vendredi, janvier 11, 2013

nourritures et rêves


Il y aurait donc un quelque part où elles grandiraient hors de mesure.
Il y aurait répondre : deux je ne saurais.
Il y aurait en déguster, en grand plaisir, une.
Il y aurait être repue.
Il y aurait s'absenter, siester ou pas tout à fait, retrouver ce rêve de toujours : avoir une oliveraie, des murs et un toit, une ou deux terrasses, grandes restanques, s'asseoir sur une racine, les pieds jouant avec les cailloux, regarder, plus loin, en dessous, la mer et ses découpes, après une ondulation douce de collines, de pins, d'oliviers, de quelques platanes près de maisons fortes et simples, en mangeant du pain frotté d'huile et d'ail.
Il y aurait, dans ce bonheur calme, s'inventer un autre désir : avoir un petit pointu amarré dans l'un des deux petits ports, là, en dessous – avoir accoutumance avec lui, savoir toujours partir en accord avec lui, des plaques de liège où sont enroulées des palangrottes dans un seau coincé sous un banc, revenir avec des sarrans, des girelles, des gobis - il en faut pour la base -, des petites rascasses, pas beaucoup, juste ce qu'il faut pour une soupe à manger devant la porte, en regardant la nuit tomber, les lumières s'allumer, dessiner la côte en ses replis.

P.S.
reçu d'Ollioules (ma foi, mon oliveraie pourrait être dans le coin) une carte disant : "à l'heure où les mimosas refleurissent en compagnie des narcisses... annonçant bientôt les premiers amandiers, sourires dans la campagne encore endormie)

9 commentaires:

Pierre R. Chantelois a dit…

Dans tous les ports du monde, il doit exister un espace, un endroit isolé pour s'asseoir et se laisser bercer par le rêve, comme vous le faites si bien aujourd'hui. Et les couleurs vives de cette première photo surprennent et saisissent au premier regard. Souhaitons longue à cet olivier qui mérite si bien votre attention ponctuelle.

denis montebello a dit…

On déguste. En grand plaisir. Et pas qu'une fois.

On déguste. En grand plaisir. Et pas qu'une.









brigitte celerier a dit…

grand merci

arlettart a dit…

Bel olivier à la force douce et argentée
Ton rêve est tout un film en devenir forme- couleur- odeur-
Je m'y invite en passant

jeandler a dit…

" une soupe à manger devant la porte, en regardant la nuit tomber..."

Belle image du jadis, un rêve revivifié, l'olivier centenaire.

Chri a dit…

Votre cabanon en restanque, je l'ai vu dans les calanques...

Dominique Hasselmann a dit…

Olivier, "pointu"... le rêve se réalise presque d'y penser !

Danielle Carlès a dit…

ah le pain frotté d'huile et d'ail ! (encore faut-il un bon pain - avec ce qu'il faut de croûte - un bon ail - une huile excellente)
bonne journée, Brigitte !

tanette2 a dit…

En déguster ...plus d'une... flambée au pastis...après un bol de soupe, assise devant la porte....je m'y vois déjà...tu m'as mis l'eau à la bouche.