dimanche, août 05, 2012

La chaleur oisive de l'été – jazz dans la nuit


Quelques pas dans la cour aux petites heures, quand avec le jour qui s'affirmait me venait petit frisson et l'impression certainement fausse que retombait la chaleur de la nuit.
Lavage de cheveux, lectures un peu, copie de textes pour http://brigetoun.wordpress.com un peu, sieste un gros peu, essayer de voir autre chose que du tennis (sans doute ce qu'on peut faire de plus éloigné de l'effort gratuit et pour moi l'ennui maximum... presque pire qu'un concours haltérophilie, presque) et d'être spectatrice béate devant des coureurs, des sauteurs, faute de gymnastes, ou de la voile ou...

ai renoncé, suis sortie dans les rues alanguies d'Avignon, ai croisé les derniers acheteurs de soldes rue Joseph Vernet, vu un manteau ébouriffant et multicolore, décidé vertueusement que m'en passerai, retrouvé semblant d'animation rue de la République, fait quelques courses chez Carrefour m'évitant les halles dimanche, et tant pis pour la qualité, fait serment de ne plus mettre un orteil dans le tabac-marchand-de-journaux à la clim ridicule, suis rentrée en slalomant entre les familles mangeuses de glaces de la rue Saint Agricol.
Arrosé, admiré la détermination, le recueillement puis la beauté de la course des jeunes femmes des séries du 100 mètres.

en attendant de me changer et, pleine du regret d'avoir abandonné vendredi soir, de partir vers le cloître des Carmes pour retrouver les avignonnais, assister au troisième concert du tremplin jazz, avec les ondes orientales, le Dhafer Youssef Quartet, après avoir regardé la vidéo figurant sur le site

Mais il faut croire que quelque chose en moi refusait ces concerts, que pourtant j'avais désirés, parce que suis partie en retard, et j'ai dû marcher à grands pas réguliers à la limite de la course, telle une mécanique presque digne des jeux olympiques, pour arriver si loin dans la file d'attente que j'ai failli renoncer, peu soucieuse de me retrouver perchée en haut du cloître,

mais comme je refuse les consignes, j'ai fait le tour des gradins pour aller retrouver ma place au premier rang, pas tout à fait sous ma gargouille, à côté de deux petits filles très sages, et me suis carrée, autant que les sièges le permettent, rassurée.

Ecouté, aimé, ce jazz un peu bâtard pour certains (avant audition) et j'ai pris, en suivant leur musique, trop de photos (en ai jeté plus de deux fois autant que les trop nombreuses que vous inflige, un peu en vrac)

Dhafer Youssef est tunisien, compositeur, joueur de oud et chanteur (a commencé à dix ans pour les fêtes de mariage), installé à Paris, et de plus en plus influencé par le soufisme, qui teinte son jazz sans que ce soit retour aux chants religieux.
Chant qui est souvent mélopée, animée par de petits coups qu'il se donne sur la poitrine, infléchissant le son, mélopée qui devient chant, et chant s'élevant très haut dans aigu (sans parenté pourtant avec une voix de haute-contre), qui ouvre à un ailleurs.

Il est accompagné par Kristjan Randalu au piano, le très grand (physiquement) et fort bon Chander Sandjoe à la batterie et, à la contre basse, Chris Jennins dont j'ai tout de suite aimé le son charnu, et qui nous a offert, à un moment où les trois autres faisaient une pause un solo passablement merveilleux.

Dhafer Youssef est vraiment le meneur, mais il a une jolie façon de se planter devant l'un ou l'autre et d'instaurer avec lui un dialogue d'égal à égal.

un beau moment qui a rendu le public heureux (d'après les applaudissements et les conversations en sortant)

Je regrette un peu tout de même qu'on ai abandonné l'ancienne formule de concerts, beaucoup plus longs mais plus vivants, avec en première partie l'un des groupes concourant au tremplin, une circulation dans le galeries et devant le cloître (pour fumeurs) avec pizza, sandwichs, discussions, et la vedette en seconde partie.

Retour dans une nuit d'été ordinaire d'Avignon, avec poches d'animation douce – et je me dis que finalement il est heureux que ce n'ait pas été plus long (deux heures tout de même) m'a laissé un peu de temps pour jeter les pires photos (pas assez)

11 commentaires:

Pierre R. Chantelois a dit…

C'est merveilleux. J'ai démarré la vidéo. Et je suis revenu au début de la chronique. J'ai laissé défiler les photos lentement tout en laissant filer les notes de Dhafer Youssef. J'ai soudainement eu l'impression vague d'être à Avignon. Une expérience unique à travers les commentaires et les mots de l'auteure. A vivre et à revivre.

brigitte celerier a dit…

grand merci, Pierre, pour votre gentillesse et votre fidélité

brigitte celerier a dit…

pas le même batteur ni je crois le même pianiste (et jeu moins incandescent de ce dernier hier soir)

jeandler a dit…

Tendre et douce nuit...

Je note que vous avez une fontaine Wallace, presque partout disparues.
Un joli mobilier urbain. Et si l'eau y coule, merveille !

brigitte celerier a dit…

mes yeux ont l'habitude de lisser sur elle, et tout d'un coup cette nuit je l'ai vue - une photo pour lui dire bonjour de la part de celle qui était en bas de chez moi, rue de la Roquette

arlettart a dit…

Tiens!! étais persuadée que tu n'avais pas de tv !!

brigitte celerier a dit…

je n'en ai pas et n'en veux pas - mais envie (idiot non) de voir de beaux corps en mouvement, comme peu de photos tente regarder (passe pas très bien ce que peux récupérer sur site france télévision)

mémoire du silence a dit…

Comme tous ces visages sont beaux

merci

Anonyme A a dit…

génial ce morceau de musique

Gérard a dit…

Merci, merci Brigitte pour ce merveilleux Youssef Quartet de rêve

Danielle C. a dit…

J'ajoute mon merci, moi aussi, pour le bon moment que vous m'avez offert, les photos, la musique, la nuit d'été ordinaire d'Avignon qui vient rencontrer et apaiser ma propre nuit.