samedi, janvier 05, 2013

Une lecture des vases communicants de janvier


Pour commencer 2013 ce fut, survivant aux petits empêchements divers (liste assez évolutive), un moins abondant mais beau cru de vases communicants, .
Juste ce qu'il fallait pour que Brigetoun, embrumée dans la matérialité la plus absolue, tente – mais indulgence requise devant ses erreurs d'interprétation ou insuffisances – d'en profiter, de déguster, savourer, comprendre ou le croire... ce qu'avec son égoïsme naturel elle jugeait être le plus important.
Avec le sentiment rassurant que, s'il en a le temps, il y aura surtout le scoop.it de Pierre Ménard pour regrouper tous ces textes, ces images etc... http://www.scoop.it/t/les-vases-communicants
et permettre de retrouver :

le métro parisien (jubilatoire) avec
on commence par Bonne Nouvelle ?
Une elle dans le métro, ligne habituelle, trajet connu, et ses pensées
Sa pensée vagabonde, et elle repense à l’expression populaire : «On commence par la mauvaise nouvelle puis la bonne, ou l’inverse ?» – mais il n’existe pas de station «Mauvaise Nouvelle» – ensuite elle remonte à l’air libre par l’escalier, elle sort de l’apnée du transport souterrain, elle imagine que quelqu’un la suit en regardant ses jambes... et puis le retour le soir, mais ne peux rendre cela – lisez le (en n'oubliant surtout pas les photos, ni l'enregistrement)
et attention à la fin
la ligne ÔCÔ du métro parisien
une future ligne de métro, la dix-septième, qui rendra hommage aux auvergnats qui ont abreuvé, vêtu, chaussé... les parisiens, une ligne assez spéciale – découvrez, sachez seulement que
Le maire de Paris a terminé son discours en donnant rendez-vous à tous les possesseurs du forfait Navigovergne à la station «rue sans nom»

prendre ou ne pas prendre de bonnes résolutions
une autre résolution serait d’arrêter d’en choisir les prendre plutôt les rassembler en vase clos les laisser fâner flâner c’était facile à déposer et arrêter d’aligner encore de ces lignes, quatre lignes c’est bien me dit-il !
et
Danielle Masson http://drmlj.net/?p=2269
océan pacifique
à propos du Dakar qui ne se court plus en Afrique mais en Amérique du sud, un poème
Amérique du Sud
Afrique
Même engouement
Même rêve
Mêmes enfants
Même richesse de paysage
Même envie de réussite
et supplique pour qu'il entraîne moins de morts et de dégâts 

six peaux de silence
no sound is innocent
un texte qui avance en répétitions, en variations sur le silence et le son, en découverte d'une pièce, d'un souvenir, d'une photo
comment écrire la figure sonore du silence – le silence nécessite une réponse – partir d’un point zéro pour revenir à un point zéro
mais cela se déchire, le drame, le silence qui porte des lettres de chair
et
six peaux de silence
cinq courtes phrases, une poésie grande
savoir que rien à attendre - peaux tombées n'espère rien de plus que paroles

en reflet
l'irréalité de la réalité
réflexion sur la réalité de la réalité – réflexion sur les réseaux sociaux – avec sa profondeur et le charme de son écriture
Et pourtant effacement de soi et des autres. Effacement toujours possible. Et soudain notre trame usée, presque apparente. Et donc il serait possible que nous nous effacions ? Et donc, nous pourrions disparaitre ? Nous nous effacerions ?
et
palais des glaces
Vis à vis, amie/ami, un beau texte
Même vos reflets ne peuvent figurer avec justesse l’émotion qui est vôtre lorsque vous vous retrouvez, lorsque la voix de l’autre enfin résonne, lorsque vos repères communs ressurgissent et fusionnent. Ou lorsque l’une d’entre vous prend ses distances, même en l’annonçant dans le palais des glaces.

lire-écrire au Québec
Je ne suis plus retourné en bibliothèque depuis
Se souvient de son séjour à Montréal, de la bibliothèque au bout de la rue, de son manque d'habitude des bibliothèques (me sens moins étrange, moi qui n'y suis jamais allée, ce qui n'empêche que je devrais), lui qui se sent plutôt collectionneur de bibliothèques pour y avoir été invité pour des lectures, et en avoir profité
Se souvient de la facilité, l'ouverture à la modernité, de cette bibliothèque d'outre-Atlantique... lisez et découvrez
Depuis mon retour, je brasse ces questions. Pendant six mois, j’ai vécu dans l’ultra centre-ville, si la notion de centre-ville est pertinente au Québec : peut-être quand même la vieille et historique Saint-Joseph appartient à un modèle pré-américain ? Et j’ai vécu la ville en piéton, avec ma carte de bus. En France j’ai repris la vie ordinaire de l’étalement urbain, les expéditions centre-ville (y compris pour la librairie) se programment à l’avance..
et

Recette pour lire les Amazones

parle du livre (que j'ai beaucoup aimé et que j'ai, je crois, tenté d'évoquer, mais ça n'a rien à voir avec cette analyse) de Josée Marcotte, les Amazones, d'une façon fouillée et intelligente, avec, après deux éclairages, une recette pour le lire
Vous relisez le récit avec une tablette numérique ou une liseuse à encre électronique. Les bons livres se lisent en boucle. Vous annotez le récit avec l’application de votre choix. Vous pourrez par la suite récupérer l’ensemble de vos notes, citations et surlignements et vous les transmettre, joyeuse schizophrénie, par courriel pour intégration ultérieure dans un éditeur de texte. Lire / écrire.
et le soumettre à «l'intelligence de la machine», analyser la fréquence des mots, etc... - et Brigetoun la primaire est fascinée (récompensée par l'amusement)


un beau et court texte sur l'ouverture par les autres, leurs écrits
Tendresse des écritures livrées à elles-mêmes, loin des rodéos et des corridas de mots que sont les poèmes, nourri d'un rien l'ange au coeur toujours tapant de la poésie.
et
l'oubli
se rendre compte dans le car d'un oubli (et description pleine de verve du car, du trajet, des passagères retour du boulot, des deux voisines obèses...
Des hommes et des femmes avec poussettes ou tenant des braillardes par la main ou le poignet avaient entre temps réussi à pénétrer et le concert chaotique ressemblait dorénavant à une foire déchaînée et bien entendu toute vérification du sac est impossible.

échange avec son
une belle photo, un son à écouter (gazouillis), en ouvrant le lien vers le texte de Zéo Zigzags à l'endroit indiqué
Zéo Zigszags donc, pour sa seconde participation http://bersauter.over-blog.com/article-partage-et-collaboration-114032894.html
les oiseaux du jardin
école désertée, provisions empaquetées (savoureuse description), objets de première nécessité réunis, attendre (arrivée des oiseaux) avant la fuite
les petits dans les bras ou par la main, l'unique bagage mou bien attrapé, empoigné aussi le panier, courir, courir, courir, fuir à toutes jambes, celles du petit, pas assez rapide, lorsqu'il trébuche, ne rien dire, mettre les pleurs et les cris dans un tiroir por plus tard, peut-être, le prendre dans d'autres bras et perdre haleine...

journal hivernal - «le chant des choses»
au nord du Québec – un long (enfin, pas tant) et très beau poème – un autre monde
Épaisseur
du silence
lac de neige
densité de toutes
les pensées qui nous entourent,
en prenant appui sur le souffle du lac,
elle reposent en suspens à quelques
mètres au-dessus du sol
et
dans les Pyrénées – du 22 au 31 décembre, la richesse de la montage, c'est merveilleux – lu juste avant de m'endormir, en paix rêveuse
Les herbes couchées et brunies témoignent du passage de la neige. Musique familière de leur chuintement et des craquements de fougères et de brindilles qui se distinguent bien malgré le bourdonnement des voitures dans la vallée. 1050m premier reste de neige en versant Sud-Est. 1300m neige continue en versant Est. La montagne ici n'est jamais débonnaire...

« La ville participe aux rêves exploratoires des espaces cachés» phrase du dernier livre de David Collin
bonheurs instantanés et rupestre urbain
trouver des coins, calmes, des petits passages, et regarder de là la ville, trouver un passage et les oeuvres qui le ponctuent (avec belles photos)
Le clin d’œil de verdure et d’humour de la ville, en plein cœur de la lèpre des murs. Monet n’est pas loin, la renaissance non plus. On cherche des yeux les fleurs de nénuphar qui parfument l’air et les Vénus préraphaélites qui rient dans notre dos.
et
une phrase énigme tracée par un dormeur, un rêveur de la ville
De jour comme de nuit. Il marche dans la ville, et s’imprègne de ce qu’il voit à chaque pas. Que voit-il ? Précisément ce que personne ne regarde : fissures et lézardes, ce qui passe au loin, les détails insignifiants d’un toit, d’un chemin, l’accumulation des regards au cœur du trafic, les affiches arrachées, la présence d’un objet incongru, l’annonce d’un bouleversement infime, les mouvements chorégraphiés des passants……… et qui accompagne son texte de photos de villes des quatre coins (ou presque) du monde

matière d'éternité
une fin d'après-midi, une lumière, une robe bleue, un observateur revenu de tant de planètes, une atmosphère d'autre part – laissez vous emmener par ces mots
Il a aperçu une forme, immobile, allongée, juste le long d’un bosquet, bleue, découpée sur le fond vert d’une herbe fraîche. Arrêt. Contemplation.
et
Piccadilly
récit d'un trajet le long de Piccadilly, et une boutique vendant du thé,
Mes pieds s’enfonçaient dans une moquette épaisse et pourpre, tout autour de l’escalier qui menait aux vins on avait disposé des coffrets affriolants de bouteilles de champagne, les rayons dégorgeaient de scones, de pâtes d’amande aux couleurs vives ou pastelles, de chocolats purs ou blancs ou amandés, noisettés, raisins de Corinthe ou de Smyrne, menthes et abricots blancs, toute une panoplie d’amuse bouche, de gâteries qu’on offre aux belles-mères (non, ici, j’interprète). Dehors, donc, brillait le soleil.
et le trajet continue, faites-le avec lui

la séparation, l'attente
Araucaria
sept photos qui accompagnent - si bien - un poème, adressé à un Patricio, en réponse à une lettre de loin
L’Araucaria surgit
Il fait froid les nuages
N’ont pas de fenêtres
La lune éclaire la mer
et
dormition
un poème qui nous introduit à toutes les légendes, un monde de contes, de chants
Au plus haut des nuages, je saisis le bout de l’écharpe de l’ange
Dont le passage a laissé des flamboiements épars, des braises
Inscrivant en lettres de feu sur la voûte nocturne
Le nom secret de l’aimé lointain

au fil et aux ruptures
avec (comme assez souvent dans ces échanges, et je me reproche de ne pas le faire) une jolie présentation par Amélie de son invitée
vivre la toile avant qu'elle se fige
beau texte sur l'écriture sur le réseau – et ce besoin de comprendre l'absence – un jour de pluie à New York saisir en déclenchant son appareil la ville et sa vie
«Déclencher. Instantanément.
Que ressentaient-ils à cet instant précis ? Qui sont-ils ?
La seconde s’incruste dans la toile.
La revivre à chaque regard. Et mesurer la distance. Et mesurer l’absence.»
et
nous fait suivre Yuan, hôtesse de l'air, cette façon de vivre toujours un peu en étrangère aux lieux où elle se trouve
De temps en temps, elle boit des cocktails, elle trinque avec elle-même, aux fils et aux ruptures, ça lui donne du courage. Pour quoi faire, elle n’en sait trop rien. Mais il paraît qu’il en faut, plein. Elle trempe ses lèvres dans le jus clair, elle grimace, elle a oublié qu’elle n’aimait pas ça. La tête en l’air, même avant l’avion du lendemain.

Saint Denis de la Réunion, un beau jeu de correspondance, un superbe échange à mes yeux (sans doute pas que)
entre
onirique révolution
un beau texte (dont des éléments, outre la ville, se retrouvent dans la litanie de Laurent Margantin)
la déchéance, la pauvreté côtoyée, la beauté aux prises avec le monde contemporain
peu avant noël il y avait une grande foire et peu après des soldes immenses où tout se vendait
à chaque saison sa mode à chaque religion ses fêtes ses communions jamais ça n’arrêtait
on était parvenu à vendre l’eau l’air et plus chers si en vagues et en vent
on était parvenu à faire payer les pas dans la ville et tout le monde d’y trouver son compte payant comptant

on travaillait pour acheter et payait pour travailler
et puis l'abandon (sur une photo de Laurent Margantin)
et
Ville
très belle litanie d'une ville et de tout ce qu'elle était et n'est plus
Ville où ne restait plus que l’homme sans toit, un Indien, assis sous un porche toute l’année avec des sacs de vêtements et des couvertures sales autour de lui.

Ville où ne restaient plus que les quelques fous qui parcouraient la ville à toute vitesse, l’un cheveux et barbe gris en gueulant, l’autre tête chauve en se couvrant d’un drap qui le faisait ressembler à un prophète.

Sur une photo de Saint-Denis de la Réunion par Emmanuel Delabranche


chacune écrit sur une phrase proposée par l'autre
elle préférait le désordre des choses
sage, assise à l'écart dans un café, mains croisées sur jupe plissée, elle écoutait, engrangeait (la vie du café, habituelle finalement)
Il y avait les réguliers, les éternels, les habitués, accoudés au comptoir ou sur leur table attitrée, dissertant entre eux - ou tout seul - du monde, du froid trop froid, des nuits trop courtes et de la dernière du dernier. Il y avait ses multiples discussions animées traitant de tout, de rien, mais de tant quand même, conservations perdues fondues mêlées entrechoquées. Éparpillées
et

pour Elle avançait, aérienne, s’aventurant au loin sans se soucier de retour en arrière un récit intitulé et la phrase s'étire sous ses yeux

elle a décidé de partir, à ce moment, ne veut rien imaginer, s'allège de ses chimères, elle prend un train
et puis il y a un il qui s'habitue au jour, va prendre son train, la voit et la phrase qui arrive
D’une lecture récente ou plus ancienne ou bien est ce une phrase qui vient de se former spontanément ? «… sans se soucier de retour en arrière.» Voilà que cette phrase lui disait mieux que n’importe quel discours ce qui l’avait toujours empêché de partir. Souvent ce sont des mots qui le plongent dans l’étonnement d’une découverte qui le concerne.
et je vous laisse découvrir la suite... mieux qu'avec mes mots


fubambule aveugle sur une ligne de crête
un auditeur dans un grand concert rock en plein air, un retour sur soi
Au fond de l'obscurité un léger halo grisâtre flotte, comme une perle échouée en suspens. Mais lui il ne peut pas devenir aveugle. Il tourne sur lui même et tente de voir, la noirceur l'enserre de toute part alors ses mains touchent ses joues quand il pousse un grand cri.

la pluie – et ses bienfaits

et
un poème sans titre – savoir remercier, taire le silence – toujours sa simplicité qui dit beaucoup avec peu de mots
Les mots plus
que les années

Sont le ciment
de nos vies

un échange dans la virtuosité (époustouflée la Brigetoun)
sur cette contrainte «prendre dans un livre les dix premiers mots signifiants des pages 11, 21, 31, 41, etc. Comme il s’agit du premier vase communicant de l’année 2013, j’ai choisi 13 mots : Toutefois – déplaire – clavier – réconfort – seuil – Angleterre – soudain – tellement – étoile – sympathie – intimité – indifférence – phare (Virginia WOOLF, Œuvres romanesques, II, Bibliothèque de la Pléiade à La Pléïade) pages 11, 21, 31, 41, 51, 61, 71, 81, 91, 101, 111, 121, 131 »
des voeux envoyés à la gardienne de phare et la réponse de cette dernière, et c'est habile, plein de sens et savoureux, avec cette conclusion dans la réponse
Peut-être alors me regarderiez-vous comme je me regarde parfois, comme la libellule qui monte toujours plus haut pour se brûler les ailes et, parvenue au sommet du phare s’avère lectrice de Virginia Woolf. Souhaitant lire tranquille, j’aimerais dorénavant ne plus descendre à l’arrivée du facteur pour saisir une de vos lettres.
Bonne et heureuse année !
et


une contrainte que, bien entendu, ignorais
«Sur le schéma de la «térine» (ABC, CAB, BCA) les mots-rimes, ici, ne terminent pas les vers mais se trouvent placés en pénultième position
monde – fin – calendrier»
Ou faudrait-il souhaiter cette fin diluvienne
Grand renouveau des temps d’un calendrier sûr
Que l’antique croyance offrait au monde impur


Olivier Hodasava (Dreamsland) http://www.urbain-trop-urbain.fr/bas-cotes/
908e jour de voyage. Périphérique de Toulouse.
à partir de photos, sur google-street-news, du périphérique de Toulouse, conte ou invente des rumeurs (parfois sombres, toujours à forte tendance ironique) et j'y ai pris le même plaisir qu'à ses billets quasi quotidiens qui nous promènent avec Google à travers le monde
Dans cette portion-ci du périphérique, à l’ouest de la ville, il arriverait fréquemment les jours de grandes pluies que la chaussée soit envahie de grenouilles (des centaines, voir des milliers) devenant ainsi impraticable. Le phénomène serait bref (à peine quelques minutes), inexplicable.
et
pour une introduction à l'autonautique ou science de la villégiature contemplative des routes et autoroutes
texte docte, avec des références, un petit régal de sérieux et une belle conclusion
. La route dont la vocation est d’abolir l’espace le restitue alors pour un temps choisi et dans un monde neuf que rien ne consume. Il y aurait ainsi une sorte de route «parallèle» à la première, à celle qui est trop bien connue et par conséquent mal connue, une route dont la réalité s’éprouverait, solide et lumineuse, par l’art du détour. Le braconnage de la route transforme cette dernière en rumeur lointaine, comme s’il n’en demeurait, au présent de notre expédition, qu’un murmure entre des archipels sauvages. Une beauté cruelle gronde derrière les ramures d’un paysage à la Van Eyck…

et l'ultime échange programmé entre deux promeneurs qui regardent les pierres sculptées des façades
François Bonneau (ci-dessous) dans les rues de Prague : atlantes et cariatides
leur rend la vie
Sous la mousse,
Sous leurs peaux de pierre,
L’inévitable chair, pourquoi pas granite rose,
Palpite, immobile.
Comme un second fardeau.
et
dans les rues d'Avignon en cheminant, en rencontrant les présences au dessus des portes ou fenêtres, comme
ces mascarons, ces vieux de la mer ou des bois, ces sévères et tendres présences chenues, douloureuses ou sages, tourmentées et harmonieuses, et leur grasse sève qui m'est savoureuse.

Mais il y avait aussi deux «vases-co solo»
(j'aime de plus en plus sa poésie) – qui interroge cela qui est insaisissable, masqué peut-être, qui serait l'écriture
quand on se bat ainsi pour te trouver, sans jamais y parvenir vraiment, que l'on touche le friable,  le fugace à chaque fois que l'on te touche, alors il ne reste plus grand chose si ce n'est la question... la question qui est en soi. en moi donc.
Et, de son côté, Giovani Merloni, http://www.giovannimerloni.net/pages/Bologne_avalanches_004_2013-8488259.html avant de se lancer peut-être dans un vase communicant futur, a mis en ligne, dédié aux vases dans un commentaire sur Paumée, un beau poème Bologne
toute la nuit encore
pour se chercher. Demain,
dans le ciel nettoyé de l'aube
ma compagne sortira dans la rue,
légère de son pas.
On pourra bien sûr se croiser,
si nous en aurons envie.
Avec un tableau qui est, je le suppose, son oeuvre.


Et puis, vers 23 heures, le dernier échange (je pensais l'avoir indiqué par erreur)

avec pour points communs l'oubli et la nuit
entre
une fontaine murmuresur la paume de tes mains (sur une gravure de Véronique Duflot) – un poème
que le jasmin et le miel 

le parfum de la figue loin dérobé et

que l’aube

rien sinon si loin que le bois d’ébène 

de quelques fruits au cœur encore,
et
découdre ce trop
la nuit, quand on ne sait à quoi on pense, quand..
trop / dans la tête de ces vagues qui creusent lentes / de ce trop peu de soi qui vit au bout / encore bat / de ce trop qui se décroche tombe et casse / au bout / même pas net / au bout / de ces éclats partout / des bouts en trop qu'on ne recollera à rien / donc jamais
Merci de votre passage, au revoir ou adieu.

11 commentaires:

Anonyme a dit…

Chère Brigitte, je crois que tu as au moins deux clones et que là repose ton secret. Tout lire, résumer, rassembler, écrire, dire, chercher des images pertinentes, illustrer...

Concernant le « Scoop-it », pour moi cela s'est arrêté à novembre et s'est encore le cas. Jamais vu décembre et toujours pas janvier. Es-tu certaine que cela fonctionne encore?

[Il fallait voir l'excitation enfantine de Brigitte pendant qu'en double, des problèmes techniques se réglant tardivement (couchée à 8 h) entre Emmanuelle Masini et moi d'une part et simultanément, Luc Bersauter et moi]

Merci pour l'enfance émerveillée en toi.

Zéo ¦-)

Dominique Hasselmann a dit…

Merci pour l'anthologie et le travail que cela représente, il en reste à découvrir, de ces vases !

jeandler a dit…

Si vous avez loupé quelqu'un ou quelqu'une, un texte ou deux (ils vont par couple), c'est ici qu'il faut venir. Une recension, un concentré, un élixir (presque d'amour). Merci Brigitte. Quel travail ! Quel plaisir, aussi.

brigitte celerier a dit…

merci à toi, c'est si joli que je ronronne.
Sens que ma retraite ne va pas être très longue. À cette seule idée, suis déjà beaucoup mieux.
Donne moi à lire chez toi

Anonyme a dit…

Une belle traversée des mots déposés, ordonnés çà et là.Fragments déassortis qui organisent en un texte nouveau tous ces petits éclats. Merci . @allerarom

Anonyme a dit…

Merci Brigitte de votre lecture, de vos lectures et de vos mots... Belle journée à vous (et belle année...!)

Anonyme a dit…

Merci Brigitte, pour votre beau travail de recension, qui permet d'avoir une vue large et généreuse de tous ces écrits et de faire de belles découvertes !
Sabine Normand

Anonyme a dit…

Le poème "Araucaria" est dédié au poète-ami Patricio Sanchez, franco-chilien résidant à Montpellier.
S.Normand

Gérard Méry a dit…

Je mentirais si je te disais que je me suis abreuvé à tous les vases

Pierre R. Chantelois a dit…

Je me suis accordé quelques heures de flânerie, de procrastination, de douce paresse, de voluptueuses tendresses aux airs de liberté. Et que vais-je faire? Consacrer quelques heures à visiter des vases communicants sur les précieux conseils de Brigitte. Doux ce repos sans contraintes.

arlettart a dit…

Plaisir toujours renouvelé de lire ces phrases de ci de là qui accrochent ou décrochent la pensée Bravo pour ce monumental travail
le temps ne compte pas dans ces moments là
Merci