commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

samedi, mars 27, 2021

un jour

 


un jour où le temps était gris ou blanc et les bras un peu froids

un jour où entre Baudelaire, la proposition d'écriture de François Bon https://youtu.be/oRUoJOYbZME , la pêche aux textes, des rêvasseries dans le vide, Tavernier et des échos divers, des témoignages dont certains sincères et intéressants, la lecture par Pierre Ménard http://liminaire.fr/radio-marelle/article/jusqu-a-tres-loin-de-romain-fustier de lectures d'un livre de Romain Fustier publié par publie.net que j'avais aimé https://www.publie.net/livre/jusqua-tres-loin-romain-fustier/ et que j'ai aimé redécouvrir à travers sa voix soigneuse (le qualificatif qui me vient) plus petits soins carcasse et antre n'ai rien fait


avant un départ en milieu d'après midi vers Rosmerta pour des « bonjour », de petites nouvelles, une longue dictée avec M sur les plaisirs du festival d'Avignon et quelques monuments ou autres de la ville, apprendre qu'il y a des gens mais que l'on dit « beaucoup de gens » différence subtile pour qui entend de la même façon de et dé, et comprendre comment s'écrivent des sons semblables dans « ce que je sais c'est ce qui se passe en ce moment » et pourquoi


et comme au bout d'un peu plus d'une heure et demi – nous avions bien disgressé – nous étions fatigués, le ciel nous a récompensé... quelques plaisanteries avec la plus chaleureuse et dévouée des bénévoles et deux des mères, et puis retour vers l'antre en me disant « zut ai rien à dire ».


vendredi, mars 26, 2021

Biscuits assortis


Pencher la tête en sens inverse de celle du pigeon, le regarder, interroger son calme et son air stupide, me demander comment l'annonce, hier,


en revenant presque joyeuse (fonctionnement quasi normal de carcasse, gentillesse des rencontrés, légèreté gracieusement aimable des conversations, qui avaient repoussé à l'arrière-plan, bien installée à sa place, l'inquiétude nouvelle pour une malade... souhaite que cette inquiétude s'éternise sans s'accentuer), de la mort à 84 ans, de BG à Paris où il était de passage a réveillé si immédiate et forte tristesse, sans rapport d'intensité ou de nature avec la réaction à la disparition d'une relation ce que, finalement, il avait simplement été, et longues longues années il y a..., ne dirai pas combien... mais ce qui remontait c'était sa gentille neutralité, sa beauté et surtout notre extrême jeunesse qu'il dominait, le jardin de nos cousins communs dans la nuit descendue sur la Mitre et la mer, la gloriette, le bruit de la surprise partie dans le salon, la brochette de filles ennuyeuses dont je m'étais évadée, un très très charmant élève officier de l'air kabyle, tout ce que son nom a fait revivre soudain et puis bien entendu ce tissu familial, devenu si lâche qu'ignoré et qui se solidifie tout d'un coup.


Et comme l'envie de sortir avec un appareil dans la poche, faute de croire en paumée, commençait à se réveiller m'en suis allée, saluant la brume verte qui vient aux platanes,


vers la rue Violette après m'être préparée parce que j'ai découvert l'existence – ou j'ai cru découvrir, ou en vérité j'avais lu qu'existaient – d'expositions quotidiennes présentant un artiste de la Collection dans ce qui était nommé la loggia (c'est à dire la grande baie vitrée sur la rue éclairant le petit côté de la grande galerie en retour sur la cour d'entrée dans l'hôtel de Caumont), que le programme annonçait pour le 25 mars Mimosa Echard et que, puisqu'elle m'était totalement inconnue – ce qui ne veut rien dire, si ce n'est l'étendue de mon ignorance quant au monde actuel... qui n'a rien que de très normale, j'ai tenté d'en savoir plus à travers la présentation qu'en fait le site de la galerie Crousel qui la représente https://www.crousel.com/artiste/mimosa-echard/ et, rapidement, faute d'en savoir plus et cherchant sans passion à savoir si j'apprécierai son œuvre (moi qui pense peu par les yeux) en lisant un entretien datant de 2018 publié par Beaux-arts « entre art, science-fiction et sorcellerie, rencontre avec Mimosa Echard et immersion dans un univers mutant où les formes et les objets dégénèrent. » https://www.beauxarts.com/grand-format/mimosa-echard-la-sorcellerie-du-vivant/, en aimant l'ironie qui semble nourrir au moins en partie son regard... (également https://www.lesinrocks.com/arts-et-scenes/et-si-vos-poubelles-dissimulaient-des-chefs-doeuvres-169307-13-08-2018/ etc...) persuadée au demeurant que ce que verrai à travers la vitre sera par force bien insuffisant et décevant en comparaison avec ce discours.


Préparation totalement inutile puisque l'écrin créé autour de cet espace d'exposition, ce « sas de déconfinement artistique », ne montrait que de belles photos (déjà connues ce qui m'a permis de les deviner malgré le reflet) de Nan Goldin sur le thème du désir en lien avec le Printemps des Poètes.


Alors ai poursuivi un petit circuit de marche trop nonchalante, cueillant le printemps et quelques images d'art de la rue (avec au passage une brusque envie de brouter et ma réprobation en voyant que Corneille et Molière, la photo annonçant le report de la ré-ouverture de l'opéra une fois prise, ont tombé leur masque) 


et m'en suis revenue mettre en place ce billet déceptif et rêver que j'ai de l'argent (faut que j'en trouve et je crois que je sais) parce que la résignation à vivre l'idée du festival sans y assister, comme la grande majorité des avignonnais, que je croyais bien installée, fond en parcourant le programme... 

dimanche, mars 21, 2021

Mon égoïsme


Livraison ce matin (ai admiré depuis mon palier la force du grand bonhomme qui a monté le tout jusqu'à moi d'un seul élan) de trois kilos de pommes de terre, un bulbe de céleri, quatre courgettes, un fenouil, cinq cent grammes de carotte, trois gros oignons blancs et trois gousses d'ail, cinq cent grammes d'asperges blanches et deux cent cinquante grammes d'asperges vertes, un bouquet de cerfeuil que je ne devrais pas utiliser si je suis sage autrement qu'avec mes yeux et le nez, un litre d'huile d'olive de Barbentane, deux petits pots d'aïoli artisanal et deux cents grammes de cabillaud, ce qui devrait, sous réserve d'y ajouter dans dix jours quelques primeurs et filets de morue, et avec ma réserve d'huile, de pâtes et de thon, assurer le gros de ma subsistance pour un long moment.

Pendant que la pile de livres non encore lus et tous les livres que veux relire, le soleil (froid aujourd'hui) revenu sur la ville, les nuages à venir, quelques visites à la « loggia » de la Collection Lambert (fenêtre, vitrine sur le côté de la grande galerie en retour au re-de-chaussée derrière laquelle sont organisées, je viens de la découvrir, de petites expositions hebdomadaires), les deux rendez-vous à Rosmerta chaque semaine et l'expédition vaccin, flatteront mon actuelle et très égoïste envie de déconnexion (si ce n'est consommation muette). Caprice qui devient très fréquent.

Avec mes sincères souhaits amicaux à vous adressés.

samedi, mars 20, 2021

au mépris de déprise



Déprise, mépris, méprise, mais j'ai repris chemin des leçons particulières

sous un ciel gris en l'absence du vent

en négligeant les rues où la braderie était tentation


et c'était marche presque allègre

et puis pendant une heure avec M nous nous sommes appliquéS à comprendre ce satané passé composé, à ne pas faire de méprise entre être et avoir, à tenter d'enregistrer la parenté/différence entre nous avons coupé des fleurs et les fleurs que l'on a coupéES.


Avant de suivre un dénommé James dans Lyon, de louer un vélo pour rouler au bord du Rhône, de visiter le vieux Lyon et de siroter (ce qui n'est pas simplement boire) une limonade comme le voulait la chaleur estivale que ne saurait offrir une tempête d'automne, de chercher une boulangerie près de la place de Terreaux, qui est dans la presqu'île comme chacun le sait, pour choisir, parmi les viennoiseries qui sont des pâtisseries mais pas n'importe lesquelles, entre un croissant 1, un pain au chocolat 2 et une brioche aux pralines 3, cette dernière (oui voyons M je crois que 1, 2, 3 c'est la brioche la dernière) comme étant gourmandise locale – et Brigitte s'amusait, M s'étonnait, on dessinait des cartes qu'aucun lyonnais n'aurait pu reconnaître – etc... avons appris la confluence, que même si la Saône était une rivière comme ici la Durance on l'appelait fleuve, ce qu'était un théâtre antique – pas un amphithéâtre – et ne pas confondre théâtre romain et théâtre grec etc... avons projeté de monter aux Doms même s'il n'y a pas un funiculaire – pas facile à prononcer – comme à Fourvière – encore moins aisé – pour profiter du panorama... etc...


et m'en suis revenue joyeuse au bout d'un peu plus de deux heures, juste avant la nuit, qui tarde maintenant.


 

vendredi, mars 19, 2021

Effroi, lâcheté et atelier


Jour bleu où me sentais un peu floue, mais ne voulais en tenir compte – pas de raison –, jour où j'ai mis dans un sac deux draps sales et une jupe de flanelle, l'ai empoigné, ai descendu avec précaution mon escalier raide, suis sortie, ai pris dans la gueule le souffle coléreux du vent... ai affermi canne et jambes, tourné le coin, découvert que sous la plaque bleue briquée c'était un déballage de toutes les boutiques en peine de clientes...



Jour où au bout de quelques pas chancelants j'ai craint pour mes bonnes résolutions en voyant quelques robes légères, un peu trop belles pour ma vie de ces temps, sur les portants, parmi les manteaux et chandails, jour où constatant la presque faiblesse de carcasse et supposant la quasi faiblesse de ma volonté, ai fait le tour du pâté de maisons et m'en suis revenue dans l'antre...

Ai mis un bout de chocolat dans ma bouche, ai relu ce que j'avais tenté d'écrire dans la matinée en réponse à la proposition #4 de l'atelier Baudelaire de François Bon https://youtu.be/DuVpAOibips et lâche pour lâche ai baissé les bras, renoncé à mieux, l'ai mis en ligne sur https://www.tierslivre.net/ateliers/category/bicentenaire-baudelaire/baudelaire-4/ et le reprends ci-dessous



Rive

Une étendue presque plate et nue dans mon dos et la terre qui, roches et plantes, dégringole dans l'abîme lumineux de la mer devant le corps raidi – la porte du couloir du service dans mon dos et la spirale de l'escalier de secours qui reprend sous le palier où suis sortie dans la nuit avec une cigarette-prétexte que je tiens éteinte entre mes doigts – le refus fort et soudain d'un avenir, et le fragile calme auquel je m'applique au bord de mon gouffre, de ce qui y tournoie. La placidité de la mer sur laquelle le soleil danse en vaguelettes, les nuances vertes ou bleus, signes qu'envoient aux yeux les bas-fonds proches de sa surface, cachant, dissimulant l'immensité, l'intensité de sa vie, son chant sourd à nos oreilles – le désir et la crainte des profondeurs que je ne veux pénétrer, que je crois là, en un lieu indéterminé et introuvable puisque diffus dans mon corps et mon esprit. Les cris dans des livres, ajouter aux discours que transmet le chemin des yeux sur la page, le souffle qui est en moi, ma voix, pour en découvrir le rythme, la construction, y prêter l'attention que l'on a pour le fonctionnement de cette porte entrebâillée afin qu'une flèche de lumière pénètre dans l'antre, à demi fermée afin que la violence du vent qui chante et secoue les branches ne soit qu'accompagnement extérieur. De la terrasse, l'étendue d'une plaine sans relief où s'étirent des chemins s'enfonçant dans l'horizon, ou le gigantisme d'une place blanche brûlée de soleil au débouché de petites rues ombreuses et les jambes qui tremblent – l'esprit renâcle, tétanisé devant la poursuite sans but des jours, ennui, désintérêt, crainte devenus si forts, prenant tant de place qu'ils deviennent béquille sur laquelle appuyer ma déprise.

jeudi, mars 18, 2021

Vent gris

Avancer tendue, courbée, faire front,


ou freiner les pas rapides, cramponnée à la canne,

trébucher,


savourer instants de quasi calme en montant du fleuve à la ville,

et cueillir des couleurs, en figeant leurs gesticulations.


Après-midi, repasser, vaquer, dormir en guignant du coin de l'oeil le bleu du ciel débarrassé.

Dans quelques jours la lumière du milieu du jour atteindra sans doute le haut de mon crâne appuyé au mur.

mercredi, mars 17, 2021

Marche écourtée et reprise d'une trop longue vie



Matin de lumière... matin où les nuages filaient dans le vent... matin où le vent s'il n'aurait pu décorner taureau ni même bœuf, s'il n'arrachait pas de fortes branches, pénétrait sous manteau, me bousculait aux carrefours, glaçait, dévitalisait le bout de mes doigts en peine de circulation correcte et, après une demi-heure de marche dans le plaisir des yeux m'a fait crâne flou, corps vertigineux et m'a poussée à un retour légèrement anticipé (en tout un peu plus de trois quart d'heure et non d'un quart d'heure comme l'avais écrit)


Ecoute de trois séances de la commission d'examen de la loi reprenant quelques propositions de la « convention citoyenne »... écoute du #4 de l'atelier Baudelaire de François Bon https://youtu.be/DuVpAOibips et son installation dans un coin soigneusement fermé de mon cerveau et, avant de rattraper mon retard dans la lecture des contributions aux deux ateliers du tiers.livre et notre texte à x mains sur les insurrections, reprise ici, avec petit remord pour sa presque indécence de ma contribution au #3 https://www.tierslivre.net/ateliers/category/bicentenaire-baudelaire/baudelaire-3/ « au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau, juste une liste »


Une vie

Oh cette vie qui n'en finit pas – oh cette vie qui me pesait à douze ans, comme le veut cet âge, du moins souvent – oh cette vie dont je disais ne rien attendre et vers laquelle j'étais tendue...

Oh les livres qui m'accueillaient et m'embrassaient, m'englobaient face aux êtres qui m'intriguaient et me faisaient peur, les femmes dont je craignais le jugement, les garçons qui m'ennuyaient, ces hommes qui m'attiraient, les filles qui m'agaçaient ou m'étaient amies/ennemies, et cet avenir qui se dressait comme un mur sur lequel se fracasser...

Oh la longue dérive, la plongée dans la vase des occupations, du travail vendu, où s'engloutir, avec lesquelles se procurer de quoi s'évader dans la beauté, l'intelligence des autres pour réveiller la mienne, lorsque j'avais le temps même si me fallait oublier le sommeil...

Oh l'éblouissement inattendu d'une gentillesse, de la sagesse d'un méprisé, d'un rayon de lumière, d'une musique au cœur de la nuit pour accompagner dinette et lecture, assise sur un coin de tapis...

Oh le bonheur d'être terrassée, écrasée par la splendeur d'une œuvre humaine...

Oh le temps suspendu de l'hôpital, le rire intérieur en luttant avec l'obstination de la mule pour que ne cesse cette vie dédaignée, refusée...

Oh la jeunesse, les sourires lumineux ou doucement fatigués de notre merveilleux monde retrouvé...

Oh comme cette nouvelle vie, cette inespérée joie d'être se lasse, se fatigue, comme les ans rongent le corps.

Que serais-je devant ce vide que je crois désirer ? Une petite pierre détachée d'un ensemble, attendant en pensant avec sourires joyeux ou tendrement peinés à ces vies qui furent chaleur.