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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

vendredi, juillet 14, 2023

Festival jour 9 – un concert pour jour un peu en dehors



Parce que la petite chose avait, à midi ce 13, quatre vingt et un ans et qu'elle trouve ceci totalement insensé, parce que cela la met régulièrement d'une humeur passablement rogue et parce que, au fond, elle est rudement fatiguée par des riens ces jours ci, a décidé de se tenir un peu en dehors du festival, de la vie courante et des réseaux.


Parce qu'elle est en manque tout de même, depuis qu'Avignonnaise, de musique de son vingtième siècle et du vingt et unième (en habituée de l'Ircam, de l'Artem | ne sais si cela existe toujours |, du Festival d'automne, de la Cité de la Musique et parfois des Bouffes du Nord) parce qu'elle avait repéré que dans le cadre des « interférences » huit spectacles musicaux, la version off de la Collection Lambert, se donnaient sous le titre du « Grand Voyage » deux concerts les 12 et 13 juillets de Thierry Pécou et de son ensemble Variances, avait décidé que le sort lui faisait un cadeau d'anniversaire et s'en est allée en tout début d'après-midi le long de la rue Joseph Vernet et de la rue Saint Charles,


agacée juste parce qu'il faut bien un peu de sel pour se souvenir qu'on est dans ce monde actuel, en passant devant le musée Calvet par la privatisation et le tri envahissant de notre Société qui veut que les lectures de France Culture, qui occupe avec trois ou quatre grandes constructions éphémères le trottoir, qui offraient depuis des années des moments d'écoute intelligente et délicieusement un peu à l'écart dans la cour, qui depuis six ou sept ans devenaient difficilement accessibles à moins de faire la queue pendant des heures, se déroulent désormais devant quelques sièges d'invités, à grille fermée, retransmises bien sûr à la radio mais qui pourraient tout aussi bien être enregistrées en studio...


privatisation qui la fit sourire en voyant l'importance qu'a pris le restaurant de plus en plus chic de la Collection Lambert qui a droit maintenant à son oriflamme personnelle... et qui est devenu, un peu comme cela s'est passé à Beaubourg, un peu trop résolument chic et onéreux pour accepter même la piétaille des visiteurs, avec le petit plaisir ironique en pénétrant dans la cour de découvrir tous les consommateurs dudit restaurant parqués derrière des barrières alors que désormais une petite buvette à l'aspect rudimentaire et provisoire étale quelques tables de jardin pour les consommateurs de jus de fruits, bières etc.. sous les quatre platanes.


Plaisir aussi, puisque nous faisions partie du petit groupe qui attendait de pouvoir taverser les salles jusqu'à l'escalier descendant à l'auditorium, de pouvoir remercier Joris Vanvinckenroye le musicien qui finalement était ce que j'avais préféré dans les « évidences illimitées » le spectacle de Kurt Demay au « 11 ».

Plaisir de découvrir le détail du concert

Dieu Soleil pour flûte seule de Thierry Pécou (4 minutes – Anne Cartel)

String Quartet n°2 « Company » de Philip Glass (9 minutes – Romuald Grimbert-Barré et Camille Garin violons, Cecilia Bercovoch alto et David Louwerse violoncelle sur lequel je regardais la musique, qu'il joue ou non, parce qu'elle se voyait sur son visage ou son attitude et qu'il était en face de moi)

Mirrors pour flûte et violoncelle de Kaija Saarino (9 minutes de total bonheur parce que m'installe dans sa musique)

et ne peux dire, même si j'avais sourir de plaisir en lisant le nom du compositeur, Quays pour flute alto (3 minutes) de Giacinto Scelsi parce qu'il a été remplacé par un morceau pour violon et flûte dont je n'ai compris ni le titre ni le nom du compositeur

et le moment phare du programme, beau et riche, qui avait guidé le choix de ces petites pièces Les rameurs obscurs de la barque de Ré pour quatuor à cordes et sons fixés de Thierry Pécou (25 minutes)

une plongée imaginaire à travers de multiples facettes de l'Égypte et de la fascinante ville du Caire.

Confondant le temps présent et l'Antiquité, le compositeur s'est inspiré d'un passage du Livre des Morts Égyptiens qui relate le voyage mystérieux et nocturne du dieu solaire Rê opérant sur sa barque le passage entre vie et mort, vers un nouveau cycle de vie

Félicitations dans l'étroit tunnel qui nous menait vers la sortie à l'écart de l'entrée des deux hôtels particuliers de la Collection, retour dans le monde réel comme le disait un homme devant moi.


et retour vers l'antre. Avais réservé le reste du jour à l'écriture, enfin, du 5 de l'atelier de François Bon (que j'ai en tête, du moins le crois) mais comme je suis vraiment très lasse et qu'il y avait eu un petit moment déplaisant, vite réglé et que veux oublier sur mon trajet retour (problème non de ma carte Visa mais d'un appareil et d'un commerçant méfiant... ai vérifié), ayant troqué ma jupe fétiche pour un bermuda vert qui ne voit pas la rue (j'appartiens à un monde ancien) me suis allongée quelques minutes et réveillée, très floue, presque deux heures plus tard... Résignée (je pense que vais abandodnner, l'écriture ne veut pas de moi) j'ai continué le classement d'anciennes photos en écoutant Méditation sur la fin de l'espèce de Thierry Pécou par l'ensemble Variances https://youtu.be/DPe1lvaQ5d0 , avant d'enchaîner sur des petits moments du projet « Rabelais » de François Bon https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article5225 me régalant entre autres de sa lecture, ancienne, de la poésie des Paroles Gelées



6 commentaires:

Marie-Christine Grimard a dit…

Bon anniversaire à retardement chère Brigitte. Heureuse de ce beau cadeau musical pour vous. Que l’année qui s’ouvre vous soit douce.

Brigetoun a dit…

grand merci Marie Christine qu'il en soit de même pour vous (anniversaire ou non , sourire)

mémoire du silence a dit…

Naitre une veille de 14 juillet ... une révolution ;-)
Oui, bon anniversaire et plus encore... beaux jours à vous

Brigetoun a dit…

Maria ai toujours été douée pour le pas de côté
Là souhaitez moi bonne chance, je dois sortir et me sens à peu près aussi forte que l'étais ce jour là

arlette a dit…

Ici là ailleurs où tu te poses je te poursuis de vœux mais ce billet musical et son accessibilité est jubilatoire ce bel humour à pleurer pour moi aussi ces jours prochains ...une dernière dizaine et ne peux le croire !!

Brigetoun a dit…

N'y crois pas... ou dis-toi au moins que tu me stupéfies et me donnes courage (sauf que là suis loque... vais dormir une heure ou un peu plus parce que peur de l'après-Midi)