samedi, octobre 13, 2012

Un jour de plus, encore – et vrais-faux souvenir


Suis tombée du lit à l'aube pour me laver les cheveux, me débarrasser de la lotion tueuse des sales petites bêtes que, je l'avoue, j'ai ramassées quelque part, pour ratisser lentement et avec force, une troisième fois, ce qui fut chevelure abondante, me dire que j'en ai fini, et ne plus en être tellement sûre avec le jour qui avance, gagner la bataille de la plomberie, sourire à l'automne qui colore un peu ma cour, et stupidement me rendormir un chouya.

Ai émergé une demi-heure plus tard, vidée, et j'ai cheminé au long du jour, âme presque en paix, tremblement des os et des paupières, jambes juste assez fermes pour promener aspirateur et serpillière, creux froid en moi, douce béance, intelligence de pigeon, ce qui n'est pas grand chose, qu'ils me pardonnent.
Récupéré juste un peu d'yeux et esprit pour goûter, extrêmement, ma promenade avec Nathanaël Gobenceaux à travers ses courtes incursions dans 46 villes, bourgs et autres lieux l'un des deux très brefs publiés ce vendredi, comme chaque semaine, dans la collection à tout tout bon marché de Publie/net ouvrez http://www.publie.net/fr/ebook/9782814506909/46-villes-bourgs-autres-lieux - quelques lignes, souvenirs marquants : une ou deux notations dignes d'un guide, des détails, la façon dont ils l'ont vécu cette ville (car ce sont presque toujours voyages à deux, le deux variant), les plaisirs cueillis, la quotidienneté – et chaque fois une ambiance, avec en écho intérieur, pour le lecteur, des souvenirs autres en contrepoint ou à l'unisson, avec petit infléchissement –
Comme nous discutions, la nuit s’installait discrètement, lorsque nous sortîmes c’est le long d’un quai sombre que j’allais pour rejoindre ma voiture, accompagné de quelques lumières de boutiques et des reflets lumineux de l’autre rive, se reflétant dans l’eau de la rivière.(Chinon)
un grand charme dont je ne saurais dire à quoi il tient

et puis repris un paragraphe, un c'était.. (même si rituellement chaque fois que je le fais les stats de paumée s'effondrent, moi j'aime bien) d'un convoi des glossolales http://leconvoidesglossolales.blogspot.fr/
C'était accompagner le vieux jardinier pour ouvrir, lorsque c'était son tour, la vanne sur le petit canal du quartier, qui venait de se remplir d'eau. C'était le suivre le long du circuit, et avoir le droit de relever la petite cloison métallique qui permettait de donner l'eau aux laitues, à un autre carré, ou de remplir le caniveau du jardin de fleurs. C'était voir la petite rigole de ciment se transformer avec un léger murmure en ruban de vie. C'était, derrière son dos, faire flotter une brindille et la suivre en gambadant dans le soleil.
Photo, qui ne correspond pas tout à fait à mon souvenir, d'une rigole dans un jardin andalou http://www.capvert14.fr/post/2009/07/21/Retour-aux-sources

7 commentaires:

mémoire du silence a dit…

"Rien n'est plus vivant qu'un souvenir"
F. Garcia Lorca

Pierre R. Chantelois a dit…

Petites actions ordinaires deviennent de beaux récits. Petites actions ordinaires deviennent aussi poésie.

jeandler a dit…

Ces petits canaux d'irrigation, on les nomme " béals " en Cévennes. L'eau y est vive et d'abondance.
Ce convoi des glossales ainsi nous irrigue.

Dominique Hasselmann a dit…

Quotidien qui n'est plus seulement de papier...

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Il aurait pu y avoir un chien anglais meurtri dans le jardin andalou...

(^_^)

arlettart a dit…

Souvent un simple détail , une odeur , une brise particulière forment un immense souvenir d'un lieu
un brin de Proust en sorte

joye a dit…

Tu ne vas pas me croire, mais j'aime ton quotidien et ta façon de le raconter et de le montrer.