samedi, juillet 28, 2012

Céder et déguster ma dive paresse – avec l'aide ponctuelle de Novarina, et aller écouter Cadiot et Burger, ce plaisir


Me suis abandonnée, ai cédé à mon penchant pour l'inactivité la plus totale, vous savez un stade après ou avant l'oisiveté, quand on ne pense même pas à sentir que l'on ne fait rien, juste avant d'être inconscient du plaisir de cet état végétatif.

Ai juste flotté un peu à la surface de l'inquiétude de Novarina, parce que cette inquiétude, qui est bien là, ne laisse pas d'être jubilatoire, depuis
Or, des pensées, j'en avais justement une seule par an ; une seule par an seulement tout juste mais qui me partait de la tête toujours assez solennellement.
Très heureux que des choses enfin me vinssent dans mon esprit moi aussi, je m'empressai de n'en exprimer aucune oralement à quiconque, et résolus sur-le-champ de tout inscrire écrit pour ne rien en perdre. Nul mot je pipe aux restes de la famille qui ne l'entendais pas de cette oreille... - et la liste de ces pensées, et les circonstances et moyens étranges et pas tellement gais en eux-mêmes de ces notations sont d'un rire fort et presque guerrier, s'il n'était détaché – jusqu'à, après quelques événements, quelque sentences - comme car pour l'homme – sachez ça ô enfants – l'enfance est une très mauvaise formation. - et la danse des mots et cette façon qu'ils ont de se mettre en listes rimant peu ou prou, (et ça ne fait que quelques pages)
Ainsi, nous les natifs, nous sortons toujours de nos vies la tête vide. Terre, qu'as-tu voulu faire avec nous par terre et avec toute cette terre là ? Nous sommes dans l'air avec, des têtes avant-arrière, si pleines de poussière, que nous n'avons plus que la pensée qui s'en maintienne. Père qu'avait à faire toute cette terre ci-avec nous ?Elle était notre chair, homme annulé, notre chair, animal-né, notre chair d'omnimal omnidé....et j'ai gardé les dix dernières pages pour une autre occasion.
(et j'ai repris une des photos par Christophe Renaud de Lage, de Stanislas Roquette nous disant ce texte l'autre jour).

Constaté en allant arroser, un peu après dix huit heures

que le bleu pur qui régnait à trois heures sur la cour nous avait quitté, remplacé par des moutonnements gris vaguement menaçants (décidé d'ignorer)

La pluie est venue, un peu avant mon départ (l'ai maudite en pensant aux files d'attente hors et dans le jardin du gymnase du Lycée Saint-Joseph), ai pris un parapluie et m'en suis allée - au moment où les nuages se déchiraient, libéraient des plages bleues -


vers la rue des Teinturiers,


et le gymnase de Saint Joseph

 écouter, certaine d'aimer, et pas si gênée par cette certitude, Psychopharmaka, de et par Olivier Cadiot et Rodolphe Burger, résultat d'un voyage en commun en Suisse et en Allemagne

Il y avait les places assises, mais aussi l'annonce que des gens seraient debout devant


il y a eu Brigetoun décidant de se mettre tout à fait devant, contre l'angle de la scène, coincée entre le mur et un preneur de son, avec juste deux bonshommes agenouillés devant elle


avec le temps et les arrivées, derrière nous et au centre devant la scène les gens se sont peu à peu assis à terre, devant plusieurs rangs debout, les gradins voyant ce qu'ils pouvaient, mais entendant

Psychopharmaka qui a pour point de départ la figure de Kaspar Hauser, cet orphelin de l'Europe dont le langage reste à construire. C'est un projet romantique qui, dans un même élan artistique, conjugue utopie esthétique et projet de vie pour créer une langue dansante parlée par la guitare joueuse de Burger, qui se pose en contrepoint des voix enregistrées et mixées en direct par Olivier Cadiot (dit la présentation sur le programme du festival)

Trouvé, un peu avant de sombrer dans la sieste, ce lien avec l'enregistrement de l'exécution à la Comédie de Reims, qui n'est pas exactement identique à ce que j'ai écouté ce vendredi soir (il y avait notamment la présence de Rosemary Standley, et je ne sais pas si les instrumentistes - ici Julien Perraudeau à la basse et Alberto Malo à la batterie – étaient les mêmes mais je le crois..  et puis d'un jour à l'autre toute interprétation varie), mais l'essentiel y est. http://www.franceculture.fr/emission-pas-la-peine-de-crier-psychopharmaka-2011-12-02

Il y a eu Cadiot commençant bien, avec Nietzsche, vacances, un peu, et puis tout de suite le règlement de comptes avec Wagner, et Ecce Homo et... c'était parti
Il y a eu les voix enregistrées, il y a eu un peu de tout et Heiner Muller, il y a eu la poésie et les oiseaux et les chevaux qui sont la même chose, il y a eu surtout la musique de Bürger et de ses musiciens, des chansons, il y a eu toujours les voix mixées en allemand, en welche, en français à rudes timbres, mixées et parfois traduites par Cadiot, il y a eu baigner dans une étuve

il y a eu une ambiance de fête, il y a eu gens perdus en attention, il y a eu le plaisir, le rythme, l'humour, les instrumentistes, la très belle voix de Rosemary Stanley qui passait derrière un rideau, il y a eu Brigetoun qui était parfaitement heureuse malgré cette dure petite boite métallique accrochée au preneur de son qui lui entrait dans la hanche, il y a eu l'étuve et le brumisateur quand je commençais à en pâtir

il y a eu Brigetoun, au bout d'une heure, qui se sentait un peu floue, s'est reculée contre le mur de côté, près de la porte, était très bien, ne voyait plus mais écoutait

il y a eu franchir cette porte, et réaliser que l'on entendait tout aussi bien dans le jardin, que certains s'y étaient installés, ou entraient et sortaient

il y a eu s'y trouver délicieusement bien, allonger les jambes sous une table, fumer un petit cigare, penser à une fête pendant des vacances, rester là jusqu'à la fin

il y a eu la rue des teinturiers, les dîneurs, les passants, les dernières entrées dans les théâtres, les marchands

il y a eu les poches d'activité de la rue des Lices

le grand calme de la rue Joseph Vernet


un refus d'en finir avec le jour sur ma place, la rentrée dans l'antre, faire un tour sur internet, jeter les photos les pires, ne pas trier les autres, les garder, y ajouter des mots, et voilà.

7 commentaires:

mirae a dit…

alors on descend de l'estrade(haha mais on seront toujours sur l'estrade de la vie)alors on descend de lestrade en la lumière de tes photos magnifiques en bleu. quelle manière parfaite de descendre-le bleu de la musique et du ciel. le bleu de la libération et la tristesse et beauté accablante.tu as dit quelquepart ici la beauté de la tragédie et je comprends.
aussi ta photo sur les chapeaux-magnifique-quand je porte un nouveau chapeau c'est comme je porte un nouveau reve.
et ta photo de la lumière qui n'est jamais tiré acoté du rideau des feuilles
et on descend
tesmots-fumer un petit cigare penser à une fete pendant des vacances rester la jusqu'a la fin.


je t'embrasse en les notes de la musique du ciel pur et revelant.

écris une pièce pour nous chère Brigitte, je t'en prie.

Pierre R. Chantelois a dit…

Courage et grande force pour contrer les moutonnements gris vaguement menaçants (belle photo 00714). Belles photos également, prises sur le vif, de Psychopharmaka. Et pour ma part, je garde toutes les photos prises dans une journée. J'aime ces photos de nuit dans les rues d'Avignon.

brigitte celerier a dit…

mais désolée, depuis que l'avez vu j'ai pu récupérer et incorporer, en modifiant légèrement le texte les photos coincées dans nouvel appareil

arlettart a dit…

Agréables "va et vient" entre tes rubriques , le Monde et FC
avec la forte impression de participer
J'ai l'impression que cette année tu te surpasses !! encore plus
Un grand Merci
Très juste écris nous une pièce !! on te trouveras des "sponsors"

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Intéressante première photo.
Une direction que j'aime.

Pierre R. Chantelois a dit…

Brigitte. Je reviens toujours sur mes pas. Et j'ai constaté en effet. L'enchantement est davantage marqué par ces petites retouches. Ce clocher de la rue des Teinturiers ne laisse pas indifférent.

Gérard a dit…

En fait tu es une oisive qui trime énormément