dimanche, mars 31, 2013

Un moment de lumière


Premier éveil dans le jour déjà presque installé – ouvrir les volets bleus, percevoir l'humidité sur les épaules, voir le rose sale des carreaux avivé par la pluie,revenir vers le lit, après un petit tour sur internet, et involontairement, délicieusement, retrouver, vivre ces phrases tant aimées dans l'origine de la danse de Pascal Quignard
...trouver ce «coin», ce petit vide entre les mains, le nez, la bouche, le drap, où celui qui veut s'endormir doit d'abord se «rencoigner» (plaisir de retrouver ce mot chez lui), s'enfoncer pour s'accrocher, pour se confier, pour se détendre, pour «expirer» son âme.
Chercher à dormir est une lente danse étrange.
Le reste du corps, les jambes immenses (euh), les fesses, le sexe, le torse, suivent ce coin où l'âme s'endort dans le léger retour du gaz carbonique expiré, qui est précisément répercuté dans l'angle que fait le drap tout près des narines, mais point trop près d'elles pour que le visage n'en ressente pas le reflux, qui assoupit le cerveau en le désoxygénant, le droguant d'un peu trop de carbone, d'un peu plus de silence.
Comme, dit-il, le font les chats qui tournent sur eux-mêmes dans leur fauteuil préféré.



Second réveil, trop tardif - tomber dans le jour, carcasse en grande colère (des années que je n'avais pesé aussi lourd mais ça ne se fait pas sans mal), mais une lumière qui pénètre dans la cuisine, un navet solitaire dans le bac à légumes, manque d'un médicament, souvenir que, place Pie, il doit y avoir «des jardins dans la ville» selon le blog de Michel Benoit http://avignon.midiblogs.com/archive/2013/03/29/deman-de-matin.html – coup de pied mental dans les fesses, torrents d'eau chaude, carcasse cajolée, vêtue et sortie, avec un coup de coeur pour le ciel, extrêmement beau, plein de lumière, parcouru d'un vent léger.

J'ai trouvé sur la place, devant le mur planté des halles, un embryon de jardin, souri mécaniquement aux fleurs...

trouvé tout de même que ce décor (navrée pour sa créatrice) faisait assez irrésistiblement penser à un rond point d'entrée de bourg

Ai décidé, résolument, que cette artificialité affichée n'était pas sans charme, suis entrée dans les halles

et fait provision de beaux légumes

et de poissons... dans une presque cohue, une affluence inhabituelle, mais sans trop attendre, grâce en soit rendue à mes vendeurs préférés... et puis pour patienter il y avait les sourires des jeunes marchandes de légumes, l'amabilité des gens détendus et le regard des poissons...

me suis un peu arrêtée un moment dans l'autre partie du jardin provisoire, devant la tour de Saint-Jean-le-vieux..

n'avais pas de salade à montrer, n'ai plus droit aux salades, ai écouté un peu des échanges incompris et salué une très improbable coccinelle,

et les enfants qui peignaient leurs oeufs (sont derrière les adultes, un peu plus nombreux qu'eux tout de même, mais concentrés et menus)

et puis m'en suis revenue vers l'antre, jouissant du bleu dru (avec raison parce que la pluie a fait des allers et retours dans l'après midi),

du gentil petit vent qui caressait la Provence, et bousculait légèrement son drapeau.
Négocié le reste du jour avec carcasse et paresse.

9 commentaires:

arlettart a dit…

"Pâques carillonné" disait -on
Ton billet est frais comme un matin de Pâques

Dominique Hasselmann a dit…

vent dans les drapeaux... cloches en suspension...

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Ah, on s'est ratés...
Belles photos des compositions florales.

Étonnant : le soleil s'est montré (généreux) juste pour cette matinée !

brigitte celerier a dit…

Michel, chez Framboise aussi

Françoise Dumon a dit…

Plus intéressants les plans rapprochés. J'étais sans doute dans le tas au fond, derrière la banderole, avec les enfants qui ont collé, peint, et surtout se sont bien éclatés.

Françoise Dumon a dit…

Pardon, je suis devant, de dos, bien, je ne me reconnais plus à présent !

brigitte celerier a dit…

et honte je ne t'ai pas reconnue, on mettra ça sur le dos de carcasse

Pierre R Chantelois a dit…

Un bien beau parcours. Et par dessus tout, nous découvrons cette ville fascinante. Il me semble que l'animation se fait plus présente dans les rues de la ville. Et la ville ne résiste pas trop à cet assaut touristique?

Gérard Méry a dit…

Les cloches ont amené non seulement les Pâques mais aussi couleurs, fleurs et soleil, enfin par chez toi seulement.