samedi, mars 24, 2012

Brigetoun a de la chance


Ai déjeuné très tôt et très vite pour moi et m'en suis allée, pas trop cahin-caha, par dessus le fleuve et la Barthelasse, à Villeneuve, où Cécile Portier était de passage.

Flâné un peu, parce que j'étais dramatiquement en avance, passant mon nez sous les voûtes qui s'ouvraient sur mon passage, 

jusqu'à la Chartreuse, où, dans le cadre d'une journée «fête de l'internet», Cécile intervenait de 14 à 16 heures environ, pour présenter « Étant donnée – Une recollection impossible», son projet en cours «sur la mise en données du réel et de nos vies, notamment par les traces que nous laissons sur les réseaux sociaux, les moteurs de recherche, les technologies de géolocalisation..»

Pris un petit papier-blanc-sauf-conduit, suis redescendue à l'accueil pour attendre, contemplant une cour, l'allée, des prospectus, en résistant à l'envie d'un cigare... et j'ai eu la très jolie surprise de voir arriver Juliette Mezenc http://juliette.mezenc.over-blog.com/ et Stéphane Gantelet http://s.gantelet.over-blog.com./
J'avais regardé, en faisant cuire mes pâtes le début de http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/anx_conferences_2012/a.c_120110_humanisme_numerique_2.html conférence donnée, en janvier, à la BNF, par Cécile Portier avec Sébastien Rongier, Camille de Toledo et Denis Bruckmann (elle intervient en premier, parlant d'abord d'un projet dans le cadre d'un atelier d'écriture «traque-traces» que j'avais suivi en partie sur son site http://petiteracine.net/traquetraces/map/node, puis de «étant donnée»)
mais ce qu'elle nous a montré (malgré quelques problèmes de connexion) est beaucoup plus développé, approfondi, englobe des collaborations et comporte des textes « assez prodigieux ».
Petits échanges, pendant que j'entamais un cigare dans la cour avec des participants – visite protocolaire et détendue.

Et avec Juliette Mezenc, Stéphane Gantelet et Emmanuel Guez, à une terrasse de la place principale, plaisanteries amicales et surtout évocation de leurs projets en cours (fabuleux et intrigant en ce qui concerne Emmanuel Guez).
Toute heureuse d'en profiter un grand moment, avant de les laisser attendre la conférence de 19 heures,

et de descendre vers le car (qui a eu la gentillesse de m'attendre pendant que tentais de courir, avec manque d'élégance autant que d'efficacité).
Cuisson de patates, arrosage, bagarre avec mon mac qui avait une crise de dépit, petit tour internet, 

et départ pour l'opéra, pour un spectacle du ballet de Lausanne (chorégraphies de Maurice Béjart) avec le souvenir de découvertes anciennes, et, plus récent, d'un ennui aussi profond qu'estimable.

En première partie, d'abord «cantate 51» (mars 1966) sur une très belle interprétation par l'orchestre de chambre de la Sarre de la cantate précité de Bach, sur et dans bleu, danseurs (un elfe oriental excellent, une beauté glacée dansant à la perfection, et de bons danseurs) classicisme, bonds, audace, beauté, bâillement.
Puis «syncope» une chorégraphie de Gil Roman - cette fois - actuel directeur, je crois – musique syncopée ou arrêt, ralentissement, du coeur, les deux, plus de l'esprit, plus de bons danseurs, plus un rythme soutenu dans les successions de groupes, d'atmosphères, Brigetoun souriant...

Puis, escaliers descendus, remontés, et un peu d'air doucement frais pendant l'entracte, me suis crue réveillée pour «ce que l'amour me dit» (décembre 1974), sur trois mouvements de la symphonie n°3 de Malher) –
mais si ce que j'ai vu était beau, ma vision, le déroulement du ballet étaient entrecoupés de longs et fréquents moments où, nuque à peu près raide, je m'absentais, avec de brusques chutes du buste, freinées dès l'amorce du fléchissement.

Et bien entendu me suis totalement réveillée en retrouvant l'antre (enfin presque).
Voilà, voilà 

7 commentaires:

Pierre R. Chantelois a dit…

C'est mettre à bien rude épreuve le corps que de lui imposer un tel rythme d'enfer dans un seul jour ;-) Je peux comprendre qu'en fin de soirée la nuque témoigne de ce rythme par une certaine raideur. Mais tout de même... Jean-Sébastien et Gustav en un seul soir, voilà bien une expérience qui aurait également apporté un peu de tonus à mon esprit paresseux.

Dominique Hasselmann a dit…

Projets littéraires, Bach, Mahler... (architecture un peu différente de la salle de la Cité de la musique), tout s'est joliment conjugué ce jour-là, dirait-on.

brigetoun a dit…

j'ai de la chance aussi pour votre fidélité à tous deux

jeandler a dit…

Et le Rhône franchi,
d'un seul coup d'aile
La Chartreuse visitée (et photographiée): mon grand regret de n'avoir eu ce courage de passer sur l'autre rive...
Une belle d'entre les belles journées.

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Bien jolie et bien agréable Villeneuve.

Gérard Méry a dit…

flânerie musicale et demain est un autre jour

Anonyme a dit…

Sourire à lire la suite de ta journée ici ! Pour quelqu'un qui ne sort pas :)
À bientôt !
Juliette