mardi, janvier 25, 2022

Ne pas se souvenir


 Réveil si tardif

que croyais le ciel absent

neutre, oublié,

la lumière et un laurier,

jouant, me l'ont rappelé.



Marchant dans le bleu

m'efforçais de ne noter

rien que d'habituel

sur mon trajet vers le squat

pour une brève leçon

afin de garder, peut-être, la fraîcheur des souvenirs que pourrais tenter d'éveiller demain pour répondre au #3 de l'atelier du tiers livre.



Et pour nourrir « Paumée » tout en contrariant le risque d'oubli, d'effacement des petits signes que m'aurait fait la vie aujourd'hui, j'ai repris « je ne me souviens plus » de Philippe De Jonckeere (chez publie.net https://www.publie.net/livre/je-ne-me-souviens-plus-philippe-de-jonckheere/) ne me souvenant plus quel paragraphe plus ou moins long, ironique ou non, pourrait être cité prioritairement (en fait ne voulais trancher) alors, au hasard, un hasard un peu corrigé pour rester dans le neutre, laissant les non-souvenirs les plus forts de ce qui me semble constituer un beau portrait en ombre chinoise, ou par défaut, à l'éventuelle découverte par les lecteurs.

« Je ne me souviens plus du digicode de chez Hanno sans regarder dans mes derniers messages de téléphone de poche. Du temps des Arts déco, il n'y avait pas de digicode au bas des immeubles. Et certainement pas au bas de l'immeuble de Hanno. Je me connais, s'il y en avait eu un à cette époque, je me souviendrais de cette combinaison, pas de celle qui permet l'ouverture de la porte aujourd'hui. »

« Je ne me souviens plus des quelques mots de tchèque que j'ai appris lors de mes trois séjours dans la ville de Brno. Mais je sais encore dire que je ne parle pas chinois en tchèque. Néovim Chinsky (je ne parle pas chinois) et non Néovim Chesky (je ne parle pas tchèque). Je ne sais pas si cela me servira un jour de savoir dire, en tchèque, que je parle pas chinois. En revanche je ne sais pas dire que je ne parle pas tchèque en chinois. On ne peut pas tout savoir. »

« Je ne me souviens plus du cirque de Navacelles, et de son pédoncule, dans les Cévennes, le premier été dans les Cévennes, en 1974. Mais cela me fait pleurer d'émotion d'y penser. »


8 commentaires:

jeandler a dit…

"Je ne me souviens plus ! Un beau titre pour une chanson que ne se voudrait être complainte.

Brigetoun a dit…

et le livre n'est pas complainte même s'il pourrait l'être parfois

Dominique Hasselmann a dit…

J'ai cru que je ne me souvenais pas de mon blog (mais c'était un cauchemar) ! ;-)

Brigetoun a dit…


pas loin, Dominique, de certains des fragments de Philippe De Jonckeere

mémoire du silence a dit…

Souvenir oublié, n'est pas perdu... il est là en sommeil dans les abysses... une manière d'économiser la mémoire ... :-)

Brigetoun a dit…

ou vider la mémoire pour ne pas l'encombrer (selon PDJ)

Claudine a dit…

je m'évertue à oublier toutes les dates d'anniversaire qui se sont logées dans mon planetarium imaginaire

Brigetoun a dit…

moi malheureusement je n'ai aucun mal à les oublier et, honte, ai tendance à m'y résigner (même pour les gens que j'aime)