lundi, mars 04, 2013

un reste, un relief


Ce serait, aperçu, brouillé, mais s'affirmant, un pan de muraille, vieilli, roussi, à la maçonnerie fruste, comme les moellons de la très ancienne préfiguration d'un pavillon de banlieue.
Ce serait le jeu de petits éclats de quartz.
Ce serait une rude noblesse déchue qui n'a peut-être jamais existé avant d'être ruinée.
Ce serait une fatigue qui se voudrait digne, qui le serait si on ne s'y attarde pas.
Ce serait la connivence d'arbres décharnés se faisant rêve, pour le voiler un peu, en faire, dans le vent de la course, un souvenir idéalisé.
Ce serait une voilette végétale un peu déchirée, comme il convient à une vieille gloire.
Ce serait une garniture mouvante qui l'ensauvagerait... ce serait douter qu'il ait été civilisé un jour.
Ce serait une lumière bleue pour les baigner, pierre et bois, dans une tentative d'onirisme, juste au bord de l'artifice.
Ce serait peu de chose, mais qui ferait illusion, un instant, qui trouverait dans sa déchéance solide une existence nouvelle.

6 commentaires:

JEA a dit…

un reste, un relief après le festin des vases et des communications...

arlettart a dit…

Un brouillard d'esprit ?

Dominique Hasselmann a dit…

Belle photo à l'abstraction rêveuse (et ses pistes).

Pierre R. Chantelois a dit…

Dominique m'a précédé. Photo qui donne aux mots un aura de mystère et de « connivence ».

tanette2 a dit…

On peut ainsi laisser libre cours à l'imagination.

Gérard Méry a dit…

Une muraille derrière un barbelé géant