jeudi, mai 30, 2013

Dedans, dehors


Un fouillis, c'est ce que voit l'oeil - l'oeil qui est tapi quelque part, dans un quelque part qui serait proche du centre -, une ordonnance anarchique d'être vivante, lentement, mais vivante, de tiges brunes, d'ovales vert sombre.


Au dessus de l'oeil, cette mêlée, et des percées, avec, sur la gauche, de petites étoiles blanches, des fleurs d'une simplicité candide, de petites fusées blanches, bien fermées sur elles-même, et une clarté.
Au dessus de l'oeil, sur la gauche, et tout autour de l'oeil, les ovales pointus qui sont des feuilles, noires contre les percées blanches de la lumière trop éclatante pour que sa couleur parvienne dans cet asile, vert sombre quand l'oeil redescend
Et si l'oeil pouvait se tourner, descendre sous ce qui le porte, qui existe peut-être, dont il ne sait si ça existe, sauf que ça le bloque, il y aurait une terre un peu granuleuse, quelques brindilles, la richesse intérieure, l'humus.
L'oeil est seul là, pourquoi n'ai-je pensé qu'à lui pour le mettre là, et bien entendu on ne sait s'il est allongé, doux, bridé, creusé dans ces orbites qui devraient être là, qui seraient fatiguées, profondes, brillant ou non. Et nul, surtout pas moi, ne sait comment il est venu là... quoique si, je sais, je lisais la première leçon, ce mercredi matin, de ce fabuleux non-guide, mais pas vraiment, de creative-writing qui aurait nom, c'est ce qui était dit, Malt Olbren http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3552 (suivez donc la série, c'est passionnant) et me venait dans mon demi-éveil une envie de suivre sa méthode, et me venait une envie de me prouver que ne le pouvait pas, par paresse, par conscience de tout ce que voulais faire en dehors de la boite où il voulait que soit coincé le texte à venir, en dehors de l'internet où j'étais, ou je suis, par certitude un peu lâche de mes limites, alors j'ai laissé venir ce laurier qui n'est pas une boite, cet oeil qui n'est pas une silhouette, même de papier, mais tout de même une présence, et même une satanée présence – c'est ce que je suis en train de me dire.
Maintenant, que dire, rien, l'oeil ne parle pas, et tout se tait du coup.



En sortir... ou tenter... l'oeil voit des cheveux dans le clair de la lumière, une mèche, en contre-jour, et ce serait celle qui a pris la photo, celle qui a mis l'oeil.. bon ça ne nous amène nulle part.
Il y a la lumière, et puis un bout de volet bleu, et derrière ce volet un duo d'aboiements, et ce seraient les deux petits chiens abandonnés de la voisine, et au loin, parce que le laurier est dans une cour, une cour cachée à l'intérieur d'un pâté de maisons, la vie qui s'ébroue, des petits sons... 

l'est temps tout de même que je rentre, que je me douche, que je pénètre dans le jour. Me suis prouvée que je ne savais pas, que n'avais pas grand chose à dire, juste ça : la plante, la ville et Brigetoun vivent, entament, un peu lentement, sans histoire une nouvelle journée

Et dehors, il y a le rempart où jeter une pile de journaux et de relevés de banque, il y a le vert jeune des feuilles

il y a le bleu revenu, il y a Avignon retrouvé.
avec juste une ondée vers 18 heures pour m'éviter d'arroser.

5 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

l'œil de l'appareil photo est subjectif.

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Je ne pense pas du tout que l'œil de l'appareil photo soit subjectif, comme son nom ne l'indique pas, d'ailleurs.
C'est le choix du photographe qui l'est (subjectif).
:D)

arlettart a dit…

L'oeil intérieur invente et d'une feuille dans la lumière en fait un objet de méditation comme les "Pierres de Rêves"des Sages- Lettrés

jeandler a dit…

La photographie, c'est la liberté du regard.
La preuve, le laurier-rose est blanc.

Pierre R Chantelois a dit…

Je me plairais bien à l'idée que l'oeil, quelques instants, puisse se refuser de voir la pluie qui tombe et qu'il préfère plutôt une belle lumière virtuelle baigner la vie.

J'aime bien cette présentation et ce beau jeu de blocs gauche-droite. Un beau rafraîchissement.