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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

samedi, mars 04, 2006

et encore un samedi où je n'irai pas passer une heure à la Rocade, pas sure de servir à quoi que ce soit et flemme.
Je vois qu'au Théatre Golovine on donne un nouveau spectacle de la danseuse de butô locale Sumako Koseki, et je retrouve des notes de cet été.
je suis debout le dos contre le mur, sur un petit trottoir à un angle de rues, pendant que les autres futurs spectateurs attendent assis sur le sol ou entrent et sortent du théâtre. Je sens la surface des pierres contre mon dos et leur odeur dans le soleil. Je regarde le ciel bleu dur éblouissant et le haut du palais, au dessus des maisons de la rue. ... J'ai senti un mouvement à coté de moi. Un jeune couple se lève, la fille secoue ses volants et ils glissent vers le théâtre. Je suis le petit boyau peint en ocre qui conduit à la salle.
Le noir se fait, total, le silence s'installe graduellement, puis un éclairage vague suscite un amas rouge sombre, se précise et dessine la forme qui devient un corps un peu déjeté. Je suis surprise et me sens un peu flouée. Ma presque culture m'a fait attendre un corps nu, blanchi. Souvenir d'une danseuse qui m'avait frappée ; à la Maison du Japon, à Pompidou ou aux Abbesses je ne sais plus. Vaguement déçue.
Le mouvement vient, quasi imperceptible, d'une lenteur rituelle, qui très doucement deviendra violence, la fille se redressant, se déhanchant, se tordant, relevant et baissant la lourde robe rouge, la lumière devenant crue ou s'évanouissant, l'immobilité revenant, brisée par une ruade. Et les bras se tordent et les doigts dessinent. J'admire mais me sens détachée, juste assez pour me demander si je dois aimer et selon quels critères. La pire réaction. Je m'interroge sur mon besoin de rester là, assez fascinée, mais justement pas assez.
Dehors la chaleur, malgré l'ombre de la rue, est comme un nouveau solide, à l'intérieur du monde, solide dans lequel nous devons nous mouvoir.
Y retourner ? Ou continuer à essayer de comprendre le monde réel, malgré mes insuffisances. Pour m'en consoler, toujours Bernard Maris "La similitude économie/casuistique est fascinante. De casuistique théorique, empilement de théorèmes, l'économie est devenue casuistique expérimentale : études de cas particuliers de la vie sociale ..Ce qui caractérise la science économique moderne, ce n'est pas le déficit d'explication, c'est le trop plein.
Froid aux pieds. Je vais faire cuire mes tagliatelles.
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Krivine quitte la direction de la LCR. ma génération s'efface.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Comme votre écriture me parle... Elle est si sensuelle dans l'évocation d'une atmosphère, entre la fascination présente et la déception d'une image passée entr'aperçue et attendue... Je ressens la même impression que lorsque je lis le passage de Proust se rendant à l'opéra pour y admirer la Berma...

marie.l a dit…

je fais du hors-sujet brigetoun, mais j'avais envie de vous l'écrire à la suite du commentaire de freudine :


je me suis plue à relire votre blog depuis le début... je ne me souviens plus à partir de quand j'étais venue vous voir régulièrement, quotidiennement...

Nous avons en commun l'âge, je pense que nous sommes de la même année, et un cancer qui pour moi s'est situé plus au nord que le vôtre, nous avons débuté notre blog à la même époque à peu près... au moins ça, le reste je ne sais pas.
Je me permets de copier ci-dessous votre premier post :

" bonjour

je ne sais pourquoi j'ouvre ce blog
je suis une presque vieille femme dans une vraie vieille ville (avignon) que je découvre depuis un peu moins d'un an
Expatriée '(même si ce n'est pas loin) de Paris qui m'étais une seconde peau
Expatriée du boulot, cancer puis retraite
A vrai dire j'ai plus de plaisir à découvrir vos vies ou ce que vous en livrez que de choses à dire
Cela viendra peut être"

et souhaite vous dire : c'est venu, vite, très vite et très très bien !
Il n'est pas dans ma nature d' étaler de la pommade, mais sachez que j'aime venir vous voir...

C'est tout pour ce soir mais il fallait que je vous l'écrive.

Bon dimanche !

Brigetoun a dit…

merci - je me couvre la tête de cendres de confusion

Anonyme a dit…

"Ce qui caractérise la science économique moderne, ce n'est pas le déficit d'explication, c'est le trop plein." Et l'absence de données publiques détaillées :). Bon week-end.