Dans robe à vent coulis, chapeau enfoncé pour retenir cheveux, sac avec éventail, brumisateur et petit sac de courses pour poser au retour par Monoprix acheter serviettes en papier et surtout des ampoules (l’ampoule de la lampe éclairant ma table est morte mardi matin et n’ai trouvé dans ma réserve que deux ampoules de moindre puissance) je m’en suis allée, doutant d’avance de ma capacité à faire cette course (j’ai pris mes petits granules de courage tardivement et surtout j’ai été impressionnée par ma nouvelle perte de poids (plus que 35 kgs),
mais dans le désir d’écouter la lecture RFI à Calvet vers le jardin duquel m’en suis allée, faisant queue en bonne humeur,
m’installant à la place sur le côté que je préfère, pour la lecture, sous la direction de Yacine Benyacoub par huit acteurs (dont lui) de son texte « la décennie noire » qui a obtenu le prix SACD de la dramaturgie francophone et qui est auréat international du Quartier des Autrices et des Auteurs QD2A-TQI (édité aux éditions Pasages(s)).
Texte ainsi présenté sur le programme
Alger, 2005. Le gouvernement algérien commande à un metteur en scène une œuvre faisant l’apologie de la « Charte pour la Paix et la Réconciliation », censée mettre fin à la guerre civile en amnistiant les islamistes armés qui renonçaient à la violence. Le metteur en scène et sa troupe refusent de se soumettre à cette propagande et décident de mettre en scène leur vie sur le plateau, exposant leurs vérités sur les années 90, période marquée par la terreur, l’obscurantisme et la dictature. La pièce est une mise en abîme qui joue sur les rapports entre Lyes, le metteur en scène, sa propre vie et celle qu’il met en scène, entre le passé et le présent, le théâtre et la réalité.
Yacine Benyacoub est un metteur en scène, comédien et auteur franco-algérien, né à Bab El oued. Il débute en 2001 comme assistant du metteur en scène M. Laïd Kabouche. Durant une dizaine d’années, il écrit, il met en scène, et joue dans la majorité des Théâtres Nationaux d’Algérie. En 2012, il s’installe à Paris et crée la Cie ALTER NATIF. À travers son travail, il explore les thèmes de la survie et de l’individu, par-delà les frontières et les époques.
Je suis repartie pleine d’Alger, de la dureté jusqu’à l’horreur de cette époque (souvenir de rencontres à l’époque avec deux journalistes qui avaient trouvé asile à Paris), et l’humour formidable des algériens même si cela n’effaçait rien, des interpellations pleines de saveur etc… résistant à acheter tout de suite le livre (je ne suis pas certaine de me tenir parole… on le trouve bien entendu à la Fnac)
mais si harassée que j’ai renoncé à l’achat des ampoules et suis passée par Subito achetant deux tomates farcies avec belle portion de riz parfumé (que j’ai fait précéder d’une salade concombres aux crevettes) et d’une salade pâtes pour booster mon diner de morue et purée de courgette ce soir… (je suis consciencieuse dans ma tentative de prise de poids)
Un déjeuner lent, une sieste, une infusion de fenouil avec un gros cookie pas terrible acheté à
mon boulanger et un départ un peu après deux huit heures pour le jardin du palais du Pape…
je tenais à la séance du « Soufle d’Avignon » présenté cette fois par mon cher Théâtre des Halles « Fighting Back » de Claude McKay (en amuse gueule du spectacle que j’ai tenté de voir avec deux heures d’avance et pour lequel j’ai pris un nouveau billet pour le 23 juillet)
Une soirée où la poésie se fait vivante, vibrante, imprévisible. Alain Damasio, Mike Ladd et Lamine Diagne, accompagnés des musiciens du spectacle KAY, lettre à un poète disparu, font surgir la voix de Claude McKay à travers lectures musicales, slam, rap et récits de vie. Les mots circulent entre les corps et les rythmes, mêlant énergie scénique et pensée en mouvement, entre histoires personnelles et mémoire collective. Entre héritage littéraire et écritures d’aujourd’hui, la soirée devient une expérience partagée où la langue se déploie comme une force vivante, capable de surprendre, d’émouvoir et de déplacer les regards.
Et ce fut, à côté du couple qui était déjà mes voisins de moi à Calvet, une heure et demi de vrai bonheur, de textes, de voix, de musique, cadeau des efforts d’un collectif bien décidé à faire sortir de l’oubli ce poète
et un retour pas encore complètement vaillant de carcasse (forte amélioration tout de même)



















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