jeudi, mars 29, 2012

Hum – donc Jean a dit


Brigetoun en ce mercredi matin, entre auto-mépris et indulgence à soi, entre reconnaissance et rancune pour bêtises, entre malaise et plaisirs, une journée s'en va
et, pour ne pas abandonner, encore, paumée en ce trou, repêche un paragraphe d'un convoi des glossolales http://leconvoidesglossolales.blogspot.fr/

Jean a dit «il y a le sourire, il y a le pré, la pluie, la salsepareille» j'ai dégusté salsepareille et j'ai interrogé le jardinier qui donnait un air de campagne folle aux bacs de ma ville et il a nommé le pissenlit, le coquelicot, le bleuet, l'ail des ours, la renoncule et la pâquerette - des images me sont venues - me suis perdue en entendant l'achillée mille feuille et l'achillée noire, l'ononis coquesigrue, l'orphys araignée, la dorine, la douce-amère (j'ai savouré mon semblant de science mais n'ai rien vu), la drave printanière, la ravenelle, la xatardie rude, l'alchemille argentée, de Grenier ou des prés, l'adonis d'automne, l'ancolie, l'ambroisine, l'andromède – j'ai dit mais ce n'est pas une plante ! - il a dit mais si, aussi – le sabot de Vénus, le nombril de Vénus, la samoie, le narcisse – oui - à feuilles de jonc – ah ? - l'arrête-boeufs, l'éperviaire, la benoîte des ruisseaux, la gesse annuelle, l'arabette hirsute, le capuchon de moine, l'astragale queue de renard, la campanule – j'ai dit ah oui – il est parti

10 commentaires:

L'ETERNITE ROMAN a dit…

Oh le plaisir de l'énumération...

Dominique Hasselmann a dit…

L'ancolie, la mélancolie...

arlettart a dit…

"Jean "s'en est allé rêvant d'une prairie de noms savoureux
Salsepareille ...

jeandler a dit…

"Hum..."
un besoin de verdure de fleurs et de douceurs, c'est certain.
L'herbier feuilleté, passion d'herboriste.

Françoise Dumon a dit…

Rien que pour le plaisir des noms et de ce qu'ils évoquent.

Danielle Carlès a dit…

Moi, pour le goût dans la bouche et qui va aux oreilles : "le pré, la pluie, la salsepareille" (et sans commentaire !).

Pierre R. Chantelois a dit…

Je constate que par un malheureux hasard mon commentaire n'a pas été diffusé plus tôt ce matin. Je vous faisais remarquer qu'en ce trou où la lumière semble absente, il reste un rayon de soleil dans les mots de Jean : «il y a le sourire, il y a le pré, la pluie, la salsepareille».

brigetoun a dit…

oui je l'avais vu dans ma messagerie, merci, et pas vérifié ici - ça doit être la deuxième fois que blogger fait de vous un spameur ! cachez bien votre jeu - et je vous prie d'accepter mes excuses

Gérard Méry a dit…

Une belle leçon de plantes avec des noms poétiques pour certaines, l'ail des ours par exemple. Les mauvaises langues diront que c'est un billet au ras des pâquerettes...

brigetoun a dit…

pire demain - à mon seul usage