Matin dans l’antre, bonnes résolutions, ménage partiel, crevée et un rien découragée… je décide que ce n’est pas grave… cuisine, déjeuner, une sieste profonde
Et je m’en vais vers seize heures dans les rues écrasées de chaleur de la ville pour revenir avec, selon mon désir, des mini cigarillos et un cookie
Rentrée dans l’antre, une émotion, un brusque refus de fonctionnement de la belle souris… je m’énerve, j’éteins l’ordi, je le réouvre, elle refus de se recharger… au bout d’une petite demi heure de panique je décide de ressortir une vielle souris, de me re-habituer à elle, de savourer le fonctionnement revenu et je m’attaque à la récupération des photos prises chez Lambert, celles des expos des deux premières des « murmures des libres » qui occupent le rez de chaussée de l’hôtel de Montfaucon,
avec pour commencer, en franchissant la porte devant laquelle je suis restée bloquée hier l’exposition de Jumana Mana, une artiste visuelle et cinéaste palestinienne, titulaire d’un master en esthétique et politique du California Institute of the Arts ainsi que d’une licence de l’Académie Nationale des arts d’Oslo, qui vit entre Jérusalem et Berlin.
« Son travail explore les articulations du pouvoir à travers le corps, la terre et la matérialité en lien avec les héritages coloniaux et les histoires des lieux… Ses recherches récentes portent sur les paradoxes de la préservation - en particulier en ce qui concerne les pratiques liées à la terre et le droit - et sondent la tension entre les traditions modernistes de catégorisation et l’indocilité de la ruine, de la vie, et de la régénération.
Pour la première salle, je reprends les indications données dans un entretien repris sur la revue, aux sujet des formes ou sculptures. Ces formes portent la mémoire de la khabya - qui signifie « la chose qui cache » en arabe - une technique antérieure à la réfrigération permettant de stocker les récoltes de céréales tout en assurant la subsistance et l’économie d’une communauté… elle les a découverts en Cisjordanie où certaines subsistent… les grains étaient versés dans un contenant généralement intégré aux murs des habitations rurales. Selon les besoins de consommation on en prélevait pour les repas tandis qu’une partie des grains était conservée pour les semailles de la saison suivante.
Quant à sa pratique Les sculptures commencent par un processus de dessin. Peu à peu les dessins s’éloignent de la khatiba historique pour entrer dans le champ de l’imaginaire… certaines transforment ses formes délabrées ou fragmentées en nouvelles géométries et contenant anthropomorphes… Je passe ensuite à la réalisation, des pièces salon une technique de modelage à la main : des plaques d’argiles sont façonnées, découpées puis assemblées avant d’être cuites dans un grand four et enfin recouvertes de tadelakt un enduit à base de chaux originaire du Maroc.
La suite de l’entretien porte sur la collecte et l’archivage actuels. L’introduction de grilles métalliques et de parpaings dans l’installation fait référence à ces formes industrielles d’archivage, de conservation et d’infrastructure qui ne sont pas nécessairement fondées sur la subsistance mais plutôt sur des logiques de pouvoir centralisé et d’économie de croissance…. Tout au long de la modernité chaque acte de préservation et d’archivage à impliqué une forme d’effacement.
Dans une petite salle séparant les khabyas et la grande salle suivante est projeté son film « Foragers » montrant la cueillette par un couple âge et visiblement plein de bonnes intentions des herbes (le za’atar sauvage une sorte de thym et l’akkoub une plante apparentée au tournesol qui a un goût d’artichaud) plantes interdites par les autorités israéliennes
La seconde salle expose une installation de cette année apaisée « ruptures » sur laquelle je n’a u strictement aucun renseignement et où j’ai erré un moment,
avant d’emprunter le couloir qui s’ouvre au centre du mur faisant face aux fenêtres et courant autour de deux côtés du patio intérieur, et d’entrer dans le monde de Shilpa Gupta née en 1976 à Bombay où elle a étudié, dont les oeuvres ont été montrées dans de grandes institutions, qui travaille avec des chercheurs issus de différents champs - sientitifique, technologique, linguistique). Monde excessivement difficile à voir et plus encore à montrer et qui m’a émue, y pénétrant avec, dans le couloir, « Nothing will go » une série de dessins au crayon très fin et absence montant les corps et gestes d’autorités diverses arrêtant, cernant, guidant, des espaces blancs présences effacées des corps de ceux qui sont destinés à être soustraits à l’espace de la liberté ((et encore j’en ai supprimé trois au dernier moment… je fais appel à votre imagination)
avant de pénétrer dans la pièce majeure, une installation « Listening Air » dans laquelle je me serais bien installée bien plus longtemps que le quart d’heure environ que je me suis accordée. Sur la revue … Les spectateurs entrent dans une salle où ils découvrent des tabourets sure lesquels il est possible de s’asseoir (fascinée je ne les au pas vus). Au dessus d’eux, des ampoules luminescentes percent dans l’obscurité et éclairent un étrange ballet de microphones transformés en haut-parleurs qui diffusent des chants provenant de différents endroits du monde… des voix de résilience qui ont été transmises et on perdures à travers les générations dans différentes langues. L’une des premières chansons à l’origine du projet est « Hum Dekhenge » en ourdou, largement chanté en hindi en Inde. Signifiant « Nous verrons » il s’agit d’un poème de Faiz Iqbal Bano en 1986 devant un stade comble sous une dictature… Bon, en vieille européenne mes oreilles entrainaient un murmure de mes lèvres quand me provenait « Bella Ciao » mais carcasse accueillait toutes ces voix.




















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