dimanche, novembre 15, 2009

Au terme d'une journée un peu brumeuse, un rien dolente, obstinément oisive, sans assez d'esprit pour en avoir honte, je le rencontre en cherchant une image, le regarde et le trouve bien trop peu indéterminé pour avoir la présence nécessaire.

Non, ce n'est pas « Palafox » qui, sous prétexte qu'il a été écrasé, à la fin du livre qui m'a tenu compagnie à mes moments de lucidité, et qu'il n'est donc peut-être, on peut le supposer, jamais sorti de ces pages, se refuse toujours à être identifié, à se manifester « même si nous n'ignorons pas qu'il peut vivre fort longtemps sur les réserves de graisses stockées dans ses deux bosses (lesquelles contribuent accessoirement à lui donner cet aspect repoussant déjà si souvent mentionné).... Quelques plaisantins prétendent l'avoir aperçu, qui s'avèrent incapables de le décrire ou crayonnent des portraits-robots fantaisistes, plus ou moins inspirés de l'ornithorynque, du tamanoir, du coelacanthe... D'autres pistes qui semblaient plus sérieuses nous conduisent, la première à une poularde, la deuxième à un mouton noir, la troisième à un ragondin. » et puis il y a eu ce témoin qui « a bien failli aplatir un étrange petit animal lumineux, à fluorescence verte, qui lui a échappé de justesse et c'est envolé en zigzagant dans la nuit. Nous identifions Palafox, la description concorde, ça ne peut être que lui, il se sera dépouillé de sa fourrure hivernale ».

Mais les paysans, Algernon, les savants, Maureen, Olympie et leur scribe Eric Chevillard, s'égarent ou nous égarent, parce qu'il ne faut pas oublier que Palafox a une masse considérable et fuselée qui nécessite des quantités hallucinantes de plancton pour nourrir son gouffre, sans compter qu'il présente une certaine parenté avec un sanglier et que, après une mue, il apparaît « comme neuf, avec ses écailles lisses et luisantes, son dos vert amande orné de losanges noirs qui forment un zigzag parfait de la tête à la queue, les chevrons rouges de ses flancs, son ventre blanc crème immaculé », lui qui, toiletté à la lion, a remporté le premier prix grâce à sa belle couleur orange.

Il reste une constante, sa férocité, ou celle qu'on lui attribue, le soupçonnant de tous les crimes en y ajoutant « les troupeaux décimés, les greniers pillés, les étangs vidés, les basses-cours, bergeries, porcheries mises à sac et les vignes, les vergers dévastés, puisque le porc ne réussit pas les desserts.. » et une battue a été organisée : « les chiens paraissent déconcertés, désarroi rare chez le chien de chasse, en quoi il s'apparente à l'hippocampe, peu impressionnable lui aussi et qui ne s'en laisse pas conter lui non plus. »

Mais il me semble que ce jugement est un peu sommaire, il ne faut pas oublier que Palafox est un délicieux animal de compagnie, amoureux de sa jeune maîtresse Maureen ni qu'Olympie parvient assez bien à lui donner des habitudes de vie, à s'en occuper. Et puis, vraiment, vous trouvez qu'il a l'air féroce ?

8 commentaires:

JEA a dit…

Une fée rosse ? Mi-jument, mi-vache n'hésitent pas à souligner les étymologies...

jeandler a dit…

Il n'a rien d'un cactus et sur sa toison rousse j'oserai quelque caresse avant qu'il ne se dérobe encore une fois.

cjeanney a dit…

On dit aussi qu'il est très propre, inspecte tous les jours son corps à la recherche de parasites dont il se débarrasse en se grattant ou en s'immergeant entièrement dans une boue curative et adoucissante. (un doute me prend : et si je confondais avec l'hippopotame...?)

Avignon a dit…

Bête du Gévaudan (dit le dentiste)
Tarasque (Boulba)
Nessie (celui du loch)
Dragon (de la garde)
et quoi d'autre ?

Palafox ?

La MGM alors.
Ou la Continental.

joye a dit…

Il est beau, le canard ! :-)

Gérard a dit…

Ta serre est joliment chlorophyllée.

brigetoun a dit…

je n'ai pas de serre, c'est le trottoir du marchand de fleurs d'a côté

Gérard a dit…

tu as raison à quoi çà "serre"