vendredi, juin 08, 2012

Se réfugier derrière couleurs


ce serait rencontrer un étalage des couleurs de la Provence quand elle se vend, l'ocre franc et profond parce que c'est proche, le rouge des papes, parce que les carrelages, le bleu dur de la mer telle qu'on l'imagine de loin, le bleu violet du ciel de mistral ou de la lavande, et les verts pour faire chanter, et puis ce serait aimer l'éternel, les gris des oliviers et des vieilles façades, le verdâtre des fonds de ports et tous les beiges et verts morts des savons de Marseille, la poussière des chemins, les noirs des vêtements

ce serait déguster avec les yeux, jusqu'à l'écoeurement, la glaçure des fruits confits et se souvenir que tant les aimait

ce serait la liesse d'un étal de légumes printaniers

ce serait, pour se mettre le coeur en joie, le chant des fleurs et le jeu des verts luisants des plantes, venues de tant de terres, après l'arrosage du matin, ce serait les parfums en fin de journée, quand la terre et les feuilles boivent l'eau après la chaleur

et puis, en avançant, ce serait rencontrer la trace effacée qui dit un arbuste mort

et dans un coin, dans un monde à part, une tente minimale et improbable, qui tenterait idiotement un charme de conte naïf, ce serait une volaille qui paraderait à l'entrée comme maîtresse des lieux, ce serait cachée au fond, pelotonnée, une petite vieille qui dirait qu'elle médite, qu'elle veut plus jouer, qui ne le penserait qu'à demi, mais tout de même..
ça devient par trop ridicule.

20 commentaires:

Pierre R. Chantelois a dit…

Voilà précisément la raison - fort bien traitée - pour laquelle j'aime les trois saisons que sont le printemps, l'été et l'automne. L'ajout des couleurs dans notre vie de tous les jours est un baume salutaire et essentiel à notre survie.

jeandler a dit…

Ce serait comme un bonheur abandonné
une poule à la porte attachée par une patte
une palette qui chante
le pinceau en point d'interrogation
ce serait un matin
et puis ce serait le soir.

Bonne journée

brigitte celerier a dit…

ce serait tenter la disparition

Dominique Hasselmann a dit…

les couleurs, se laisser bercer par elles, même le blanc en est une.

La disparition ? Celle de Perec suffit à elle seule.

brigitte celerier a dit…

je m'en veux, j'ai la stupidité de ne pas la supporter, de croire la voir, d'avoir envie de trancher

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Couleurs, couleurs...

tanette2 a dit…

Une belle palette, de belles photos...ce serait bien dommage de ne plus jouer...

JEA a dit…

mince, il y a de la magie dans l'air...
la carte "Pétanque" ?
son bleu est parvenu dans ma boîte aux lettres juste avant que vous ne la publiez sur cette page !!!

Danielle Carlès a dit…

Il y a un réel paradoxe, cette disparition n'apparaît qu'à vous, nous ne la devinons qu'à travers vous, et si vous disparaissez, pour nous la disparition disparaîtra aussi, restera votre absence.
Et que ferons-nous ? Une idée, si vous vous ennuyez un peu dans cette maison-là, venez rendre visite aux amis, pas seulement une fois par mois pour le rituel rendez-vous, mais à votre guise, venez comme vous êtes, changez d'air, amenez vos mots et vos photos, et tout simplement. On n'est pas toujours (en fait jamais) obligé de trancher (le bras entier, les deux jambes) quand ça fait mal, il y a des manières plus douces, et vous n'êtes pas seule.

brigitte celerier a dit…

merci Danielle pour votre gentillesse - disons que j'étais en mauvaise passe besoin d'une pause - m'a mise de bien meilleure humeur - une petite retraite d'une semaine je crois - (mais je ne me passerai pas d'Horace)

arlettart a dit…

Pourtant toutes ces couleurs qui chantent ??qui habillent le coeur

JEA a dit…

ai souhaité déposer un commentaire sur le bord du billet suivant
mais en vain
les grilles de la dernière photo ?

brigitte celerier a dit…

fenêtres de l'hôtel de luxe en face de chez moi

Gérard Méry a dit…

La vie serait triste en noir et blanc

Gérard Méry a dit…

Garde l'éclat de rire pour répondre à ton billet de ce samedi.... et ne crois pas que tes fidèles se contenteraient soit disant de médiocre....

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Attends, attends, c'est bientôt le festival !...

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Le commentaire précédent aurait dû bien sûr être posté sur la note du 9... :)

jeandler a dit…

La disparition à la Pérec...

Pause - sur le bord du 09.06.2012
Une note rien que pour soi
et cependant...

"Sortir dans la rue " et cueillir au passage ces fleurs rouges, ce vélo qui les porte,cet arrière-pub de voiture. Sublime !

Gérard Méry a dit…

porte close pour inventaire ?

joye a dit…

Pas possible de te laisser un com' pour l'autre billet, je te salue d'ici...SALUT !!!