samedi, avril 21, 2012

Effacer – non, musique


suis ombres envahissantes, bouffant la lumière et ce qu'elle contient

suis ombre nourrie, pleine, gorgée de vie et pensées claires et sombres, rampantes, stupides,
comme dans les fonds sales des ports où comme dans les grandes profondeurs, me dis-je quand trop orgueilleuse suis
mon temps fût, grâce lui sois rendue
mon temps s'en va, et me viens l'invisibilité

la gentille inconsistance me lasse
mais je crois que me manque la fermeté d'y mettre fin


oh ! à part ça un beau concert, ce vendredi soir...
mais je ne sais pas dire, je ne crois plus que saurais dire... le martèlement sourd enchâssé entre deux pépiements clairs de Lumen de Régis Campo, le charme herbacé des deux danses de Debussy, la brève et insolente décomposition du concerto en mi bémol Dumbarton Oaks de Stravinsky, la beauté, presque inouïe parfois, du jeu de Kiril Troussov et de son blond et vénérable violon dans le concerto en ré majeur de Brahms, dialogues, rhapsodie, élans, l'infinie douceur du hautbois au début de l'adagio, et la reprise de la mélodie par le soliste survolant les cordes....

Je ne crois plus que cela puisse retenir..
Et voilà mon manque de volonté.

11 commentaires:

Pierre R. Chantelois a dit…

A propos de la lumière et des ombres, votre propos me rappelle - je ne sais pourquoi - Le Clezio : « J’ouvre les yeux, la mer et la lumière me brûlent jusqu’au fond de mon corps, mais j’aime cela. Je respire, je suis libre. Déjà je suis portée par le vent, par les vagues ». Peut-être en raison de ceci : « suis ombre nourrie, pleine, gorgée de vie »

maria-d a dit…

"manque de volonté" dites-vous ... oui, mais il vous reste la musique de la lumière et la lumière de la musique est c'est énorme.

Beau.

la bacchante a dit…

Quelle est donc cette invisibilité née de trop de lumière avalée?

D. Hasselmann a dit…

Réécouter Debussy et la mer berceuse, consolatrice, impériale.

Flo H a dit…

Par delà les distances de toutes natures, certaine, souvent trop orgueilleuse aussi, voudrait vous dire qu'elle vous voit, et combien votre présence illumine.. Et que vos mots en défi au temps sont cette belle énergie qui se répand. D'une tristesse vous extrayez la musique, et de l'ombre toujours ce soupçon de lumière singulière. Des mots qui émeuvent, nourrissent et désaltèrent la pensée..

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Je ne pourrais pas dire mieux !

Sab a dit…

Vous dites de mieux en mieux, que dire de plus ou de moins.

jeandler a dit…

Que du bonheur à défaut de soleil...

brigetoun a dit…

vous êtes trop indulgents

Anonyme a dit…

Après les mots de FLo H que dire rajouter de plus.

Bon dimanche Brigetoun :-)
Ne devenez pas invisible SVP ;-)

Flore

Gérard Méry a dit…

Lorsque tout va bien en permanence..ce n'est pas normal ...si çà peut te consoler.