vendredi, octobre 15, 2010

Recyclage toujours - journée de rien, et de lecture, et de Sénat, et de crâne vidé doucement du peu que contenait

au bout du sentier,
qui suivait au creux des fonds
le ruisseau de lumière
se jouant dans l'ombre des arbres,
odeur de frais et d'humus,
pépites de soleil sur le sol,

après la pente
qui s'en éloigne
grimpant le long des taillis,
s'enfonce entre les troncs,
cailloux dégringolant sous les pas,
les couleurs se séparent.

Déboucher dans le soleil
en haut d'un pré qui chute,
comme un gamin qui se rie -
ivresse de liberté -
jusqu'aux buissons et à l'eau.

Paysage paternel,
familier et très ancien.

Tentative pour un atelier Liminaire http://www.liminaire.fr/spip.php?article817#forum246 - Le Passage extérieur, Kenneth White, Mercure de France, 2005.
proposition d'écriture : Nommer les choses pour qu’elles soient, faire sentir et voir la présence des éléments - terre - eau - lumière, des animaux et des paysages (roches, vents, pluies, aurores, oiseaux, rivages). Les nommer pour leur donner place dans l’univers. Des poèmes brefs, vifs, enlevés mais sans envolées lyriques.


Avance dans la rue familière – pense à la lettre à écrire - absente – juste les obstacles éventuels – perçois lumière sur le haut des façades – en tire gaîté. Mouvement... je tourne la tête vers un chien qui déboule. Vérifie rituellement l'heure affichée par la grosse pendule - auto-ironie. Yeux qui filent vers le haut de la rue à la recherche de mon ami mendiant. En approchant de l'ouverture sur l'escalier de l'église, cherche l'effet de lumière, m'arrête pour photographier l'ombre de l'arbre. Du coin de l'oeil, les légumes sur l'étal du fruitier, rien qui convienne. Regarde les vitrines des chausseurs en préparant la monnaie. En répondant au bonhomme, j'enlève ma main pour éviter qu'il la baise, et regarde vers la place, les yeux glissant au dessus des galets - montrer que je suis en retard. Le trottoir est plus étroit, les passants plus nombreux, attentive. Le début du testament de Villon comme on dit son rosaire. Une vie sans relief notable. L'occuper pleinement.
Autre atelier proposé par Pierre Ménard sur Liminaire http://www.liminaire.fr/spip.php?article723
«Lent» d'Éric Suchère – éditions «Le Bleu du Ciel»
proposition d'écriture : Décrire ce qui est en jeu dans nos perceptions visuelles plutôt que d’en décrire l’objet. « Guette mobile, sans dire, perçois tout, prends l’apparition ou viens et. Je, nomade, débute comme brute et je suis, suis : observation de la transformation de toutes sensations physiques en émotions totales, vite saisies, impossible que jaillit. » Utiliser pour y parvenir une écriture diffractée, en forme de mosaïque, avec des phrases hachurées usant d’une syntaxe disjonctive, et une attention toute particulière à la ponctuation et au substantif.

7 commentaires:

Lautreje a dit…

jolies pépites qui roulent et chantent

andree wizem a dit…

un joli chemin de poésie qui va d'un paysage de soie à ce ciel bleu éclairé par une loupiote...

Chri a dit…

Un pré qui chute...
Quatre mots pour tout dire...
Toujours été intrigué par cette lumière verte du premier étage!

jeandler a dit…

"Nommer les choses pour qu'elles soient"
chaque chose son nom
chaque être le droit de vivre

Sylvaine V. a dit…

"Montrer que je suis en retard"
et que Villon n'aurait pas eu sa retraite, car il était toujours un écolier !

joye a dit…

M'est avis que tu as répondu impeccablement à la consigne. Merci pour ma dose de Vitamine B(rige).

Gérard Méry a dit…

même sans envolées lyriques...c'est ardu