jeudi, juin 20, 2013

Lecture vespérale - fraîcheur, futilité apparente, ma petite chance encore


La cour, dans la chaleur bien condensée entre les murs qui l'enserrent, devient difficilement vivable au mitan du jour. Mais je redécouvre le plaisir des petits matins et de la lecture quand la nuit amène un début de fraîcheur.
Comme mardi, quand j'ai entamé, dans la douceur de la montée du soir, jusqu'à ce que l'obscurité me chasse, la journée d'un scrutateur d'Italo Calvino qu'assez inexplicablement je n'avais jamais lue. Avec le plaisir de la construction du récit comme toujours et de ce jeu entre auteur et héros, avec le sentiment de retrouver (grosse nuance : n'ai pas eu le droit à un électorat aussi particulier) ce que j'ai vécu, ce groupe qui se crée, à travers les antagonismes de parti, entre les membres du bureau, ce renoncement parfois aux règles, par résignation un peu, par souci d'en rester au principal, cette humilité et la force de ce qui n'est pas qu'un rite, ce détournement, ce questionnement sur la démocratie, ce questionnement en fait sur ce qu'est l'humain, ce refus et ce besoin de hiérarchiser, l'adhésion à un idéal, le lien détendu, le poids de l'histoire et l'habitude des défaites et victoires qui n'en sont pas, etc.. et cela, dès le début
D'un autre côté, il y avait la loi morale qui veut qu'on continue à faire son possible, jour après jour ; en politique aussi bien qu'ailleurs, si l'on n'est pas un sot, ce sont ces deux principes là qui comptent : ne pas se faire d'illusions et ne pas cesser de croire que tout ce qu'on fait peut être utile.
Amérigo......... était inscrit au Parti (pas le même, je ne pouvais pas, suis plus jeune et le PCF, que j'ai connu avec un décalage de plus de dix ans, n'avait toujours pas fait la mue, l'examen de l'allégeance à Moscou, de son frère italien, du moins pour ce que j'en savais – pas même donc mais ça ne change pas la suite), pour cela oui, et bien qu'il ne pût se dire un militant de choc (son caractère l'inclinait vers une vie plus méditative), il ne reculait pas quand il y avait à faire quelque chose qu'il jugeait efficace et de son ressort... et voici qu'on l'avait désigné comme scrutateur : une tâche modeste, mais nécessaire, où il fallait mettre du sien...

Aube moite de mercredi, tourner en rond, petit tour internet, s'endormir benoîtement au petit matin, à l'heure où la pluie nous est venue....
Douceur d'un réveil dans le petit frais et l'odeur de terre mouillée, départ sous ciel mouvant

dans les rues ragaillardies, pour petites courses...

Un peu avant la pharmacie, tombée en bref arrêt devant ce qui aurait pu être un charmant papeau (commandé billet pour mariage fin juillet avant de partir)

après achat chaussures à prix doux et confortables et petit sac (très moche, qu'est-ce qui m'a pris ?) pour ledit mariage, traverser un embouteillage inhabituel, comme dans une vraie fatigante ville (pardon) et visite – on ne sait jamais - au Chapelier local (une presque institution) pour trouver autre chose que mes grands trucs habituels qui ne conviendraient pas à la robe petite dame – choisi les deux plus beaux et chers qui point ne m'allaient, essayé de me souvenir ton souhaitable, et trouvé au dernier moment une petite chose qui me plaît

Retour sous nuages battus par un petit vent - vent tombé, nuages venant et repartant au cours de la journée qui est restée fraîche, assez pour profiter de la cour entre petites averses (décidément manie mal nouvel appareil)

vérification que l'ensemble est ok, pas formidable, mais correct, juste pour ne pas faire tâche

pêché vieilles fleurs pour rendre chapeau un peu coco comme le veux

être normalement satisfaite (et ça va faire quelques assiettes de plus) même si, oh la mollesse de cette zone dont j'ignore le nom entre cou et menton ! Se dire que les batraciens sont animaux charmants.
Intéressant n'est-il pas.. ? Lire, vaquer, rêver.

12 commentaires:

Pierre R Chantelois a dit…

Chapeau ma foi très printanier qui vous protégera contre les petites brises fraîches de l'été... comme un doux vent en été.

Claudine a dit…

J'aime beaucoup faire les courses en votre compagnie, goût exquis.

jeandler a dit…

Qui pourra expliquer les livres que nous n'avons pas lu à moins de détricoter sa vie ? Ils sont là, rangés sagement dans un carton à chaussures ou un carton à chapeau...

Que voici une belle cérémonie en préparation et dûment pensée.

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Les grenouilles ne sont jamais coites :
ont-elles conscience qu'on les aime beaucoup...
à la persillade ?

brigitte celerier a dit…

je crains fort d'être une grenouille un peu coriace !

JB a dit…

L'impression d'y être aussi... J'adore tes petits instants photographiques.

brigitte celerier a dit…

merci

Mafalda a dit…

OH j'adore la dernière photo et les phrases dessous (surtout la dernière !)

Chri a dit…

Et oui, vous avez ce don la de nous rendre tout cela interessant!

brigitte celerier a dit…

merci mais... dire cela voilà qui me semble bien imprudent

Dominique Hasselmann a dit…

Chapeau !

arlettart a dit…

J'aimais bien tes grandes capelines mais trop sophistiquées dis-tu?
qui n'iraient pas avec ton sac pique -nique très rigolo
Quant aux grenouilles? nenni!! elles sont tombées dans un bénitier à jamais