mon projet de l'après-midi, constatant que mon envie s'abimait sous les coups de ma certitude que je n'en serais pas capable, pas à la hauteur, inutile et encombrante, incapable de dire quoi que ce soit qui ne soit stupide et bien entendu d'acheter quoi que ce soit, ce qui autrefois ne me gênait pas...


me suis gendarmée, ai fait une courte liste d'atelier, juste ce qu'il fallait pour marcher suffisamment avec le plaisir des œuvres en plus, et m'en suis allée, suivant, croisant les avignonnais dans leur promenade du samedi

suis entrée 81 rue de la Bonneterie chez Marc Galeazzi dans son atelier boutique encombré de tables, établis, de sa presse, des caractères d'imprimerie, de sa gentillesse qui heureusement était sollicitée par deux dames, et n'ai bien entendu pas oser photographier quoi que ce soit ni vraiment fouiner


l'atelier du 79, chez Emmanuelle Gras https://avignon-arts-contemporains.com/emmanuelle-gras/ semblait un univers si clos sur lui-même que personne semblait-il n'osait y pénétrer et j'en suis restée au coup d'oeil sur les vitrines.


J'ai pris la rue d'Amphoux, suis redescendue rue Thiers jusqu'au 10 chez Julie Boux qui semble-t-il abritait une ou deux autres artistes dans une joyeuse ambiance amicale, ai fait un petit tour, hésitante, ai dit deux ou trois mots stupides comme prévu, souri, remercié, suis sortie.


Place Pignotte me suis arrêtée, sous l'oeil de quelques jeunes assis de l'autre côté de la place sur les marches d'un perron, devant la porte close de Virginie Cadart-Travadel et n'ai pas osé sonner et monter... me traitant d'idiote mais ne pouvant pas oser, d'autant qu'il est difficile de contempler une calligraphie en silence sous les yeux de son auteur https://avignon-arts-contemporains.com/virginie-cadart-travadel/

ai continué jusqu'à la rue du Portail Matheron, reculant devant la porte d'Amélie Joos http://ameliejoos.blogspot.com/ dont je connais et j'aime bien l'oeuvre, les fenêtres éclairées évoquant une assemblée amicale...

mais suis entrée avec plaisir chez Marie Masson https://www.marie-masson.net/t4-compositions-abstraites ou https://www.marie-masson.net/t3-marines, parce que j'en ai souvent envie en passant devant son atelier-galerie quand vais à Rosmerta, ai pu sortir quelques phrases, et surtout montrer je pense que j'aimais ce que je voyais, mais pris la fuite assez vite parce qu'elle accueillait trois autres artistes, assis autour d'une table et que la timidité est revenue m'assaillir.

Rue de l'Oriflamme à nouveau j'ai hésité devant la porte d'une calligraphe https://christine-dabadiefabreguettes.fr/...


et considérant que la cause était entendue et perdue, j'ai erré un peu, au hasard des rues un peu en lisière de l'animation, et suis rentrée sous le ciel qui palissait.. Ne saurez pas grand chose des 30 ateliers intra-muros ni des autres.

17 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Les tags sur la porte de l'atelier de la calligraphe font sans doute partie de l'ensemble...

Ces ateliers restent logiquement plus ou moins ouverts, il suffit de savoir qu'ils existent, non ? :-)

Brigetoun a dit…

mais en temps normal je me sentirais encore moins légitime (sourire)

jeandler a dit…

Aérer sa timidité, cela permet au moins de rêver à ce qui aurais pu être.

Brigetoun a dit…

sage Pierre tu as raison

Godart a dit…

Quelle énergie ! Me concernant, la seule lecture du Monde Diplomatique me laisserait sur le flanc pour la journée.

mémoire du silence a dit…

C'est bon la timidité
et les timides charmants

vos photos or sur ciel bleu sont d'une grande beauté

Brigetoun a dit…

Hodart, je procède par petites doses, deux ou trois articles par repas (sourire)

Brigetoun a dit…

Maria c'étai beau (bon aujourd'hui ce ne sera pas même)

cjeanney a dit…

(tout ça ouvre quand même les yeux bellement et c’est ce qui compte) (et puis est-ce qu’il n’y a pas une forme de pudeur dans cette timidité là, aussi)

Arlette A a dit…

Déjà entrer ...et se laisser prendre ou non.Souvent des découvertes et des rencontres une fois le premier pas franchi Me suis souvent laissée séduire

Brigetoun a dit…

Chistine, Arlette, merci... je croyais être un peu guérie, je remplace la timidité de l'ado mal dans sa peau par celle de la petite vieille (sourire) faire avec

Claudine a dit…

Ah donc on ne s'en débarrasse donc pas, de cette poisse de timidité?

Brigetoun a dit…

à l'âge blet quand on croit qu'on n'a plus rien à perdre et ça revient avec la vraie vieillesse je crois

r.t a dit…

Vous n'êtes pas timide avec les platanes et ils vous rendent la pareille... cette complicité me réjouit à chaque fois.

Brigetoun a dit…

les platanes sont bénévolents (ou du moins ils ne laissent pas deviner le contraire)

r.t a dit…

Oui, ce mot leur va bien.

Brigetoun a dit…

n'est ce pas ?