mercredi, septembre 08, 2010


mardi
4 heures du matin :
réveillée par le vacarme de la pluie, mais pour le moment elle n’arrive pas à rentrer, sauf un peu le long du mur de la chambre.
Chahut, petite bête terrorisée blottie dans Brigetoun.
Si cela continue comme ça, n’y aura pas des masses de manifestants.
7 heures :
On annonce vent de belle force et pluies “préoccupantes” pour deux jours et il est conseillé de ne pas sortir.
Mes arbres dansent et la pluie se calme mais persiste.
8 heures :
Routes coupées - feux en panne - conseils de prudence (Sud Radio) - j’ai honte mais je crois que je ne vais pas manifester et le Vaucluse ne viendra pas
9 heures :
Il ne pleut plus et mon corps entre en révolte.
Le rendez-vous était à 10 heures à la Préfecture. Je suis partie brinquebalante à 10 heures et demi pour prendre le cortège au passage rue de la République.

Mais j'avais beau avancer, ne voyais rien. Et à onze heures nous étions un gros petit bloc d'éclopés ou paresseux attendant, cou tendu, au coin des remparts.
Suis partie au devant du cortège, qui stationnait, repartait, re-stationnait et me suis installée un peu après le groupe de tête, incapable de savoir quelle était la taille du cortège.


La marche, la blague, améliorant un rien mon état. Et la volonté de pouvoir rouspéter quand, comme prévu, des voix diront que nous n'étions pas assez nombreux pour qu'on en tienne compte, chacun, ou presque, d'entre nous étant bien persuadés que la chance que le gouvernement écoute était superbement infime.


Toujours assez mal en point, mais jubilante, en voyant le cortège bifurquer et prendre la rue Joseph Vernet, parce qu'il me raccompagnait chez moi et qu'un peu de rouge ne pouvait que faire du bien à la rue.
Mais j'ai regretté que nous ne continuions pas dans la partie la plus ouvertement vouée à l'affichage de l'argent, et tourne dans la rue Victor Hugo,


pour suivre les remparts jusqu'au pont Daladier.

Presque soleil, slogans, mais les groupes ne circulaient pas assez pour que la fin du cortège puisse avancer, et à midi et demie, mes plaidoyers sans autorité et les consignes données par haut-parleur ne permettant pas l'arrivée de tout ce qui suivait FO, c'est à dire les syndicats indépendants, les partis, le conseil général, comme j'étais arrivée à voir de loin un drapeau du parti de gauche, de plus près un du PC et une poitrine socialiste, j'ai salué la rivière créée par la nuit dans le passage souterrain

et suivi ceux qui s'égaillaient, entraient par la porte de l'Oulle, prenaient joyeusement possession, pour certains, des cafés de la place et du tabac de ma rue.

Et puis rien. Juste, selon Sud-radio : nous étions 25.000 ce qui est un très joli chiffre pour Avignon (surtout avec l'absence des bataillons vauclusiens que le temps a découragés).
La pluie s'est transformée en vent de belle force, ciel bleu, olivier battant l'air, tronc couché et plantes renversées.

13 commentaires:

albin, journalier a dit…

À lire Brigetoun il se retrouvait comme elle socialiste.

tanette2 a dit…

28 000 ajoutés à ceux qui, par le temps devaient "piaffer" dans leur coin, ça finit par faire un joli nombre de mécontents. Toutes les villes paraissent s'être mobilisées vaillamment.. reste plus qu'à souhaiter que les "appels" soient entendus...

tanette2 a dit…

...à ceux qui, découragés par le temps...

Pierre R. Chantelois a dit…

Comment avez-vous fait pour que les éléments naturels se mêlent soudainement à la colère humaine? Est-ce le meilleur appui qu'ont reçu ceux-là et celles-là qui ont manifesté cette profonde exaspération? Fort. Très fort ;-)

brigetoun a dit…

euh ! entre les 4.000 d'un côté et les 25 ou 28.OOO de l'autre, il semble que le chiffre raisonnable soit d'un peu plus de 10.000 ce qui est tout de même fort bien

fardoise a dit…

Belle manif en effet !

andree wizem a dit…

pour les dossiers en cours à suivre...

tu as une sacré pêche pour prendre ces photos par tous les temps...

j'aime bien ces manifestants aux terrasses...c'est quand même sympa ces moments où on peut souffler...

Avignon a dit…

Merci !

brigetoun a dit…

de rien, ami gréviste.

D. Hasselmann a dit…

Le théâtre était dans la rue un peu partout. Un jour, le grandiose metteur en scène va se retrouver à la rue.

Gérard Méry a dit…

La pluie ne doit pas être un obstacle pour une manif de cette importance

brigetoun a dit…

ouai, ça dépend tout de même de sa force - elle est d'ailleurs revenue dans la nuit, assez forte pour stagner dans la cour et faire deux brèves incursions à l'intérieur

jeandler a dit…

Il n'y avait pas que la nature pour être en colère
Le vent ne peut qu'aider au grand coup de balai.