jeudi, août 02, 2012

Un long moment chez Yvon Lambert

Suis sortie à quatre heures dans la touffeur de la place, sur laquelle régnait le soleil en gloire,

ai constaté qu'un petit carton avait survécu dans la ruelle,

ai rencontré une équipe du service de propreté de la ville qui coupait systématiquement tous les liens restant en place après qu'on ai enlevé dans un premiers temps les cartons, et laissait les ficelles et autres là où elles étaient tombées – me suis demandée si une troisième équipe était prévue pour ramasser ces reliefs...

et j'ai retrouvé les belles devises signalant l'exposition d'été de la Collection Lambert, dont j'avais négligé le vernissage, le premier vendredi de juillet, un rien crevée après les vases communicants et la parade du off

et dont j'oubliais l'existence.
Brumisation pour passer à la clim (finalement assez douce), agacement parce qu'un jeune inconnu était à l'accueil, fort des principes édictés et a exigé que je me débarrasse de mon sac.
Ai grimpé l'escalier avec, en mains, calepin, bic, brumisateur, lunettes, billet et appareil au cas où... (pensé en cours de route que la fine veste de nylon qui pendait idiotement à mon bras avait des poches)

Ai débouché dans la première salle de l'étage, vouée à Basquiat avec plusieurs beaux tableaux et une série de grands dessins qui font le lien avec le couloir (sur lequel s'ouvre une salle obscure abritant une vidéo de Nan Goldin) et ne savais si les photos étaient autorisées (ça n'avait pas été le cas pour une exposition) alors je récupère sur le site de la Collection http://www.collectionlambert.fr/ «She Installs Confidence And Picks Up His Brain Like A Salad», 1987, huile et acrylique sur bois l'un des beaux Basquiat.

Dès la salle suivante, tapissée des beaux sel portraits of You + Me (grandes photos aux yeux brulés et remplacés par des miroirs) de Douglas Gordon, les jeunes gardiennes m'ont dit que les photos étaient même encouragées, alors j'ai abusé (gardé presque toutes) – et tant pis, vais en gros me borner à donner les noms des artistes

La grande galerie du le premier étage est d'un bleu qui joue avec la lumière des porte-fenêtres, cadre somptueux pour la belle et presque oppressante galerie (sur trois côtés) des photos d'Andres Serrano que j'aime tant 

sur le petit palier et sur la volée de marches pour rejoindre l'escalier intérieur, une première série des photos scrutatrices d'Isabelle Hupert par Roni Horn (on la retrouve à plusieurs moments dans l'exposition)

et, l'instinct narcissique (avec culpabilité qui interdit la pose) de Brigetoun, hésitant à tenter les combles (négligées c'est encore le royaume des fumigènes) devant les miroirs

plongée en lumière violette pour rejoindre les salles du demi-étage et le mauve de la pluie pourie de Claude Lévêque

Après de belles photos, un presque malaise sur le palier, et confirmation par un gardien que la salle latérale, vouée à Cy Twombly est climatisée au delà de ce qui est concevable et supportable (malheureusement les beaux panneaux de fleurs qui avaient provoqués le baiser d'une imbécile en mal de reconnaissance, et la plupart des oeuvres exposées ces dernières années, comme les photos, ne font pas partie de la collection)

ne m'y suis pas attardée, et j'ai rejoint la grande salle, avec des Twombly encore, une série de panneaux de rayures de Buren, des Mangold, un Bernard Lavier sur miroir et, vers le fond,

la spirale mouvante de Zilvinas Kempiras...

sur le petit palier à la suite, la présence évidente du monument de Boltanski

et ses miroirs noirs dans le petit escalier vers le rez-de-chaussée 

pour déboucher, à l'entrée de la grande salle de l'aile, près de la fenêtre sur la rue Violette, entre de très belles photos de Nan Goldin – le romantisme de Guido on the Dock – Venise 1998

Au mur de la grande salle dont ce coin fait partie, qui s'ouvre sur le cour d'entrée de l'hôtel, des monochromes blancs de Robert Ryman, mais surtout deux belles techniques mixtes, sur le mur du fond, d'Anselm Kiefer, comme le bateau installé devant les baies

et les deux aquarelles en haut de la petite rampe, vers les dernières salles,

une salle obscure pour des vidéos de Salla Tÿkka (j'avoue que je ne me suis pas attardée, juste fascinée une dizaine de minutes par un combat-leçon entre une jeune femme et un fort boxeur, mais j'étais un peu lasse, et j'avais envie d'être seule)

et l'enfilade des salles au rez-de-chaussée sur le boulevard – la première vouée à Barcelo avec deux grands panneaux,

et deux très beaux, et difficilement photographiables à cause des reflets (imagination requise), panneaux en hauteur que n'avais jamais vus, des hombres negros de 1983

une salle pour une installation de Carlos Amorales

dans la suivante, noire et blanche, un piano de Bertrand Lavier, 12 lithographies de Brice Marden, et de grands Richard Serra

puis une dominante grise et ocre, avec une forme en graphite sur papier de Diogo Pimentao et un très beau et grand panneau de Kieffer (abîmé par la photo)

et une grande fleur du même

deux salles avec les Van Gogh de Vik Muniz, des Brice Marden, Lavier etc... et Brigetoun n'osant rien toucher (ne le voulant d'ailleurs pas) en traversant la librairie, les mains couvertes de traces de bic, entre transpiration dudit, et difficulté parfois de manier à la fois papier, bic, appareil etc...

traces qui n'ont pas résisté à l'eau et au savon du vestiaire. Voilà, voilà. Passionnant n'est-il pas ? 

10 commentaires:

tanette2 a dit…

Ai suivi avec grand plaisir ton regard sur cette exposition.
(Comme toi, je me demande si la 3è équipe a ramassé les "bouts de ficelle...")

arlettart a dit…

Un régal ! pour ces photos "encouragées " et le plaisir de la visite en retrouvant des images connues sur tes pas
Aime le bateau de Kiefer et tant d'autres
Merci! merci !ne sais si j'y retournerai encore

Anonyme a dit…

Magnifique !Merci pour la visite :)

Vinosse a dit…

Tout l'étalage du pognon (de la réussite) d'Yvon Lambert...

Beurk.

brigitte celerier a dit…

bien sûr, (et billet pas donné d'ailleurs), mais autant en profiter

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Merci !

Pierre R. Chantelois a dit…

Voilà des salles d'où il doit être très difficile de s'extirper... Combien d'heures faudrait-il pour tout voir sans se presser, sans hâter le pas vers la sortie?

jeandler a dit…

Pour une fois que les photos étaient encouragées ! C'est extraordinaire. Du jamais vu pour une expo!
Le sac laissé à l'entrée mais la tête, à la sortie, pleine d'images. Superbe et grand merci pour cette superbe expo.

david d. duquerroigt a dit…

Grand plaisir à suivre vos pas. Merci mille fois. On aimerait des romans faits et écris ainsi. Mais ça existe ? Oui, il parait.

Gérard a dit…

Certaines peintures sont magnifiques, les griffonnages me laissent pantois